#2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Actualité hebdo, politique, économie, informations...
Répondre
papibilou
Dieu D'Interaldys
Dieu D'Interaldys
Messages : 22810
Enregistré le : 25 août 2020 20:42
A Liké : 136 fois
A été liké : 41 fois

Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par papibilou »

Kabé a écrit : 14 août 2026 11:39
papibilou a écrit : 14 août 2026 09:16
Et c'est moi le comptable.
Une dernière explication de ma position sur ce mot:

Mais on, et surtout les juges de la Cour internationale de justice, s'en fout de votre explication qui ne vous sert qu'à rester dans votre déni de réalité. Peut-être ça vous permet de mieux dormir ?
La seule définition qui fait référence en droit international est celle de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Utiliser une définition ad hoc personnalisée pour nier ce qui se passe à Gaza (et en Cisjordanie) ne sert qu'à regarder ailleurs...
Vous vous foutez de l'étymologie c'est votre droit. L'IA dit ça:
Le génocide est un crime international qui désigne l'extermination physique, intentionnelle, systématique et préméditée d'un groupe humain, ou d'une partie de ce groupe, en raison de ses origines nationales, ethniques, raciales ou religieuses.
Mais j'arrête là mon souhait de ne pas voir ce terme affaibli.
Avatar du membre
Mesoke
Dieu D'Interaldys
Dieu D'Interaldys
Messages : 20064
Enregistré le : 03 juillet 2020 09:59
A Liké : 2 fois
A été liké : 46 fois

Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par Mesoke »

Premièrement dans ce cas en effet on se fout de l'étymologie, parce que l'étymologie c'est juste l'origine du terme, pas sa définition.

Ensuite tu as coupé la partie dans laquelle l'IA parlait du monsieur qui a définit ce terme, Lemkin, en croyant qu'on n'irait pas chercher ce qu'en a réellement dit ce monsieur. Sa définition était la suivante :

« De nouvelles conceptions supposent l'adoption de nouveaux termes. Par « génocide », nous entendons la destruction d'une nation ou d'un groupe ethnique. Ce nouveau mot, forgé par l'auteur pour signifier une vieille pratique dans son évolution moderne, ne signifie pas nécessairement la destruction immédiate d'une nation, sauf lorsqu'il est réalisé par des meurtres en masse de tous les membres d'une nation. Il entend plutôt signifier un plan coordonné de différentes actions visant à la destruction de fondements essentiels de la vie de groupes nationaux, dans le but d'exterminer les groupes eux-mêmes. Un tel plan aurait pour objectifs la désintégration des institutions politiques et sociales, de la culture, de la langue, des sentiments nationaux, de la religion et de la vie économique de groupes nationaux, ainsi que la suppression de la sécurité personnelle, de la liberté, de la santé, de la dignité, voire de la vie des personnes appartenant à ces groupes. Le génocide vise le groupe national en tant qu'entité, et les actions en question sont dirigées contre des individus, non pas ès qualité, mais en tant que membres du groupe national. »

Sachant qu'on t'avait déjà donné la définition actuelle officielle qui disait la même chose : la notion de génocide tient surtout dans le fait de mettre en oeuvre un plan destiné à éliminer une population, pas la quantité de gens effectivement tués. Ca n'est pas affaiblir ce terme que de considérer que commettre un génocide ça n'est juste un concours de bite sur le plus de morts provoqués, bien au contraire.
Once
Posteur DIVIN
Posteur DIVIN
Messages : 12045
Enregistré le : 02 novembre 2020 08:46
A Liké : 2 fois
A été liké : 41 fois

Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par Once »

Curieux qu'on n'ait pas encore parlé d'une forme de génocide très particulière. On est focalisé sur la destruction physique d'un peuple (comme la Shoah) en nous basant sur l'intention claire et nette de l'exterminateur (qui peut poser problème adaptée à Gaza).

Mais on oublie trop souvent d'aborder la question du génocide CULTUREL qui est quelque chose de vraiment terrible et dont on a plusieurs exemples sous la main. Je pense aux Indiens d'Amérique, je pense aux Tibétains aussi.

Quand y a t il un génocide CULTUREL ? Il y a génocide culturel quand il y a :

1) l'interdiction ou la répression d'une langue ;
2) la destruction de lieux religieux, monuments ou œuvres culturelles ;
3) l'interdiction de certaines traditions, pratiques ou coutumes ;
4) l'assimilation forcée, notamment par l'éducation ;
5) le retrait forcé d'enfants à leur communauté afin de les intégrer à une autre culture ;
6) l'effacement de l'histoire ou de l'identité d'un peuple.

Je surligne le dernier élément de la définition car c'est bien ce qu'Israël essaie de faire - non pas seulement à Gaza mais dans tout l'espace palestinien et ce, depuis 1948. Sans y arriver totalement puisque la défense de la cause palestinienne survit malgré tout.

Mais les points 1, 4 et 5 me font aussi penser à ce que Poutine essaie de faire dans le Dombass (et qu'il a réalisé en déportant des enfants ukrainiens du Dombass pour tenter de les assimiler à une autre forme de culture)

Remarque importante : le terme « génocide culturel » est largement utilisé dans les débats historiques, politiques et universitaires, mais il n'est pas une catégorie autonome dans la définition juridique du génocide de la Convention de l'ONU de 1948. Certains actes de destruction culturelle peuvent toutefois servir de preuve d'une intention génocidaire lorsqu'ils accompagnent d'autres actes visant à détruire un groupe.

En bref : le génocide physique vise à détruire les personnes ; le génocide culturel vise à détruire ce qui fait l'identité du groupe.

De mon point de vue, le génocide culturel est bien plus terrible que le génocide physique car il efface de manière plus beaucoup plus radicale l'existence même de tout un peuple dans la mémoire des hommes. Ou alors il les réduit en sous hommes qui ont perdu leur identité réduits au chômage, vivant misérablement, dans l'alcool ou la drogue (ce que l'on voit par exemple chez beaucoup d'indiens d'Amérique ou chez des autochtones australiens..)

On doit pouvoir remarquer, admettre et reconnaître une chose au passage : l'Occident "blanc" a une responsabilité énorme au niveau des tentatives de génocides culturels qu'il a réalisées durant ses périodes coloniales.

Ce qui est aussi incroyable c'est que certains peuples persécutés, martyrisés, déportés, "génocidés physiquement" depuis les plus lointaines époques jusqu'à nos jours continuent malgré tout d'exister en gardant complètes leur identité d'origine et en la défendant ardemment : c'est l'histoire du peuple juif, tout simplement.

Quand on voit le nombre de peuples qui vivaient à l'époque biblique dans la région de l'actuelle Palestine et qui ont tous disparu depuis longtemps pour de multiples raisons (dont une, à savoir qu'ils auraient fusionné avec d'autres) mais qu'on examine en parallèle l'histoire du peuple hébreu depuis ses origines jusqu'à nos jours, on peut se demander comment il a pu survivre à tout ce qu'il a subi depuis toujours et comment il a pu garder une identité intacte : en fait, il n'a jamais voulu s'assimiler, c'est ce qui a fait sa force mais qui lui a aussi valu toutes les persécutions dont il a fait l'objet.

Même si c'est à une toute autre échelle, même si c'est en une tout autre proportion et une toute autre durée historique, ce qui est désastreux c'est qu'aujourd'hui, des Israéliens sans mémoire reproduisent en Palestine ce qu'ils ont eux mêmes subi durant des siècles.

Ils disent que "les gazaouis sont des animaux" sans se rendre compte une seule seconde que ce sont eux qui les ont réduits à cet état. De la même manière, les nazis considéraient les juifs qu'ils envoyaient à l'abattoir comme des "sous-hommes" après les avoir traités comme des animaux.

Le génocide culturel ce n'est pas seulement quand on essaie de détruire physiquement un homme, c'est aussi quand on essaie de lui ôter toute dignité, tout respect de lui même et quand on veut le transformer en déchet humain vivant.

C'est exactement ce que fait Israël à Gaza et en Cisjordanie. Et c'est un crime odieux. Les Israéliens devraient être les mieux placés au monde pour prendre la mesure de ce qu'ils ont en train de faire en Palestine. Mais, apparemment, ils en ont perdu toute conscience en grande majorité.

Seuls, des Juifs de la diaspora, remettent les choses en perspective et dénoncent les crimes de l'actuelle bande de scélérats fanatiques sans mémoire qui sont actuellement au pouvoir en Israël.
Avatar du membre
Corvo
Rang Tisiphonesque
Rang Tisiphonesque
Messages : 34167
Enregistré le : 31 décembre 2018 07:01
A Liké : 11 fois
A été liké : 20 fois

Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par Corvo »

Hélas...

Gaza n’a pas disparu : nous avons simplement cessé de regarder.

À Gaza, les civils continuent de mourir tandis que le monde détourne peu à peu le regard. À force de chiffres, d’images et de communiqués, l’horreur devient presque ordinaire. Pourtant, aucune guerre ne devrait rendre acceptable la mort d’enfants, de familles et de populations prises au piège.

Il existe une forme particulière de violence dont on parle peu : celle de l’habitude.

Au début, les images nous arrêtent. Un immeuble éventré. Un père portant le corps de son enfant. Une mère qui cherche un prénom dans une liste. Un hôpital frappé. Une école transformée en refuge. Nous regardons, nous sommes bouleversés, nous jurons que cela ne peut pas devenir normal.

Puis les semaines passent. Les mois passent. Les années passent.

Et l’insupportable devient une information parmi d’autres.

Gaza n’a pourtant pas disparu.

En août 2026, les Nations unies décrivent encore une situation humanitaire critique dans la bande de Gaza. Des frappes aériennes, des tirs et des bombardements continuent d’être rapportés. Presque toute une population de 2,1 millions de personnes se retrouve concentrée sur moins de la moitié du territoire, dans des conditions de surpopulation extrême. Selon l’ONU, environ 82 % des structures de Gaza ont été endommagées et plus de 134 000 sont considérées comme détruites.

Mais quelque chose a changé.

Ce ne sont pas nécessairement les bombes.

C’est notre capacité à les entendre.

Nous parlons moins de Gaza. Les unes changent. Les notifications disparaissent. D’autres crises surgissent. L’actualité exige sans cesse une nouvelle indignation et laisse derrière elle des tragédies qui, elles, ne se terminent pas parce que nous avons cessé de les regarder.

La souffrance, pourtant, ne connaît pas la fatigue médiatique.

Un enfant qui perd sa mère aujourd’hui ne souffre pas moins parce que le conflit dure depuis longtemps. Une famille qui voit sa maison détruite ne ressent pas moins la violence parce que nous avons déjà vu mille fois des images semblables.

Et surtout, un civil ne devient pas un combattant simplement parce qu’il vit sur un territoire en guerre.

C’est peut-être cela qu’il faut rappeler avec obstination.

La guerre n’abolit pas l’humanité.

Elle ne suspend pas davantage le droit.

Le droit international humanitaire repose notamment sur une règle essentielle : distinguer les combattants des civils. Les civils ne peuvent pas être directement pris pour cible, et les parties à un conflit doivent prendre les précautions possibles pour limiter les pertes civiles. Ce principe ne dépend ni de la sympathie que l’on éprouve pour un peuple, ni du camp politique auquel on appartient.

Reconnaître cela ne revient pas à nier le 7 octobre 2023.

Les meurtres de civils israéliens, les enlèvements et les atrocités commises ce jour-là ne peuvent être effacés, minimisés ou justifiés.

Mais condamner le 7 octobre ne peut pas signifier accepter que la protection des civils palestiniens devienne facultative.

La douleur d’un peuple ne donne pas le droit d’oublier l’humanité d’un autre.

C’est précisément lorsque nous avons une raison de haïr que le droit devient indispensable. C’est précisément lorsque la guerre commence que les limites imposées à la guerre prennent tout leur sens.

À Gaza, pourtant, les enfants continuent de mourir.

Le 6 août 2026, l’UNICEF indiquait qu’au moins 300 enfants avaient été tués au cours des 300 jours ayant suivi l’annonce du cessez-le-feu d’octobre 2025. Un enfant par jour, en moyenne, pendant une période censée précisément marquer la diminution des hostilités. Des centaines d’autres ont été blessés.

Arrêtons-nous un instant sur ce chiffre.

Un enfant par jour.

Pas une statistique.

Un enfant.


Quelqu’un qui avait une voix. Une peur. Une façon particulière de rire. Peut-être un cartable qui existe encore quelque part. Peut-être un jouet sous les décombres. Peut-être une mère qui continue instinctivement à préparer une place pour lui avant de se souvenir qu’il ne reviendra pas.

Nous avons créé un vocabulaire capable de rendre tout cela supportable.

Dommages collatéraux.

Opérations.

Objectifs.

Frappes.

Zones.

Bilans.

Mais derrière chaque mot administratif se trouve un corps humain.

Derrière chaque nombre, une histoire qui ne continuera pas.

Et derrière chaque enfant tué se trouve une question que nous devrions être incapables d’éviter : à quel moment avons-nous décidé que certaines morts étaient le prix normal de la guerre ?

Même le mot « cessez-le-feu » semble aujourd’hui avoir perdu une partie de son sens.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, dont les données sont relayées par OCHA, 1 254 Palestiniens avaient encore été tués entre l’annonce du cessez-le-feu du 10 octobre 2025 et le 5 août 2026. Rien qu’en juillet 2026, plus de 150 morts ont été rapportés, dont des dizaines de civils.

Pendant ce temps, environ trois quarts de la population dépend toujours de livraisons d’eau potable par camion. Les structures médicales continuent de fonctionner dans des conditions extrêmement difficiles. Les familles vivent au milieu des bâtiments détruits, des déchets et des munitions non explosées.

Voilà ce que signifie Gaza aujourd’hui.

Pas seulement un conflit géopolitique.

Des gens qui cherchent de l’eau.

Des médecins qui essaient de soigner.

Des parents qui calculent où leurs enfants risquent le moins de mourir.

Des enfants qui devraient apprendre à lire et qui apprennent à reconnaître les objets explosifs abandonnés au sol.

Nous pouvons débattre pendant des heures de stratégie militaire, de frontières, de terrorisme, de sécurité, de responsabilité historique, de diplomatie et de rapports de force.

Ces débats sont nécessaires.

Mais ils deviennent obscènes lorsqu’ils servent à faire disparaître l’être humain.

Car il existe une frontière morale plus ancienne encore que toutes les frontières territoriales : celle qui sépare le combattant de l’enfant.

Et cette frontière doit rester infranchissable.

Je refuse donc cette idée selon laquelle parler des civils palestiniens reviendrait à choisir un camp.

Choisir les civils n’est pas choisir un camp.

Demander qu’un enfant israélien puisse grandir sans craindre d’être assassiné ou enlevé et demander qu’un enfant palestinien puisse grandir sans craindre d’être enseveli sous sa maison ne sont pas deux convictions contradictoires.

C’est la même conviction.

Celle selon laquelle une vie humaine n’acquiert pas sa valeur en fonction du passeport qu’elle porte.

Nous devons également nous méfier du silence.

Pas seulement du silence des gouvernements.

Du nôtre.

Celui qui apparaît lorsque nous faisons défiler une image de Gaza sans même nous arrêter.

Celui qui naît lorsque nous pensons : encore.

Encore des morts.

Encore des bombardements.

Encore Gaza.

Ce « encore » est peut-être l’une des victoires les plus terribles de la guerre.

Parce qu’à partir du moment où la répétition anesthésie notre conscience, tout devient possible.

Une société ne perd pas son humanité uniquement lorsqu’elle commet des atrocités.

Elle commence aussi à la perdre lorsqu’elle apprend à vivre tranquillement pendant qu’elles se déroulent.

Je ne veux pas m’habituer.

Je ne veux pas qu’un enfant mort devienne une ligne supplémentaire dans un bilan que personne ne lit jusqu’au bout.

Je ne veux pas que nous inventions des catégories d’êtres humains dont la mort provoquerait moins d’émotion parce qu’elle serait devenue prévisible.

Je ne veux pas que le mot guerre devienne une autorisation morale illimitée.

La guerre existe.

Le terrorisme existe.

La peur existe.

La nécessité pour les États de protéger leurs populations existe.

Mais aucune de ces réalités ne peut supprimer une autre réalité fondamentale : un civil reste un civil. Un enfant reste un enfant.

Il n’existe aucune victoire qui puisse rendre acceptable l’effacement de cette évidence.

Alors il faut continuer à parler de Gaza.

Pas contre Israël.

Pas pour le Hamas.

Pour les êtres humains.

Pour ceux qui ne possèdent aucun missile, aucun uniforme, aucune salle de négociation, aucun siège aux Nations unies.

Pour ceux dont la seule ambition est parfois devenue extraordinairement simple : survivre jusqu’au lendemain.

Le monde ne manque pas d’informations sur Gaza.

Il risque quelque chose de plus grave : manquer d’attention.


Et lorsque nous cessons de regarder suffisamment longtemps, nous finissons par croire que ce que nous ne voyons plus n’existe plus.

Gaza existe.

Ses enfants existent.

Ses morts ont existé.

Ses survivants existent encore.

Et tant que des populations civiles continueront de payer le prix des décisions des hommes armés, nous aurons le devoir de prononcer leurs noms, de raconter ce qu’elles vivent et de rappeler cette vérité élémentaire :

la guerre peut expliquer la violence. Elle ne doit jamais nous apprendre à l’accepter.

https://blogs.mediapart.fr/sirine-gaoua ... e-regarder
Avatar du membre
mic43121
Rang Tisiphonesque
Rang Tisiphonesque
Messages : 37281
Enregistré le : 23 mars 2016 19:42
A Liké : 13 fois
A été liké : 11 fois

Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par mic43121 »

Ce sont NOS incendies qui ont fait passer Gaza au second plan ..
ça s'en va et ça revient....
Mais je suis tout a fait d'accord avec ces VÉRITÉS...
:super:
La tolérance c'est quand on connait des cons- et qu'on ne dit pas les noms
Once
Posteur DIVIN
Posteur DIVIN
Messages : 12045
Enregistré le : 02 novembre 2020 08:46
A Liké : 2 fois
A été liké : 41 fois

Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par Once »

Ce qui m'interroge, moi, c'est la capacité qu'on peut avoir à oublier les choses, ou à détourner le regard. Autre chose aussi : la lassitude face aux tragédies qui se répètent et l'envie de passer à autre chose...

Ce n'est pas si vieux et je m'en souviens bien : quand Poutine a lancé son offensive en Ukraine en février 2022, un membre de ce forum retraçait jour après jour, les horreurs de cette agression. Et l'on suivait jour après jour tous ses posts franchement bien informés et fournis.

Aujourd'hui, 4 ans plus tard, Poutine continue de bombarder les villes ukrainiennes chaque jour, chaque nuit en faisant des morts et des blessés parmi les blessés. Chaque jour, chaque nuit.

Or, l' on peut avoir l'impression que tout le monde s'en fout en étant passé à autre chose (et Dieu sait que les sujets ne manquent pas !) En tout cas, la mobilisation des premiers mois sur l'Ukraine semble être retombée. Je n'accuse personne, je me mets dans le lot d'ailleurs et je ne fais que constater.

Il y a donc bien une lassitude , normale et humaine, qui peut expliquer tout ça. Il peut y avoir aussi une "banalité du mal" comme le disait Hannah Arendt.

Image

Elle a inventé ce concept de "banalité du mal" en observatrice du procès Eichmann : https://fr.wikipedia.org/wiki/Banalit%C3%A9_du_mal

Oui mais, une chose : les tortionnaires, eux, les Poutine et les Netanyaou, n'oublient rien et travaillent sur le long terme. Ils comptent justement sur notre fatigue et notre lassitude pour poursuivre leurs basses œuvres loin des projecteurs.

Et c'est ça qui est terrible : quand on continue de perpétrer des crimes contre l'humanité loin des caméras et dans un quasi silence international.

Mais les victimes, elles, savent et subissent. Et le plus terrible c'est quand l'oppresseur et le vainqueur leur ôte toute possibilité de raconter leur propre histoire en la remplaçant par une seule version officielle = la sienne, comme si elle était unique.
papibilou
Dieu D'Interaldys
Dieu D'Interaldys
Messages : 22810
Enregistré le : 25 août 2020 20:42
A Liké : 136 fois
A été liké : 41 fois

Re: #2 : Sujet général : Guerre à Gaza

Message par papibilou »

Une particularité des hommes est leur faculté d'adaptation. Lorsque l’on a enlevé aux juifs un droit, ils s’y sont accoutumés. Puis un autre, et ils s’y sont accoutumés, et ainsi de suite. Jusqu'à ce qu’on les envoie dans les camps.
Répondre

Retourner vers « DISCUSSIONS POLITIQUE - ACTUALITÉ - DÉBATS »