Imaginer un avenir post-capitaliste

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Once
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Imaginer un avenir post-capitaliste

Message par Once »

« There is no alternative » (il n’y a pas d’alternatives), disait la Première ministre du Royaume-Uni Margaret Thatcher, prétendant avec fatalisme que l’économie de marché néolibérale et capitaliste sont des phénomènes naturels et que toute société qui prend une autre voie court à sa perte.

Pour résister à cette croyance qui ne fait que multiplier les destructions socio-environnementales au profit d’une minorité, il est nécessaire d’imaginer un avenir post-capitaliste. Voici un tour d’horizon de quelques exemples d’utopies économiques.

1. La coordination négociée : La démocratie économique en action

Fondée sur la démocratie économique, la propriété sociale et la négociation permanente entre toutes les parties prenantes, la « coordination négociée », pensée par l’économiste britannique Pat Devine et enrichie par Fikret Adaman, est l’une des alternatives les plus sérieuses au capitalisme, en misant sur la planification démocratique et la délibération collective.

Comme l’expliquent Devine et Adaman, il s’agit de « coordonner les activités économiques entre les acteurs concernés » – qu’il s’agisse des travailleurs, des consommateurs, des membres de la communauté ou d’autres parties prenantes directement affectés par les décisions économiques.

Ainsi, chaque entreprise serait administrée non seulement par ses salariés, mais aussi par des représentants de la communauté locale, des fournisseurs, des clients et des organismes de planification. Ce conseil élargi négocierait les objectifs économiques, non seulement à l’échelle de l’entreprise, mais aussi dans des espaces de concertation sectoriels, sur la base d’informations quantitatives et qualitatives issues de l’expérience de chacun.

Le modèle fait une distinction nette entre « l’échange marchand », qui subsiste pour la circulation des biens existants, et les « forces du marché », qui sont éliminées pour les décisions d’investissement. « Les décisions relatives aux changements de capacité productive d’une entreprise affectent un ensemble plus large de groupes », souligne Devine, d’où la nécessité d’une négociation collective pour chaque investissement majeur. Ce processus, fondé sur la délibération, vise à dépasser les intérêts particuliers pour construire un intérêt général socialement défini.

La coordination négociée n’est pas sans critiques, comme le souligne l’économiste Florence Jany-Catrice, à travers le risque d’« épuisement » des acteurs engagés dans des négociations longues et complexes, et s’interrogent sur la capacité du modèle à favoriser l’innovation.

Devine et Adaman répondent que le processus délibératif est aussi un processus d’apprentissage collectif : « Les participants apprennent à prendre en compte les intérêts des autres et modifient leurs préférences en conséquence », écrivent-ils, misant sur une dynamique transformatrice plutôt que sur la simple addition d’intérêts individuels.

2. L’économie participaliste : une planification décentralisée

L’économie participaliste, ou « Parecon », imaginée par Michael Albert et Robin Hahnel, s’affiche comme une alternative radicale au capitalisme et à la planification centralisée. « L’économie participative vise à réaliser économiquement cinq valeurs : l’équité, l’autogestion, la variété, la solidarité et l’efficience », rappellent les auteurs dans The Political Economy of Participatory Economics paru en 1991.

Leur modèle entend « rendre impossible l’existence d’une classe capitaliste » en supprimant toute propriété privée des moyens de production (Parecon: Life After Capitalism, Michael Albert et Robin Hahnel).

Au cœur du dispositif, des conseils de producteurs et de consommateurs prennent ensemble les décisions économiques, sans direction étatique ni agence centrale. « Toute personne devrait avoir son mot à dire pour une décision de manière proportionnelle au degré où cette décision l’affecte », insistent Albert et Hahnel (The Political Economy of Participatory Economics, 1991). Les prix, loin d’être fixés par le marché ou l’État, émergent d’une négociation itérative : chaque conseil propose ses besoins et capacités, et le processus se répète jusqu’à atteindre un équilibre collectif.

Image


Autre innovation majeure : les « complexes d’emplois équilibrés », qui visent à abolir la division hiérarchique du travail. La rémunération se base sur l’effort et le sacrifice, et non sur le statut ou le capital initial.


Face aux critiques sur la compatibilité de la Parecon avec la « nature humaine », les partisans affirment parier sur la capacité des institutions démocratiques à encourager la solidarité et la coopération à long terme (The Political Economy of Participatory Economics).

Enfin, le modèle a évolué pour mieux intégrer les enjeux écologiques, Robin Hahnel ayant récemment insisté sur la nécessité d’une planification prenant en compte les limites environnementales (Economic Justice and Democracy: From Competition to Cooperation, 2005, mêmes auteurs).


3. La planification centralisée informatisée : l’algorithme au service de l’économie

La planification centralisée informatisée, défendue par Paul Cockshott et Allin Cottrell, propose de confier l’allocation des ressources à des algorithmes puissants, capables de traiter en temps réel les besoins de la population et d’organiser l’économie de façon centralisée.

Dans leur ouvrage de référence, Towards a New Socialism (1993), ils avancent que « le calcul centralisé des valeurs-travail de toute une économie est désormais réalisable grâce à l’informatique moderne », estimant qu’un superordinateur pourrait résoudre les équations nécessaires à la coordination de millions de produits en quelques minutes seulement. Leur modèle va jusqu’à envisager la suppression de la monnaie au profit d’une comptabilité en heures de travail.

Bien qu’on puisse trouver d’autres exemples plus pertinents, les partisans de cette approche s’appuient sur les progrès de la technologie de l’information et comparent leur méthode aux capacités logistiques d’entreprises comme Amazon, capables de gérer d’immenses flux de données et de stocks.

Dans une vidéo, l’économiste Simon Tremblay-Pepin, défend l’utilisation des outils techniques existants pour transformer et planifier démocratiquement l’économie. Cependant, il met en garde contre une confiance excessive dans la technologie et souligne les questions énergétiques et écologiques posées par la gestion informatique d’une telle ampleur.




4. Les économies communautaires : reconnaître et investir dans l’existant

Les économies communautaires, conceptualisées par Katherine Gibson et Julie Graham sous le nom de plume J.K. Gibson-Graham, proposent une approche dite « anti-modèle » qui valorise la diversité des pratiques économiques existantes en dehors du capitalisme dominant.

Plutôt que de chercher à imposer un système alternatif unique, elles invitent à reconnaître, soutenir et coordonner les multiples formes d’activités économiques locales, solidaires ou informelles, souvent invisibilisées par le « capitalocentrisme ».

Dans A Postcapitalist Politics (2006), elles affirment que « plus de 50 % de nos activités économiques sont autres ou non capitalistes », utilisant l’image de l’iceberg pour illustrer la richesse cachée de ces pratiques.

L’accent est mis sur la gestion collective des biens communs : ressources, savoirs ou services, gérés et maintenus par des communautés selon des règles partagées. Leur démarche consiste à ouvrir des espaces de délibération éthique et politique, où chaque acteur devient un participant actif à la transformation de son territoire et à la construction d’une économie plus inclusive et résiliente.

Le défi majeur reste de trouver des moyens efficaces pour investir dans ces ressources déjà présentes et coordonner leur développement à plus grande échelle.


5. L’approche décroissance : moins produire, mieux vivre


L’approche de la décroissance, défendue par Serge Latouche et plus récemment par Timothée Parrique, remet en cause le dogme de la croissance économique infinie et propose une transformation profonde de nos sociétés pour respecter les limites écologiques de la planète.

Dans son Petit traité de la décroissance sereine, Latouche explique que « la décroissance n’est pas la croissance négative. Il conviendrait de parler d’“a-croissance”, comme on parle d’athéisme. C’est d’ailleurs très précisément de l’abandon d’une foi ou d’une religion (celle de l’économie, du progrès et du développement) qu’il s’agit ».

Il insiste sur la nécessité de « décoloniser notre imaginaire », c’est-à-dire de sortir de l’addiction à la consommation et à la croissance, pour inventer de nouveaux modes de vie plus sobres et plus heureux.

Ce modèle invite à réduire de manière planifiée la production et la consommation, à relocaliser l’économie, à promouvoir l’agriculture biologique et les circuits courts, et à encourager la réparation et la durabilité des biens.

La redistribution équitable des ressources est également centrale, avec une réduction du temps de travail pour permettre à chacun de mieux équilibrer vie professionnelle et personnelle, tout en favorisant la participation démocratique et la justice sociale.

Pour Latouche, la décroissance est avant tout une invitation à « retrouver le sens de la mesure » et à vivre mieux avec moins, dans le respect de l’environnement et des autres.

Le modèle de décroissance de Serge Latouche est critiqué pour son eurocentrisme, car il pourrait être difficilement applicable dans les pays en développement qui ont besoin de croissance pour sortir de la pauvreté.


Source : https://mrmondialisation.org/5-exemples ... italistes/
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Re: Imaginer un avenir post-capitaliste

Message par papibilou »

Once a écrit : 01 juillet 2026 08:17
Pour résister à cette croyance qui ne fait que multiplier les destructions socio-environnementales au profit d’une minorité, il est nécessaire d’imaginer un avenir post-capitaliste. Voici un tour d’horizon de quelques exemples d’utopies économiques.[/surligne]
Une anecdote: les fermes collectives soviétiques , les kolkhozes , peinaient à obtenir une production convenable. Les kolkhozniks qui étaient les travailleurs dans ces fermes avaient le droit de posséder un tout petit terrain qui leur était personnel ( 4 à 5 000m2). Et là, sur ces petits terrains, curieusement, la productivité était très largement supérieure au m2 à celle de la ferme collective. D'après vous quel était la raison de cette supériorité de productivité de ces terrains privés ?
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Re: Imaginer un avenir post-capitaliste

Message par Once »

papibilou a écrit : 01 juillet 2026 17:19
Once a écrit : 01 juillet 2026 08:17
Pour résister à cette croyance qui ne fait que multiplier les destructions socio-environnementales au profit d’une minorité, il est nécessaire d’imaginer un avenir post-capitaliste. Voici un tour d’horizon de quelques exemples d’utopies économiques.[/surligne]
Une anecdote: les fermes collectives soviétiques , les kolkhozes , peinaient à obtenir une production convenable. Les kolkhozniks qui étaient les travailleurs dans ces fermes avaient le droit de posséder un tout petit terrain qui leur était personnel ( 4 à 5 000m2). Et là, sur ces petits terrains, curieusement, la productivité était très largement supérieure au m2 à celle de la ferme collective. D'après vous quel était la raison de cette supériorité de productivité de ces terrains privés ?
Cette anecdote n'est pas du tout le sujet ici, il me semble.

Voyez la vidéo, seulement les premières minutes : elle rejette d'emblée le système communiste.
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Re: Imaginer un avenir post-capitaliste

Message par papibilou »

Once a écrit : 01 juillet 2026 17:33
papibilou a écrit : 01 juillet 2026 17:19
Une anecdote: les fermes collectives soviétiques , les kolkhozes , peinaient à obtenir une production convenable. Les kolkhozniks qui étaient les travailleurs dans ces fermes avaient le droit de posséder un tout petit terrain qui leur était personnel ( 4 à 5 000m2). Et là, sur ces petits terrains, curieusement, la productivité était très largement supérieure au m2 à celle de la ferme collective. D'après vous quel était la raison de cette supériorité de productivité de ces terrains privés ?
Cette anecdote n'est pas du tout le sujet ici, il me semble.

Voyez la vidéo, seulement les premières minutes : elle rejette d'emblée le système communiste.
Ce que j'ai voulu montrer est que tout système qui ne tiendrait pas compte de la psychologie de l'individu est vouée à l'échec. Le succès du libéralisme et du capitalisme est lié au fait qu'ils laissent la part de l'individualité humaine s'exprimer.
Peut-être est ce que je l'exprime mal mais ce n'était nullement une critique du soviétisme.
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Re: Imaginer un avenir post-capitaliste

Message par Kabé »

Vaste programme... et je doute que ce forum soit le bon endroit pour échanger dessus d'une façon constructive.

Peut-être, aussi, avant de se lancer dans des pistes alternatives, aussi louables soient-elles, il faut d'abord s'accorder sur une diagnostique. Et déjà, ça ne va pas mettre tous les nez dans la même direction.

Si déjà on pouvait s'accorder sur plusieurs constats :
- l'accroissement des inégalités riches / pauvres
- un monde financier à la déroute qui nécessite à être mieux régulé.
- des grands patrons/entreprises qui préfèrent verser des dividendes que de réinvestir dans l'entreprise.
...

Le deuxième point, bien sûr, est déjà quelque chose qui va être contesté par les puissants milliardaires de ce monde, principalement américains et libertaires d'extrême droite, par hasard. Des égoïstes invétérés qui trouvent tout à fait normal que des gens travaillent pour eux pour un salaire de misère pour que eux, et les actionnaires de l'entreprise, puissent se gaver de dividendes.

Je ne sais pas s'il faut aller vers un post-capitalisme ou s'il pourrait suffire de mieux réguler ce capitalisme... Par exemple, limiter l'écart de salaires entre patrons et salariés de base, interdire les licenciements tant qu'une entreprise verse des dividendes à ses actionnaires, imposer davantage les dividendes versées pour encourager les réinvestissements dans l'entreprise, mieux réguler (voire interdire) les spéculations boursières sur les matières premières....

Je pense qu'il y a plein de mesures à prendre qui ne mettent pas forcément fin au capitalisme, mais qui le régulent d'une façon beaucoup plus honnête et avec un regard sur la cohésion d'une société...
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Re: Imaginer un avenir post-capitaliste

Message par papibilou »

Kabé a écrit : 01 juillet 2026 18:32 Vaste programme... et je doute que ce forum soit le bon endroit pour échanger dessus d'une façon constructive.

Peut-être, aussi, avant de se lancer dans des pistes alternatives, aussi louables soient-elles, il faut d'abord s'accorder sur une diagnostique. Et déjà, ça ne va pas mettre tous les nez dans la même direction.

Si déjà on pouvait s'accorder sur plusieurs constats :
- l'accroissement des inégalités riches / pauvres
- un monde financier à la déroute qui nécessite à être mieux régulé.
- des grands patrons/entreprises qui préfèrent verser des dividendes que de réinvestir dans l'entreprise.
...

Le deuxième point, bien sûr, est déjà quelque chose qui va être contesté par les puissants milliardaires de ce monde, principalement américains et libertaires d'extrême droite, par hasard. Des égoïstes invétérés qui trouvent tout à fait normal que des gens travaillent pour eux pour un salaire de misère pour que eux, et les actionnaires de l'entreprise, puissent se gaver de dividendes.

Je ne sais pas s'il faut aller vers un post-capitalisme ou s'il pourrait suffire de mieux réguler ce capitalisme... Par exemple, limiter l'écart de salaires entre patrons et salariés de base, interdire les licenciements tant qu'une entreprise verse des dividendes à ses actionnaires, imposer davantage les dividendes versées pour encourager les réinvestissements dans l'entreprise, mieux réguler (voire interdire) les spéculations boursières sur les matières premières....

Je pense qu'il y a plein de mesures à prendre qui ne mettent pas forcément fin au capitalisme, mais qui le régulent d'une façon beaucoup plus honnête et avec un regard sur la cohésion d'une société...
Limiter les excès du capitalisme et du libéralisme c'est le rôle qu'a souhaité jouer la social démocratie. Le problème est qu'il faut tenir compte des limites acceptables par ceux qui sont les plus pénalisés par le système redistributif.
Selon l'Insee :
" Les 10 % de personnes les plus aisées ont un revenu après transferts publics 3,5 fois plus élevé que les 10 % les plus modestes, contre 26 fois avant transferts publics."
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Re: Imaginer un avenir post-capitaliste

Message par Kabé »

papibilou a écrit : 01 juillet 2026 18:50
Kabé a écrit : 01 juillet 2026 18:32 Vaste programme... et je doute que ce forum soit le bon endroit pour échanger dessus d'une façon constructive.

Peut-être, aussi, avant de se lancer dans des pistes alternatives, aussi louables soient-elles, il faut d'abord s'accorder sur une diagnostique. Et déjà, ça ne va pas mettre tous les nez dans la même direction.

Si déjà on pouvait s'accorder sur plusieurs constats :
- l'accroissement des inégalités riches / pauvres
- un monde financier à la déroute qui nécessite à être mieux régulé.
- des grands patrons/entreprises qui préfèrent verser des dividendes que de réinvestir dans l'entreprise.
...

Le deuxième point, bien sûr, est déjà quelque chose qui va être contesté par les puissants milliardaires de ce monde, principalement américains et libertaires d'extrême droite, par hasard. Des égoïstes invétérés qui trouvent tout à fait normal que des gens travaillent pour eux pour un salaire de misère pour que eux, et les actionnaires de l'entreprise, puissent se gaver de dividendes.

Je ne sais pas s'il faut aller vers un post-capitalisme ou s'il pourrait suffire de mieux réguler ce capitalisme... Par exemple, limiter l'écart de salaires entre patrons et salariés de base, interdire les licenciements tant qu'une entreprise verse des dividendes à ses actionnaires, imposer davantage les dividendes versées pour encourager les réinvestissements dans l'entreprise, mieux réguler (voire interdire) les spéculations boursières sur les matières premières....

Je pense qu'il y a plein de mesures à prendre qui ne mettent pas forcément fin au capitalisme, mais qui le régulent d'une façon beaucoup plus honnête et avec un regard sur la cohésion d'une société...
Limiter les excès du capitalisme et du libéralisme c'est le rôle qu'a souhaité jouer la social démocratie. Le problème est qu'il faut tenir compte des limites acceptables par ceux qui sont les plus pénalisés par le système redistributif.
Selon l'Insee :
" Les 10 % de personnes les plus aisées ont un revenu après transferts publics 3,5 fois plus élevé que les 10 % les plus modestes, contre 26 fois avant transferts publics."

Oui, après, les statistiques, on les organise à sa guise. Si vous preniez le 1%, ou le 0,1% des personnes les plus aisées, les chiffres seraient différentes (et assez choquantes, à mon avis). Les "limites de l'acceptable" pour les riches sont sans doute un peu plus flexibles que les limites de l'acceptable pour les pauvres. Parfois, il faut imposer des choses à ceux qui sont les puissants, sinon on déclare la faillite à la démocratie, à mon avis.
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Re: Imaginer un avenir post-capitaliste

Message par Once »

Kabé a écrit : 01 juillet 2026 18:32 Vaste programme... et je doute que ce forum soit le bon endroit pour échanger dessus d'une façon constructive.
J'en ai bien peur également. Mais bon, sait on jamais.

J'ai pris le soin de visionner intégralement la vidéo avec la présentation des 5 alternatives : ce que j'ai apprécié c'est que l'interviewveuse pose des questions terre à terre qui peuvent venir à l'esprit de chacun. Et , qu'en retour, le présentateur, lui, émet aussi des réserves et des critiques sur chacun des 5 modèles.

Mais ce qu'il est important de noter c'est que certains des aspects évoqués existent déjà en partie, ici ou là. Et que des alternatives ( comme l'économie solidaire évoquée dans l'entretien) existent déjà mais à petite échelle et que la bonne voie à suivre serait des les coordonner à plus grande échelle.

Autre chose m'a aussi interpellé ( et c'est dit à la fin de l'entretien très constructif et " ouvert" ) : le système capitaliste tel qu'il fonctionne depuis ses origines contemporaines paraît à bout de souffle, le réguler ne sera qu'une rustine inefficace. Il faudra aller au delà parce que nous n'aurons pas d'autres choix, en fait. Donc, pas par plaisir ou idéologie, mais par nécessité absolue. De la même manière qu'on est en train de trouver nécessaire de généraliser la climatisation en raison de la recrudescence des canicules.
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Re: Imaginer un avenir post-capitaliste

Message par Cépajuste »

Le scénario réaliste n’est pas une sortie du capitalisme, mais une mutation profonde avec moins de croissance matérielle, plus de régulation écologique, plus de planification algorithmique, plus de communs, plus de redistribution, moins de financiarisation. Ce n’est pas un nouveau système mais un capitalisme transformé, comme il l’a déjà fait plusieurs fois dans son histoire. Mais tout cela se fera sur le temps long, il n'y aura pas de "grand soir".
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Re: Imaginer un avenir post-capitaliste

Message par papibilou »

Kabé a écrit : 01 juillet 2026 19:01
papibilou a écrit : 01 juillet 2026 18:50

Limiter les excès du capitalisme et du libéralisme c'est le rôle qu'a souhaité jouer la social démocratie. Le problème est qu'il faut tenir compte des limites acceptables par ceux qui sont les plus pénalisés par le système redistributif.
Selon l'Insee :
" Les 10 % de personnes les plus aisées ont un revenu après transferts publics 3,5 fois plus élevé que les 10 % les plus modestes, contre 26 fois avant transferts publics."

Oui, après, les statistiques, on les organise à sa guise. Si vous preniez le 1%, ou le 0,1% des personnes les plus aisées, les chiffres seraient différentes (et assez choquantes, à mon avis). Les "limites de l'acceptable" pour les riches sont sans doute un peu plus flexibles que les limites de l'acceptable pour les pauvres. Parfois, il faut imposer des choses à ceux qui sont les puissants, sinon on déclare la faillite à la démocratie, à mon avis.
Non, on n'accuse pas l'INSEE de manipuler les chiffres.
Les 0,1% c'est 20 000 euros par mois, mais c'est 45% d'impôt sur les revenus. Alors oui, il leur en reste, mais plus de la moitié de la population ne paye rien en IR. Vous voudriez qu'un toubib qui a fait 10 ou 15 ans d'études gagne la même chose qu'un serveur de bar ?
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Re: Imaginer un avenir post-capitaliste

Message par Kabé »

papibilou a écrit : 01 juillet 2026 21:04
Kabé a écrit : 01 juillet 2026 19:01
Oui, après, les statistiques, on les organise à sa guise. Si vous preniez le 1%, ou le 0,1% des personnes les plus aisées, les chiffres seraient différentes (et assez choquantes, à mon avis). Les "limites de l'acceptable" pour les riches sont sans doute un peu plus flexibles que les limites de l'acceptable pour les pauvres. Parfois, il faut imposer des choses à ceux qui sont les puissants, sinon on déclare la faillite à la démocratie, à mon avis.
Non, on n'accuse pas l'INSEE de manipuler les chiffres.
Les 0,1% c'est 20 000 euros par mois, mais c'est 45% d'impôt sur les revenus. Alors oui, il leur en reste, mais plus de la moitié de la population ne paye rien en IR. Vous voudriez qu'un toubib qui a fait 10 ou 15 ans d'études gagne la même chose qu'un serveur de bar ?

Vous parlez d'impôts sur les revenus... Vous êtes conscients qu'il y a plein de ressources de ces 10% ou 1% ou 0,1% des plus riches qui ne sont pas imposés, mais pour lesquelles ils ont trouvé plein de systèmes ou d'autres paradis fiscaux pour faire au mieux leur évasion fiscale ?
Si vous voulez enfoncer votre tête dans le sable par rapport à ça, allez-y, mais vous ne me convainquez pas. Il y a un égoïsme systémique de ces classes économiques prédatrices qui nécessite une régulation. Ne me parlez pas de l'INSEE par rapport à leur mentalité de limaces qui ne sont qu'au service d'eux-mêmes et pas du tout au services des sociétés.
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Re: Imaginer un avenir post-capitaliste

Message par papibilou »

Kabé a écrit : 01 juillet 2026 21:18
papibilou a écrit : 01 juillet 2026 21:04
Non, on n'accuse pas l'INSEE de manipuler les chiffres.
Les 0,1% c'est 20 000 euros par mois, mais c'est 45% d'impôt sur les revenus. Alors oui, il leur en reste, mais plus de la moitié de la population ne paye rien en IR. Vous voudriez qu'un toubib qui a fait 10 ou 15 ans d'études gagne la même chose qu'un serveur de bar ?

Vous parlez d'impôts sur les revenus... Vous êtes conscients qu'il y a plein de ressources de ces 10% ou 1% ou 0,1% des plus riches qui ne sont pas imposés, mais pour lesquelles ils ont trouvé plein de systèmes ou d'autres paradis fiscaux pour faire au mieux leur évasion fiscale ?
Si vous voulez enfoncer votre tête dans le sable par rapport à ça, allez-y, mais vous ne me convainquez pas. Il y a un égoïsme systémique de ces classes économiques prédatrices qui nécessite une régulation. Ne me parlez pas de l'INSEE par rapport à leur mentalité de limaces qui ne sont qu'au service d'eux-mêmes et pas du tout au services des sociétés.
Nous ne pouvons pas être d'accord, ni pour l'Insee ni pour le reste.
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Re: Imaginer un avenir post-capitaliste

Message par Kelenner »

papibilou a écrit : 01 juillet 2026 21:04
Kabé a écrit : 01 juillet 2026 19:01


Oui, après, les statistiques, on les organise à sa guise. Si vous preniez le 1%, ou le 0,1% des personnes les plus aisées, les chiffres seraient différentes (et assez choquantes, à mon avis). Les "limites de l'acceptable" pour les riches sont sans doute un peu plus flexibles que les limites de l'acceptable pour les pauvres. Parfois, il faut imposer des choses à ceux qui sont les puissants, sinon on déclare la faillite à la démocratie, à mon avis.
Non, on n'accuse pas l'INSEE de manipuler les chiffres.
Les 0,1% c'est 20 000 euros par mois, mais c'est 45% d'impôt sur les revenus. Alors oui, il leur en reste, mais plus de la moitié de la population ne paye rien en IR. Vous voudriez qu'un toubib qui a fait 10 ou 15 ans d'études gagne la même chose qu'un serveur de bar ?
Le problème n’est pas sur les revenus, dont l’échelle en France n’est pas si large et largement dans les limites de l’acceptabilité, mais sur le patrimoine, issu à 70% de l’héritage, et où les écarts sont astronomiques et ne correspondent à aucun mérite, puisque l’écrasante majorité du patrimoine détenu ne découle d’aucun travail direct de son détenteur.

Mais c’est bien évidemment le sujet tabou ultime chez nos bourgeois drouateux, tous concernés, et c’est qui explique que tu ne l’évoques jamais.
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Re: Imaginer un avenir post-capitaliste

Message par le chimple »

Il va falloir m'expliquer pourquoi ce sont les pays communistes qui voient le nombre de milliardaires le plus progresser ... :evil:
Si les salaires sont faibles , effectivement , ça vient d'une part des méchants patrons , perso , si les gouvernements successifs ne s'étaient pas grassement servis dans les caisses des entreprises et continuent à le faire .. par incompétence pour gérer un budget .. ils pourraient augmenter le salaire de leurs employés .
Autre chose , ni la droite , encore moins la gauche ont fait quoi que ce soit pour enrayer les possibilités d'"optimisation" de l'argent des riches !
Pourquoi ?
Parce que c'est la finance "internationale " et qu'elle est intouchable !
Personne peut empêcher un riche d'aller voir ailleurs , surtout quand on lui fait des ponts d'or et c'est ça que quelques dirigeants de gauche style Mélanchon ne comprennent pas ou plutôt tentent de faire croire aux français qu'ils y peuvent quelque chose !
Kelenner , je me demande s'il n'y a pas plus de "bourgeois "de gauche que de droite .. :twisted:
...C'est curieux chez les marins , le besoin de faire des phrases ...
Once
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Re: Imaginer un avenir post-capitaliste

Message par Once »

Un débat de fond entre JLM et Frédéric Lordon au sujet du capitalisme. On n 'est pas sur RMC, là.

1) Extrait :



Qu'on aime ou qu'on déteste JLM, c'est du très très haut niveau et aucun politique de gauche ou de droite n'arrive à la cheville de ce type. Ni Hollande, ni Macron, ni Attal, ni Philippe, ni aucun autre et surtout pas Bardella !

2) Le débat complet :

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