Budget 2027 : faire payer les retraités, une mesure qui pourrait rapporter bien moins que prévu
DÉCRYPTAGE - La désindexation des pensions pourrait peser lourdement sur les ménages les plus modestes, a calculé l’Institut des politiques publiques.
Ils ne savent pas encore à quelle sauce ils vont être mangés mais une chose est sûre : les retraités seront mis à contribution. En amont de la présentation du budget prévue ce jeudi 1er octobre, Sébastien Lecornu a confirmé dans nos colonnes que les Français à la retraite devront participer à l’effort l’an prochain, mais le premier ministre n’a pas tranché entre les deux méthodes mises sur la table : la désindexation d’une partie des pensions ou la suppression de l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités. Une note de l’Institut des politiques publiques (IPP) publiée ce lundi chiffre les rendements de ces mesures et leurs conséquences socio-économiques.
https://www.lefigaro.fr/social/budget-2 ... u-20260928
Désindexer les pensions rapporte beaucoup sur le papier, mais nettement moins en réalité, surtout si les petites retraites sont protégées.
Supprimer l’abattement de 10 % est la mesure la plus rentable et la plus progressive, mais elle touche les aides sociales.
Les retraités modestes seraient les plus pénalisés par la désindexation.
Les deux mesures freinent l’économie, selon le COR.
La désindexation totale : rendement brut élevé mais rendement net plus faible
Gain brut : 6,6 milliards € si toutes les pensions sont gelées.
Mais baisse des pensions = baisse des recettes fiscales et sociales = hausse de certaines aides.
Gain net : 5,2 milliards €.
Si les petites retraites sont protégées, le rendement s’effondre
Désindexation > 3 000 € : seulement 1,2 milliard €.
Désindexation > 2 000 € : 2,8 milliards €. = Car 92 % des retraités touchent moins de 3 000 € bruts.
La suppression de l’abattement de 10 % : rendement le plus élevé
Gain estimé : 5,4 milliards €.
Mesure progressive : les retraités modestes sont moins imposables = moins touchés.
Effet secondaire : baisse des aides au logement pour les plus modestes.
La désindexation est anti‑redistributive
Selon l’IPP :
Les pertes relatives sont plus fortes pour les retraités modestes (0,8 à 1,5 %).
Elles diminuent pour les plus aisés (≈ 0,4 %). = Car les ménages aisés ont d’autres revenus (complémentaires, rentes…).
Les deux mesures sont récessives selon le COR.
Moins de pouvoir d’achat = baisse de consommation.
Impact macro : –0,1 point d’activité, –10 000 emplois à court terme.