Après l’annulation par la mairie RN d’Orange d’un concert en hommage à Queen, l’organisateur propose un compromis : «Je fais ça pour les 650 choristes»
Près d’un mois après la décision de la municipalité de renoncer au spectacle, invoquant des restrictions budgétaires, le producteur se dit prêt à engager des frais. Une dernière audience aura lieu à Nîmes jeudi 30 juillet.
L’affaire est désormais entre les mains de la justice. Le 25 juin dernier, le producteur d’un spectacle musical intitulé Queen forever, en hommage au groupe de rock britannique, avait été notifié de l’annulation de l’événement sur décision de la mairie Rassemblement national, invoquant un motif budgétaire. Il a depuis déposé un recours auprès du tribunal administratif de Nîmes.
Une première audience s’est tenue ce lundi 27 juillet, avant une seconde, prévue trois jours plus tard, jeudi 30 juillet.
Le concert, gratuit, devait rassembler sur la scène du théâtre antique de la Ville un millier de choristes, dont plus de la moitié d’amateurs, pour fêter, début septembre, l’anniversaire posthume de Freddie Mercury. «
Je fais ça pour les 650 choristes qui viennent de partout en France, de Bretagne, d’Auvergne. Pour qu’ils puissent jouer le 4 septembre», s’est expliqué auprès de Libé l’organisateur de l’événement, David Hardit.
Pas qu’«une question d’argent»
Pour tenter de maintenir le spectacle, il va faire une nouvelle proposition à la Ville, en lui offrant notamment de prendre en charge le coût de la technique, qu’il chiffre à environ 25 000 euros et de payer lui-même la restauration de l’ensemble des choristes, soit à peu près 5 000 euros. La mairie, elle, devra honorer le contrat qu’elle a signé et lui verser 41 000 euros quoi qu’il arrive.
Interrogé par l’AFP le 19 juillet, le producteur avait dit douter qu’il s’agisse uniquement d’«une question d’argent».
Ce lundi matin, il s’exprimait à nouveau sur France Inter, qualifiant d’«inhumain» un choix de la mairie qu’il ne comprend pas : «
On ne parle pas de quelque chose qui peut mettre à mal la ville».
Encore moins sur le plan financier puisque la municipalité dispose, selon la Chambre régionale des comptes citée par la station de radio, d’un excédent budgétaire de 11 millions d’euros. Le projet initial de concert avait d’ailleurs été validé par l’ancienne mairie d’Orange, elle aussi d’extrême droite, alors sous la houlette de Yann Bompard (Ligue du Sud).
Un spectacle «populaire»
Son successeur, Jean-Dominique Artaud, avait pourtant poursuivi sa rhétorique budgétaire jusque dans la salle d’audience ce lundi 27 juillet, invoquant, selon le producteur du concert, des dépenses liées au déblaiement d’une route de la ville bloquée par des roches tombées en novembre dernier. Mais David Hardit s’est dit surpris en apprenant ce même jour que cette dépense était à l’origine du ressort de l’agglomération et non de la municipalité : «
Il n’y a pas d’argent dans les caisses, mais la ville décide de payer alors que ce n’est pas à elle de le faire. Pourquoi cette générosité ?»
Le tribunal de Nîmes devra trancher quant à la proposition à l’amiable du producteur jeudi aux alentours de midi. Si l’organisateur venait à perdre sa bataille juridique, il offrirait son spectacle, qu’il juge éminemment «populaire», à une autre ville : «Et je mettrai des tracts dans les boîtes aux lettres de tous les gens d’Orange pour les inviter».
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