Mesoke a écrit : 22 septembre 2026 14:02
jeandu53 a écrit : 22 septembre 2026 08:34
Mais où voyez-vous des "des politiques néolibérales mal branlées qui ont sabré dans ces prélèvements obligatoires sans prévoir d'équilibrer le manque à gagner" ? Oui, en cherchant bien, on peut trouver deux ou trois suppressions d'impôts (taxe d'habitation, ISF...) qui n'ont pas vraiment été financées. Mais ces mesures n'empêchent pas la France d'avoir le record du monde des prélèvements obligatoires (parce que d'autres impôts ont par ailleurs augmenté).
Donc malgré deux ou trois mesures par-ci par-là, les entreprises et les ménages dans notre pays payent toujours autant d'impôts et de cotisations. Et ça ne suffit pas car les dépenses sociales augmentent plus vite.
Et contrairement à ce que vous dites, la croissance chez nous est plus faible qu'ailleurs :
J'ai déjà expliqué les coupes dans les prélèvements obligatoires, notamment l'exonération des cotisations sociales pour les bas salaires. Rien que l'argent annuel de cette exonération nous fait passer de "très largement dans les clous de la règle de Maastricht avec encore plein de marge budgétaire" à "énorme déficit public".
Pour la énième fois on se contrefout du record du monde de prélèvements obligatoires, c'est vraiment ne rien piper au sujet que sortir en boucle ce pseudo-argument. Les prélèvements obligatoires ne tombent pas dans des oubliettes, ils servent à financer des services publics qui seraient payant s'ils n'étaient pas publics. Si tu baisses les prélèvements obligatoires alors tu dois baisser ce qu'ils financent, donc les français auront moins de services publics, donc ils devront compenser en payant (plus cher) des services privés. S'il en ont les moyens ils paieront donc toujours pour avoir le même genre de services, et s'ils n'en ont pas les moyens ils auront moins de services. Seuls les plus aisés s'en sortiraient avec plus de sous pour eux une fois leurs services privés VIP payés.
Quant à ton histoire de PIB tu essayes de nos enfumer puisque plus haut tu parles de PIB / habitant, pas de PIB, qu'on parlait de la période après la crise de 1973, pas de la période 2008-2018, surtout que cette dernière commence en plein crise financière, que sur ta carte on voit bien que, contrairement à ce que tu affirmes la France ne décroche pas puisque plein d'autres pays équivalent à la France y ont une croissance plus faible, etc.
Non, on ne peut pas passer sous silence le record du monde des prélèvements obligatoires. C'est, au contraire, le cœur du sujet, celui qui explique nos déficits et le manque de dynamisme de notre économie.
Vous dites que "les prélèvements obligatoires ne tombent pas dans des oubliettes, ils servent à financer des services publics qui seraient payant s'ils n'étaient pas publics". Je n'en disconviens absolument pas. Mais il y a un juste milieu à trouver. Car les cotisations sociales trop élevées renchérissent le coût du travail (donc pénalisent nos entreprises face à la concurrence internationale), affectent la rémunération du travail (donc finissent par dissuader beaucoup de gens de bosser), et parce que, de façon plus générale, une fiscalité jugée trop confiscatoire peut inciter les riches contribuables et investisseurs à s'exiler (auquel cas ils n'investiront plus ni ne paieront plus d'impôts en France).
Je vais donner un exemple un peu caricatural. Imaginons qu'on décide de doubler toutes les pensions de retraites, et que, pour financer cette mesure, on augmente les cotisations par deux. On peut tout à fait imaginer qu'une telle mesure va pénaliser nos entreprises (dont les coûts de production vont exploser, et qui risquent de devoir licencier) et les travailleurs (dont la rémunération nette va diminuer), pour le plus grand bonheur des retraités : il y va y avoir un transfert de richesses, depuis les forces vives de la nation vers des inactifs, et forcément, ça affectera le dynamisme de notre économie, malgré le fait que "les prélèvements obligatoires ne tombent pas dans des oubliettes, ils servent à financer des services publics qui seraient payant s'ils n'étaient pas publics".
Donc je ne conteste pas le principe d'une protection sociale publique, je constate qu'une fiscalité trop lourde pour financer une protection sociale trop lourde affecte forcément le dynamisme de notre économie, et retire à l’État les marges de manœuvres budgétaires dont il aurait besoin pour financer d'autres mesures.