Les employés du monument se sont mobilisés ce lundi pour dénoncer l’éviction de leurs collègues femmes le samedi 5 septembre. Ils reprochent à leur direction d’avoir accepté la demande du groupe religieux hindou.
La Tour Eiffel était fermée ce lundi pour «raisons opérationnelles». Or selon des informations du Parisien et de BFM TV, il s’agirait d’un mouvement de colère initié par le personnel du monument après des incidents survenus le 5 septembre. Ce samedi-là marquait le terme de treize jours de célébrations, organisées dans le cadre de l’inauguration du plus grand temple hindoue en Europe, à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne).
En marge de la liesse populaire, une délégation religieuse hindoue, la BAPS (Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha), à l’origine des festivités, a demandé une visite privée de la Tour Eiffel. Avec une condition exigée auprès de la Société d’exploitation de la tour Eiffel, selon le Parisien : le fait que le personnel féminin du monument devait être «mis de côté». «La direction a appliqué expressément cette mesure et la délégation en question est montée au 3e étage de la Tour avec uniquement du personnel masculin», accuse un salarié cité par le Parisien.
La Société d’exploitation de la tour Eiffel a indiqué que la délégation hindoue avait demandé que la visite soit organisée en limitant les «interactions avec les femmes» et reconnu que «ces conditions n’auraient pas dû être acceptées».
«On ne cache pas les femmes»
Plusieurs responsables politiques ont réagi à cette éviction contrainte. Valérie Pécresse, présidente de la région Ile de France, s’est dite «choquée d’apprendre que lors d’une visite de la Tour Eiffel organisée par Atout France, une délégation hindoue comprenant des religieux a demandé d’écarter de leur parcours les employées femmes». La responsable de droite «a personnellement informé les représentants du BAPS en France que de telles pratiques étaient contraires aux lois de la République».
De son côté, le député Michel Barnier, dont la circonscription englobe la Tour Eiffel, a estimé «proprement inacceptable qu’une consigne visant à faire disparaître les femmes de cet espace ait pu être donnée», dans un post publié sur X. L’ex-Premier ministre d’Emmanuel Macron a encore écrit : «En France, ce ne sont pas des pratiques venues d’ailleurs qui dictent aux femmes comment s’habiller ou exister dans l’espace public. On ne cache pas les femmes. On ne les efface pas. On les respecte et on défend leur liberté», tout en précisant demander «des explications à la Société d’exploitation de la Tour Eiffel».
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