Annabelle Brunet a mimé le sinistre salut en pleine séance, mercredi 17 juin. Le maire RN Louis Aliot, resté silencieux dans l’affaire du tatouage SS d’un ancien élu RN, a annoncé saisir le procureur de la République.
Un bras à l’origine levé pour voter, puis brandi pour reproduire un salut nazi. Ce geste, effectué mercredi 17 juin, en plein conseil municipal de Perpignan, provient d’une élue d’opposition, Annabelle Brunet. La scène filmée, et dont un média local donne l’extrait vidéo, est survenue lors d’une délibération sur les conditions d’attribution de subventions aux associations, en passe d’être instrumentalisées par la majorité d’extrême droite. Le maire RN de la ville, Louis Aliot, a annoncé engager une action en justice, rapporte Ici Roussillon.
Lors de cette séance, Annabelle Brunet, élue en mars sur la liste de centre gauche Place publique - PS, s’est prononcée contre la modification des critères «conditionnant le financement des associations à leur participation aux cérémonies patriotiques et manifestation municipale imposées par la mairie», s’est-elle expliquée dans un communiqué transmis à la chaîne locale. La conseillère conteste avoir eu l’intention de faire un salut nazi, son bras levé étant à l’entendre «un vote d’opposition, rien d’autre». Cela dit, elle reconnaît l’avoir «exprimé avec fermeté et de façon appuyée» et comprend «qu’isolée de son contexte, l’image ait pu prêter à une lecture erronée». Elle a tenu à rappeler son «engagement contre toute forme d’extrémisme, de discrimination et de discours de haine».
Une devise SS tatouée
Le maire de Perpignan Louis Aliot a, de son côté, fustigé un geste «inacceptable, et contraire aux valeurs fondamentales de notre société, de notre République et surtout au respect de la dignité humaine, dans un communiqué cité par Ici Roussillon. Aucune raison, aucun motif et aucune situation ne sauraient justifier un tel acte.» L’élu d’extrême droite a ajouté qu’il allait saisir le procureur de la République.
Pour une partie de l’opposition, cette réaction s’apparente à une stratégie de détournement d’une autre affaire dans laquelle le RN se trouve localement embourbé : le signalement, par un habitant, d’un agent municipal portant une devise SS tatouée sur son bras et ancien élu de la majorité du maire Rassemblement national. Il a été écarté de ses fonctions mardi 9 juin.
Appel à la démission
Annabelle Brunet a qualifié, dans son communiqué transmis aux médias locaux, la réaction de Louis Aliot à son geste de «tentative de diversion» par rapport à cette controverse antérieure. Même son de cloche pour Agnès Langevine, qui partageait avec l’élue pointée du doigt la tête de liste d’union entre Place publique et le PS lors des dernières élections municipales. Jointe par Made in Perpignan, elle a rappelé les «convictions antifascistes» de sa collègue et ne voit dans la prise de position de l’actuel maire qu’une volonté de faire «contre-feu» à la première affaire. Sur ce sujet, l’élu RN est resté jusqu’alors bien silencieux.
«Annabelle Brunet s’est probablement crue inspirée en moquant les multiples affaires de Louis Aliot en effectuant cet ignoble geste», écrivent quant à eux Hugo Roquere et Manuella Hallier, co-présidents d’une association locale d’élus et citoyens insoumis dans un communiqué transmis à Made in Perpignan. Ils appellent à la démission de la conseillère centriste.
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