
"Eglise en péril: Un état du patrimoine religieux, entre souffrances et renaissances."
"Outre le dépérissement causé par le temps et les défauts d’entretien, les églises de France affrontèrent les invasions vikings et sarrasines, la guerre de Cent Ans, les guerres de Religion et les dépressions économiques des XIVe et XVe siècles. Elles furent fermées ou démolies pendant la Révolution. Mais à ces cycles dévastateurs répondent des floraisons, comme celles du XIe au XIIIe siècle, de la Renaissance, puis celle du catholicisme tridentin et, enfin, celle de la renaissance mystique du XIXe et du premier XXe siècles, à qui nous devons la majorité de nos édifices de culte.
Mais c’est aussi au début du XXe siècle que la question de la ruine possible ou réelle des églises est devenue politique.
Maurice Barrès publia en 1910 le texte des discours qu’il prononça en 1906 à l’Assemblée nationale pour s’insurger contre les risques d’un dépérissement des églises dans le contexte de la loi de 1905 si des mairies anticléricales avaient procédé à des démolitions ou cessé d’assurer l’entretien. Le titre qu’il adopta est révélateur : La grande pitié des églises de France.
Patrimoine hérité, enjeux actuels.
Depuis 1790, la majorité des édifices de culte est devenue propriété publique, celle des communes pour les paroissiales et de l’État pour les cathédrales. (...)
Seuls les édifices construits après 1905 et la fin du régime concordataire appartiennent aux associations cultuelles — les associations diocésaines, pour les catholiques — qui les ont bâtis, soit un total d’environ 1 951, sur les 42 258 églises paroissiales existantes.
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Le fait que l’église soit classée ou non au titre des monuments historiques peut être déterminant. Or, la majorité des édifices de culte en France datent du XIXe siècle, période n’ayant pas bénéficié de campagnes de classement ou d’inscription systématiques.
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Ceci étant dit, les restaurations coûtent cher !

En attendant, la situation est particulièrement préoccupante dans les régions où les communes possèdent plusieurs édifices de culte, souvent du XIXe siècle, non classées. C’est le cas en Anjou, où on constate des situations particulièrement inquiétantes,
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Depuis 1905, 2 190 églises environ ont été démolies en France, mais la plupart d’entre elles ont été reconstruites. Seules 255 ont été vendues ou démolies sans reconstruction d’un édifice de culte, d’après le document publié en 2016 par la Conférence des évêques de France.
Toutefois, le mouvement de démolition et de désaffectation semble s’accélérer ces dernières années.

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Oui, donc, reposons- nous la question : les Français seraient ils devenus athées ?
