papibilou a écrit : 23 juin 2026 16:56
Kabé a écrit : 23 juin 2026 11:09
Marcel Gauchet ne donne pas une définition mais explique les caractéristiques spécifiques de l'antisémitisme, sur la base de la notion d'un sentiment de supériorité ou d'infériorité, qui le différencie d'autres formes de racisme. Je ne conteste aucunement cette différentiation de caractéristiques. Je conteste seulement votre conclusion qui me semble erronée (que même Marcel Gauchet n'oserait probablement pas tirer), et fait que votre dédain pour LFI prend le dessus de votre capacité de raisonnement.
Donc, je vous pose la question simplement : Pour vous, l'antisémitisme n'est pas une forme de racisme ?
J'ai un peu de mal à comprendre votre obsession à vouloir affirmer que l'antisémitisme est une forme de racisme. Comme si vous craigniez qu'en faisant la distinction on n'aboutisse à hiérarchiser l'un par rapport à l'autre.
Dans racisme il y a race. Dans l'antisémitisme il n'y a pas de notion de race mais de religion. Il n'y a pas de race juive. Les juifs forment une communauté culturelle et religieuse, donc une ethnie, mais ils appartiennent à de multiples races.
Je n'ai pas d'obsession d'affirmer que l'antisémitisme est une forme de racisme, parce que tel est le cas. Je voulais tout simplement lire explicitement de votre part - puisque vous n'arrêtiez pas de tourner autour du pot - que
vous considérez que l'antisémitisme
n'est pas une forme de racisme. C'est fait. Merci.
Mais vous avez tort, sur toute la ligne. Surtout en voulant vous revendiquer de Marcel Gauchet pour justifier cette position erronée. Je le cite de l'entretien - très intéressant par ailleurs - auquel vous avez vous-même fait référence en le paraphrasant (c'est la première question de l'entretien et donc la première réponse - le mot racisme est introduit par lui-même) :
Entretien avec Marcel Gauchet dans l'Express a écrit :Comment comprenez-vous ce qu'il faut bien appeler le retour de l'antisémitisme ?
Marcel Gauchet : J'avoue que s'il y a une chose à laquelle je ne m'attendais pas, c'est celle-là. J'étais convaincu que l'antisémitisme était en voie de disparition, pour deux raisons de fond. D'abord parce que, de manière générale, l'imaginaire biologique de la « race » était en train de s'évanouir historiquement. Il ne parle plus. Il ne dit plus rien à personne. Quand on parle de « racisme » aujourd'hui, on parle de tout autre chose que du « racisme » du passé. Ensuite et surtout, parce que l'existence de l'Etat d'Israël sapait à la base le thème central de l'imaginaire antisémite : le projet d'une domination juive. « Ils sont partout, ils tirent les ficelles, ce sont eux qui mènent le monde... » La particularité de l'antisémitisme, en effet, est d'être construit sur la peur d'une domination, à la différence du racisme ordinaire, si j'ose dire, qui exprime le sentiment d'une supériorité sur les « races inférieures ». Les juifs, pour l'antisémite, sont une « race supérieure » qui ambitionne de soumettre les autres peuples à sa domination.
Bref, Marcel Gauchet considère l'antisémitisme comme un racisme, mais avec des particularités qui le différencie d'autres racismes (ou du racisme "ordinaire" ; "si j'ose dire" il y ajoute, parce que bien évidemment aucun racisme ne peut être considéré comme ordinaire). La lecture que vous en avez faites est erronée.
Il dit une chose concernant Mélenchon - sans l'accuser d'antisémitisme - avec laquelle je suis assez d'accord :
Le danger, en cas de succès de Mélenchon à la présidentielle - mais ce n'est pas le scénario le plus probable -, ce ne sont pas les mesures qu'il pourrait prendre en termes de politiques publiques, mais les débordements d'une partie de sa base, du côté des banlieues. On ne cultive pas impunément des clientèles en attente du grand jour.