Un symbole similaire aux trois visages de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) est utilisé par la commune depuis 2024, avant l’élection du nouveau maire insoumis. Ce dernier critique le timing de la requête.
Sacrée prise de tête. La Licra a assuré ce vendredi 19 juin au nouveau maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko qu’elle n’avait fait qu’aborder «une question basique de droits des marques» en demandant récemment à la ville d’abandonner le logo ressemblant au sien, adopté dès 2024 par la précédente municipalité.
Le nouvel édile avait annoncé jeudi sur X que sa ville avait été «mise en demeure» par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) de cesser d’utiliser son logo tricolore aux trois visages : «Quand la précédente équipe municipale pouvait utiliser ce logo en toute tranquillité, la nôtre devrait aujourd’hui en assumer, dans l’urgence, le remplacement et son coût», avait-il protesté.
«Saint-Denis ne se laissera pas intimider»
«Curieusement, c’est donc sous notre mandature que ce risque de confusion, resté invisible pendant des années, devient soudainement insupportable», avait écrit le maire élu en mars, soulignant que cela allait impliquer «de revoir l’ensemble de la signalétique des bâtiments municipaux, un coût important pour les finances de la ville». «Saint-Denis ne se laissera pas intimider», avait-il conclu.
«La mairie a utilisé un logo qui appartient à la Licra depuis vingt ans, peu importe qui est à la tête de la mairie», s’est défendu vendredi le président de la Licra, l’avocat Mario Stasi. Il n’a pas souhaité communiquer le courrier d’avocat envoyé à la mairie, ni expliquer pourquoi cette demande juridique n’était présentée que maintenant.
«Post racoleur et inexact»
La Licra assure qu’il s’agit d’un courrier «très sobre et très technique», resté sans réponse pendant «deux mois». Et tout en renvoyant au maire la responsabilité d’une polémique dans laquelle elle dit ne pas vouloir entrer, la Licra a reproché à Bally Bagayoko d’avoir publié un «post racoleur et inexact».
Le logo contesté avait été présenté publiquement et dans des articles de presse dès le mois d’octobre 2024, comme celui désormais commun des villes de Saint-Denis et de Pierrefitte-sur-Seine, alors en passe de fusionner au 1er janvier 2025.
Le maire socialiste Mathieu Hanotin avait vanté dans Le Parisien «la première commune de France qui choisit d’être représentée par ses habitants», à travers un «logo à visage humain». L’agence Royalties avait déclaré avoir basé ce nouveau graphisme sur près de 150 profils d’habitants. Dans son communiqué, la Licra conteste à présent «un logo susceptible de créer une confusion» avec le sien et n’ayant «pas été déposé à l’INPI» (Institut national de la propriété industrielle).
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