Il est question de dépôt de plainte, aussi. Et cela dit beaucoup de notre rapport à l’État. Que les habitants du Porge soient tristes, cela peut se comprendre, mais je pense que ça ne les autorise pas à dire n'importe quoi.Incendies en France : au Porge, ravagée par les flammes, le sentiment d'avoir été « sacrifiés »
Le gigantesque incendie qui dévaste la Gironde est « toujours stabilisé » ce mardi 28 juillet au matin, après une nuit « plus calme », selon la préfecture du département. Le Porge est la commune de Gironde la plus dévastée par cet incendie : sur place, des scènes d'apocalypse où plus de 7 000 hectares de forêts ont brûlé et plus de 180 habitations détruites.
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Déjà, si le Porge avait vraiment été sacrifié, c'est la commune entière qui aurait été détruite, pas seulement des maisons isolées en bordure de forêt.
Et puis à supposer que les moyens humains et matériels des pompiers aient été affectés en priorité à la presqu'île du Cap Ferret (ce qui reste à prouver), un tel choix est logique.
D'un côté, une commune de 1000 habitants, entourée de pins (à l'est, à l'ouest, au nord, au sud) et un habitat dispersé au milieu de tous ces arbres, et de l'autre, une presqu'île beaucoup plus peuplée (et pas que de gens riches), avec une seule route d'accès, et qu'un simple pare-feu de quelques kilomètres suffit à sécuriser. Donc sécuriser la presqu'île était beaucoup plus facile (compte tenu de la configuration des lieux) et beaucoup plus nécessaire (compte tenu de l'importance de la population et de la présence d'une seule route d'accès).
Heureusement que les pompiers ont pour stratégie de concentrer leurs efforts sur les zones les plus peuplées, surtout si cette zone est plutôt facile à protéger. Inutile qu’ils prennent des risques à vouloir sauver à tout prix des maisons isolées en bordure de forêt et entourées par les flammes.
Nous vivons une drôle d'époque où les gens n'assument plus leurs choix de vie (quand on habite un bled entouré de forêts, il faut accepter le risque qui en résulte), et où la fatalité et le hasard n'existent plus : le moindre accident, le moindre sinistre, la moindre contrariété, doivent absolument se résoudre par l'identification d'un coupable, idéalement une structure abstraite suffisamment lointaine pour qu'on n'ait aucun remords (le gouvernement, l’État, l'assureur, la police, la sécurité civile, Big Pharma, l'ARS, la CIA, le Mossad, Bolloré...).
Si les gens, au lieu de croire que l’État peut tout et leur doit tout, commençaient par assumer leurs choix de vie, et par débroussailler comme il se doit autour de chez eux, ce serait déjà bien.

