« Invention réactionnaire » pour les socialistes et autres soi-disant « progressistes », « idéologie postmoderne » pour Michel Onfray, la théorie du genre suscite des réactions passionnées. On l’a vu notamment lors de la mise en place en France des ABCD de l’égalité. Mais de quoi s’agit-il ? Comment interpréter ce discours, qui veut déconstruire le féminin et le masculin ? Pourquoi la France, longtemps rétive, a-t-elle fini par y succomber ? Qu’est-ce qu’une éducation asexuée ? L’hétérosexualité serait-elle « notre dernière aliénation » ? Dans un essai à paraître la semaine prochaine la philosophe Bérénice Levet dissèque ce qui est selon elle un nouveau puritanisme, le « dernier avatar de la haine d’Éros ». Tout en dénonçant le mépris dont font l’objet les anti-genre, elle considère qu’invoquer l’ordre de la nature ou de la création est un peu court, selon elle. La philosophie qu’elle oppose au genre n’emprunte pas à Dieu ni aux sciences. « La différence des sexes ne rend pas seulement possible la filiation, la génération, écrit-elle, elle produit entre ces deux êtres tellement semblables et tellement différents une aimantation vertigineuse, un appel des sens que rien n’apaise et qui a sa fin en soi. » Bref, face à une élite intellectuelle qui se gargarise de « différences » à valoriser et pourtant en vient à nier celle de leurs corps, Bérénice Levet livre un vibrant hymne à l’altérité fondatrice.
Extraits de La théorie du genre ou le monde rêvé des anges (Grasset)
« Les corps perçus comme des objets quelconques
La formule a de quoi surprendre. Les partisans du genre se présentent au contraire comme les pourfendeurs d’un rigorisme moral dont nous resterions tributaires et qui expliquerait notre attitude critique à leur endroit. Mais le corset moral aujourd’hui, ce ne sont pas les chrétiens et autres esprits prétendument étriqués, crispés, bref réactionnaires, qui en resserrent toujours plus les fils, ce sont les idéologies les plus progressistes, celles qui, en dépit du XXe siècle, continuent de croire en une fin de l’Histoire, en un monde réconcilié, délivré des ténèbres, des ombres, des aspérités de la condition humaine. Et qui, en vertu de cette loi de l’Histoire dont ils seraient les confidents, refaçonnent l’humanité. Nous n’avons plus guère besoin de la religion pour prôner l’abstinence, la continence, prêcher l’ascétisme le plus strict. Les penseurs du genre s’en chargent très bien.
Ainsi de la philosophe Beatriz Preciado, représentante radicale du queer, considérée toutefois comme suffisamment représentative d’un mouvement de fond pour que le quotidien Libération lui ouvre une fois par mois ses colonnes. En 2000, elle publie « Manifeste contra-sexuel », dans lequel elle s’enquiert des moyens de donner un congé définitif à l’hétérosexualité. Il ne suffit pas, pour ce faire, de devenir lesbienne, l’hétérosexualité ne sera morte et enterrée que lorsque le sexe de la femme se fermera définitivement à toute pénétration. Au couple vagin/pénis la philosophe substitue ainsi le couple anus/godemiché. Beatriz Preciado est de nouveau intervenue en ce sens à la faveur des manifestations de protestation contre le projet de loi antiavortement du gouvernement espagnol, sommant les femmes de parachever le processus de « décolonisation de l’utérus » amorcée par le féminisme des années 70, en déclarant la « grève de l’utérus » non pas temporairement, comme moyen d’action, de pression sur les hommes, ainsi qu’on le voit chez Aristophane, mais originellement, et à défaut définitivement : « Depuis cette modeste tribune, écrit-elle dans le journal Libération du 17 janvier 2014, j’invite tous les corps à faire la grève de l’utérus. Affirmons-nous en tant que citoyens entiers et non plus comme utérus reproductifs. Par l’abstinence et par l’homosexualité, mais aussi par la masturbation, la sodomie, le fétichisme, la coprophagie, la zoophilie... et l’avortement. Ne laissons pas pénétrer dans nos vagins une seule goutte de sperme national catholique. »
L’idéal, en somme, pour le genre, serait de n’avoir pas de sexe. Qu’est-il sinon un vil attribut qui nous condamne à une identité sexuée, un appendice au mieux inutile, au pis complice, en tant qu’instrument de la reproduction de l’ordre hétérosexué ou encore, comme on pouvait le lire dans un article du Monde qui se faisait le porte-voix des artistes queer, un « organe dont on pourrait se passer pour vivre ou cesser d’utiliser durant des années » ?
À défaut d’être asexué, reste la possibilité d’ignorer ce sexe, de nier la condition humaine comme condition sexuée. On ne passe plus d’un sexe à un autre, nous expliquent les apôtres du genre, on passe d’une personne à une autre. « On tolère mieux l’idée qu’un individu puisse être attiré par une personnalité et que l’organe sexuel importe peu. On commence à se soustraire à l’impératif du genre », se félicite le sexologue Damien Mascret. Autrement dit, il n’y a plus, il ne devrait plus y avoir d’essence particulière du corps féminin ou masculin, les corps devraient être perçus comme des objets quelconques, hors de toute physionomie sexuelle.
On naît femme et on le devient
La nature a par trop souvent servi de prétexte à la relégation des femmes pour ne pas s’en méfier, mais cette méfiance, légitime, doit-elle nous conduire à une négation de la nature ? À cet égard, Merleau-Ponty nous est une ressource particulièrement précieuse, comme Hannah Arendt ou Albert Camus pourraient l’être. Instruits par la logique totalitaire, ces penseurs ont vu avec anxiété l’être humain appréhendé comme un strict matériau, une simple cire à modeler, et, sans en rien rabattre sur la liberté, ont su articuler celle-ci à quelque chose qui serait donné à l’homme — par qui, peu importe, cadeau venu de nulle part, disait Hannah Arendt.
Où commence, où finit la nature ? À la différence du genre, Merleau-Ponty, lui, ne tranche pas, il n’est pas plus instruit que quiconque de la frontière qui sépare la nature de la culture, le donné du construit, mais ce qu’il sait en revanche, c’est que nier par principe la nature, c’est sombrer dans une funeste abstraction : « Une ontologie qui passe sous silence la Nature s’enferme dans l’incorporel et donne, pour cette raison même, une image fantastique de l’homme, de l’esprit et de l’histoire », écrit-il en 1952. Bref, elle les dépossède de leur dimension charnelle, de leur incarnation. De cette abstraction un documentaire intitulé « Il, elle, hen », consacré à la crèche Egalia de Stockholm — cette crèche que nos politiques aiment à gratifier d’une visite, avides d’y puiser leur inspiration, à l’instar du conseiller du maire de Paris d’alors, Bertrand Delanoë, qui figurait dans le reportage —, donnait un remarquable exemple : on y voyait une petite fille dessinant « elle », puis « il », mais trébuchant sur la représentation de « hen »... À quoi peut bien ressembler cet universel neutre seul en vigueur dans cet établissement d’où sont bannis les pronoms masculin et féminin ? semble se demander légitimement l’enfant. Un pas de plus, ou le pas ultime, vers l’abstraction.
Naître, c’est nécessairement s’incarner dans l’un ou l’autre sexe. Nous avons un corps, mieux, nous sommes un corps. Nous naissons dans un corps que nous ne choisissons pas, que personne, au demeurant, n’a choisi et qui nous commande autant que nous lui commandons. « Le concept de Nature, écrit Merleau-Ponty, qui, de façon tout à fait intempestive, consacre à cette notion ses trois dernières années de cours au Collège de France, n’évoque pas seulement le résidu de ce qui n’a pas été construit par moi, mais une productivité qui n’est pas nôtre, bien que nous puissions l’utiliser, c’est-à-dire une productivité originale qui continue sous les créations artificielles de l’homme. »« Est Nature, professe encore le philosophe, ce qui a un sens, sans que ce sens soit posé par la pensée. Est Nature le primordial, c’est-à-dire le non-construit, le non-institué. La Nature est notre sol, non pas ce qui est devant mais ce qui nous porte. » L’ordre sexué de la société a ainsi un étayage dans la nature, qui est un principe de limitation. Tout n’est pas possible précisément parce que tout n’est pas historique. »
Plus tôt, la philosophe Bérénice Levet avait dénoncé dans les colonnes du Figaro le gouvernement qui en menant « la chasse aux stéréotypes » joue aux apprentis sorciers et « entraîne l’école dans l’ingénierie sociale »
[...]
Le Figaro — Avant tout, quelle définition donnez-vous de la théorie du genre ?
Bérénice Level — Pour les tenants de cette théorie, l’identité sexuelle est, de part en part, construite. Selon eux, il n’y a pas de continuité entre le donné biologique notre sexe de naissance — et notre devenir d’homme ou de femme. C’est, poussé à l’extrême, la formule de Simone de Beauvoir dans Le Deuxième sexe « On ne naît pas femme, on le devient ». Et les théoriciens du genre poursuivent : à partir du moment où tout est « construit », tout peut être déconstruit.
— Quels sont les exemples de l’application de cette théorie à l’école ?
— Prenons les « ABCD de l’égalité », qui sont des parcours proposés aux élèves et accompagnés de fiches pédagogiques pour les enseignants. Ils sont supposés servir à enseigner l’égalité hommes-femmes. Qu’en est-il ? Dans une fiche, intitulée « Dentelles, rubans, velours et broderies », on montre un tableau représentant Louis XIV enfant qui porte une robe richement ornée et des rubans rouges dans les cheveux. L’objectif affiché ? Faire prendre conscience aux élèves de l’historicité des codes auxquels ils se soumettent et gagner de la latitude par rapport à ceux que la société leur impose aujourd’hui...
— N’est-ce pas une simple façon de montrer que la façon de s’habiller a évolué au fil du temps ?
— Non, l’objectif est bien d’« émanciper » l’enfant de tous les codes. Ce qui aboutit à l’abandonner à un ensemble de « possibles », comme s’il n’appartenait à aucune histoire, comme si les adultes n’avaient rien à lui transmettre. Or, il est faux de dire qu’on « formate » un enfant, on ne fait que l’introduire dans un monde qui est plus vieux que lui. Kierkegaard parle d’un « désespoir des possibles » qui ne se transforme jamais en nécessité.
— Quels autres exemples vous semblent condamnables ?
— Le film TomBoy, « garçon manqué » en français, de la réalisatrice Céline Sciamma, a été montré l’an dernier à 12.500 élèves parisiens, de la dernière année de maternelle au CM2 [3e année du primaire]. Quel est le propos du film ? Une petite fille, Laure, se fait passer pour un garçon auprès des enfants avec qui elle joue et se fait appeler Michaël. Qu’est — il écrit dans le dossier pédagogique ? « Laure semble pouvoir aller au bout de la possibilité Michaël »... On n’est plus dans le simple apprentissage de la tolérance.
— Le danger n’est-il pas surtout d’imposer à l’école un fatras mal assimilé des études de genre qui sont un champ de la recherche universitaire ? Le gouvernement joue-t-il aux apprentis sorciers ?
— Sans scrupules, l’école est entraînée dans une politique d’ingénierie sociale. Tout en se donnant bonne conscience, le gouvernement encourage un brouillage très inquiétant. Savons-nous bien ce que nous sommes en train de faire ? À l’âge de l’école primaire, les enfants ont besoin de s’identifier, et non pas de se désidentifier. À ne plus vouloir d’une éducation sexuée, on abandonne nos enfants aux stéréotypes les plus kitsch des dessins animés.
— N’est-ce pas pour autant utile d’affirmer l’égalité des sexes dès le plus jeune âge ?
— Il faudrait surtout en finir avec cette mise en accusation systématique du passé. Notre civilisation occidentale, et spécialement française, n’est pas réductible à une histoire faite de domination et de misogynie. Sur la différence des sexes, la France a su composer une partition singulière, irréductible à des rapports de forces. L’apparition d’une culture musulmane change-t-elle la donne ? Elle nous confronte en tout cas à une culture qui n’a pas le même héritage en matière d’égalité des sexes. Ce qui me paraît dangereux dans cett « chasse aux stéréotypes » est le risque de balayer d’un revers de main tout notre héritage culturel. Dans un tel contexte, quelle œuvre littéraire, artistique ou cinématographique ne tombera pas sous le coup de l’accusation de « sexisme » ?
— Selon vous, sous couvert de lutter contre les stéréotypes, on peut bouleverser en profondeur la société ?
Il existe une volonté de transformer la société, de sortir de toute normativité pour aboutir à un relativisme complet. Le gouvernement (socialiste français) est en pointe sur ce combat. On l’a vu lors du débat sur le Mariage pour tous. II ne devrait pas être impossible de dire que l’homosexualité est une exception et que l’hétérosexualité est la norme. [C’est de l’hétérosexisme contre lequel le gouvernement du Québec a décidé de lutter.] La théorie de l’interchangeabilité des sexes se diffuse. Or, nous avons un corps sexué qui est significatif par lui-même et qui ne compte pas pour rien clans la construction de soi.
— L’égalité hommes-femmes n’est cependant pas acquise aujourd’hui. Comment s’y prendre pour la renforcer ?
— Le principe de l’égalité est incontesté aujourd’hui. Certes, il existe encore ce fameux « plafond de verre » empêchant les femmes d’accéder aux plus hauts postes et des inégalités salariales. Mais les progrès sont inouïs. Doit-on, comme l’a fait récemment le gouvernement, imposer aux hommes de prendre un congé parental ? On en arrive à punir la famille parce qu’un homme est récalcitrant à s’arrêter de travailler ! Et puis, faut-il rappeler qu’il n’y a pas de cordon ombilical à couper entre un père et son enfant ?
— À vous entendre, les dérives que vous dénoncez risquent de ne pas se limiter à l’école.
— Je n’ai guère le goût des analogies historiques, mais, s’il existe une leçon à retenir des totalitarismes nazi et stalinien, c’est que l’homme n’est pas un simple matériau que l’on peut façonner. Avec la théorie du genre, l’enjeu est anthropologique. Montesquieu écrivait : « Dans un temps d’ignorance, on n’a aucun doute, même lorsqu’on fait les plus grands maux. Dans un temps de lumière, on tremble encore lorsqu’on fait les plus grands biens ».
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Re: théorie du genre, le nouveau puritanisme
les effets de mai 68:
on a désacralisé le corps et sanctifié l'acte sexuel (pour peu que cela réponde a cette définition).
la porte grande ouverte a tous les esprits pervers.
on a désacralisé le corps et sanctifié l'acte sexuel (pour peu que cela réponde a cette définition).
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si maupassant est devenu fou , c'est parce que il avait une conscience aigüe de la matiére , du néant et de la mort.
"extension du domaine de la lutte".michel houellbecq
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Re: théorie du genre, le nouveau puritanisme
J'en reviens souvent à la même chose, mais c'est parce que j'y suis confronté tous les jours :
Faut-il que j'explique à mon garçon qui joue avec la petite poussette de sa soeur que les poupées c'est pour les filles ? Faut-il que j'enlève l'épée que ma fille a dans les mains quand elle joue avec ses frères sous prétexte que c'est pour les garçons ? Mes enfants ont l'image d'un père qui fait du bricolage mais qui fait aussi la cuisine, le ménage et la lessive. Quelle crédibilité peut avoir à leurs yeux un discours qui veut que les travaux du foyer incombent à la femme (parce que oui, en substance, c'est ça la contestation de la "Théorie du genre", qui n'existe pas véritablement d'ailleurs) ?
Toutefois, si je n'ai aucun mal à leur inculquer que les garçons et les filles ont la même valeur (en gros), je me vois mal leur dire qu'il n'y a aucune différence. Les capacités (notamment physiques) sont différentes, mais chacun a ses forces et ses faiblesses. Et si d'expérience j'ai bien vu qu'une femme peut être pénalisée dans certains travaux de force, qu'un homme est généralement un peu moins habile de ses mains dans certains travaux de précision, la mécanisation des tâches estompe quelque peu ces différences et la majorité des métiers ou activités de loisirs est accessible de façon équivalente aux hommes ou aux femmes.
Enfin, je terminerai avec une expérience personnelle qui me fait largement douter de ce qu'on nomme "l'instinct maternel" :
Quand mon ainé est né, sa mère a eu quelques complications et n'a pas pu s'occuper de lui durant les 15 premiers jours de sa vie. Il n'a donc eu, dans cette période, que moi comme "seul" parent. Et dans les 2 années qui ont suivi, mon métier m'a permis d'être plus souvent à la maison qu'au boulot. Durant cette période, c'est dans mes bras qu'il calmait ses angoisses de bébé, il a même quelques fois cherché mon sein dans les premiers mois à l'heure de la tétée. Aujourd'hui encore, 5 ans plus tard, c'est vers moi qu'il se tourne en premier quand il a un souci ou simplement besoin d'un câlin.
Les 2 autres ont eu une histoire plus "classique" et sont plus partagés entre le papa et la maman. J'ai de fait du mal à croire à un véritable instinct maternel, mais plutôt à l'attachement à celui que le nouveau-né identifie immédiatement comme le parent nourricier et protecteur. Un peu comme une chienne qui élèverait des chatons qu'on lui confierait dès leur naissance. A partir de là, et puisque c'est un argument central du discours des "pro-genre", j'ai du mal à adhérer à cette pensée de comportements "genrés".
Faut-il que j'explique à mon garçon qui joue avec la petite poussette de sa soeur que les poupées c'est pour les filles ? Faut-il que j'enlève l'épée que ma fille a dans les mains quand elle joue avec ses frères sous prétexte que c'est pour les garçons ? Mes enfants ont l'image d'un père qui fait du bricolage mais qui fait aussi la cuisine, le ménage et la lessive. Quelle crédibilité peut avoir à leurs yeux un discours qui veut que les travaux du foyer incombent à la femme (parce que oui, en substance, c'est ça la contestation de la "Théorie du genre", qui n'existe pas véritablement d'ailleurs) ?
Toutefois, si je n'ai aucun mal à leur inculquer que les garçons et les filles ont la même valeur (en gros), je me vois mal leur dire qu'il n'y a aucune différence. Les capacités (notamment physiques) sont différentes, mais chacun a ses forces et ses faiblesses. Et si d'expérience j'ai bien vu qu'une femme peut être pénalisée dans certains travaux de force, qu'un homme est généralement un peu moins habile de ses mains dans certains travaux de précision, la mécanisation des tâches estompe quelque peu ces différences et la majorité des métiers ou activités de loisirs est accessible de façon équivalente aux hommes ou aux femmes.
Enfin, je terminerai avec une expérience personnelle qui me fait largement douter de ce qu'on nomme "l'instinct maternel" :
Quand mon ainé est né, sa mère a eu quelques complications et n'a pas pu s'occuper de lui durant les 15 premiers jours de sa vie. Il n'a donc eu, dans cette période, que moi comme "seul" parent. Et dans les 2 années qui ont suivi, mon métier m'a permis d'être plus souvent à la maison qu'au boulot. Durant cette période, c'est dans mes bras qu'il calmait ses angoisses de bébé, il a même quelques fois cherché mon sein dans les premiers mois à l'heure de la tétée. Aujourd'hui encore, 5 ans plus tard, c'est vers moi qu'il se tourne en premier quand il a un souci ou simplement besoin d'un câlin.
Les 2 autres ont eu une histoire plus "classique" et sont plus partagés entre le papa et la maman. J'ai de fait du mal à croire à un véritable instinct maternel, mais plutôt à l'attachement à celui que le nouveau-né identifie immédiatement comme le parent nourricier et protecteur. Un peu comme une chienne qui élèverait des chatons qu'on lui confierait dès leur naissance. A partir de là, et puisque c'est un argument central du discours des "pro-genre", j'ai du mal à adhérer à cette pensée de comportements "genrés".
Il n'y absolument aucun mérite à exciter les gens. Le vrai héros c'est celui qui apaise.
La laïcité n'est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l'ordre public.
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Re: théorie du genre, le nouveau puritanisme
Bien vu pour "l'instinct maternelle", comme si une femme avait encore un lien viscéral avec le gosse uniquement parce qu'elle l'a eu dans ses "tripes"
En plus de ça, l'instinct maternelle est une superbe campagne publicitaire. Qu'Est-ce qu'on en vend des conneries avec l'étiquette "instinct maternelle", genre les pubs de lait "c'est ça être mère, Bledina". Encore un grand foutage de gueule.
D'ailleurs ça me fait également penser à l'époque où les femmes ne fumaient pas autant que les hommes. Une fois qu'on a fait croire que les stars féminines fumaient en criant "un geste d'émancipation" les femmes ont commencé à fumer bêtement en s'imaginant s'émanciper, alors qu'on leur vendait simplement un produit.
Voilà, les prochaines pubs du futur "soyez autre chose que votre sexe" vente de produits SM. Au final on se fera toujours avoir par un discours qui instrumentalise nos choix.
En plus de ça, l'instinct maternelle est une superbe campagne publicitaire. Qu'Est-ce qu'on en vend des conneries avec l'étiquette "instinct maternelle", genre les pubs de lait "c'est ça être mère, Bledina". Encore un grand foutage de gueule.
D'ailleurs ça me fait également penser à l'époque où les femmes ne fumaient pas autant que les hommes. Une fois qu'on a fait croire que les stars féminines fumaient en criant "un geste d'émancipation" les femmes ont commencé à fumer bêtement en s'imaginant s'émanciper, alors qu'on leur vendait simplement un produit.
Voilà, les prochaines pubs du futur "soyez autre chose que votre sexe" vente de produits SM. Au final on se fera toujours avoir par un discours qui instrumentalise nos choix.

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Rananen
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Re: théorie du genre, le nouveau puritanisme
n importe quoi , comme si la perversité n existé pas avant 68 , bien au contraire , la libération de la femme qui a était un des mouvement conjoint de 68 a mis fin a bien des perversité que subissait les femmes a leur corps défendent .gemmill a écrit : les effets de mai 68:
on a désacralisé le corps et sanctifié l'acte sexuel (pour peu que cela réponde a cette définition).
la porte grande ouverte a tous les esprits pervers.
quand au texte présenté , je le trouve bien pauvre , et cherchant a réhabilité un passé auquel on a mis fin pour de bonne raisons , l asservissement des femmes !
d ailleurs a cette époque ces femmes n aurait pas put publié ses texte a moins de prendre un nom d emprunt masculins !
il y évident que personne n est 100% hommes ou 100% femmes , nous sommes un peut des deux a divers proportions , nous avons collé des indicateur masculins féminin pour simplifié mais la simplification n est que très rarement la réalité !
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Re: théorie du genre, le nouveau puritanisme
tu fais juste référence à l'instinct paternel que chaque homme vit différemment.sacamalix a écrit : J'en reviens souvent à la même chose, mais c'est parce que j'y suis confronté tous les jours :
Faut-il que j'explique à mon garçon qui joue avec la petite poussette de sa soeur que les poupées c'est pour les filles ? Faut-il que j'enlève l'épée que ma fille a dans les mains quand elle joue avec ses frères sous prétexte que c'est pour les garçons ? Mes enfants ont l'image d'un père qui fait du bricolage mais qui fait aussi la cuisine, le ménage et la lessive. Quelle crédibilité peut avoir à leurs yeux un discours qui veut que les travaux du foyer incombent à la femme (parce que oui, en substance, c'est ça la contestation de la "Théorie du genre", qui n'existe pas véritablement d'ailleurs) ?
Toutefois, si je n'ai aucun mal à leur inculquer que les garçons et les filles ont la même valeur (en gros), je me vois mal leur dire qu'il n'y a aucune différence. Les capacités (notamment physiques) sont différentes, mais chacun a ses forces et ses faiblesses. Et si d'expérience j'ai bien vu qu'une femme peut être pénalisée dans certains travaux de force, qu'un homme est généralement un peu moins habile de ses mains dans certains travaux de précision, la mécanisation des tâches estompe quelque peu ces différences et la majorité des métiers ou activités de loisirs est accessible de façon équivalente aux hommes ou aux femmes.
Enfin, je terminerai avec une expérience personnelle qui me fait largement douter de ce qu'on nomme "l'instinct maternel" :
Quand mon ainé est né, sa mère a eu quelques complications et n'a pas pu s'occuper de lui durant les 15 premiers jours de sa vie. Il n'a donc eu, dans cette période, que moi comme "seul" parent. Et dans les 2 années qui ont suivi, mon métier m'a permis d'être plus souvent à la maison qu'au boulot. Durant cette période, c'est dans mes bras qu'il calmait ses angoisses de bébé, il a même quelques fois cherché mon sein dans les premiers mois à l'heure de la tétée. Aujourd'hui encore, 5 ans plus tard, c'est vers moi qu'il se tourne en premier quand il a un souci ou simplement besoin d'un câlin.
Les 2 autres ont eu une histoire plus "classique" et sont plus partagés entre le papa et la maman. J'ai de fait du mal à croire à un véritable instinct maternel, mais plutôt à l'attachement à celui que le nouveau-né identifie immédiatement comme le parent nourricier et protecteur. Un peu comme une chienne qui élèverait des chatons qu'on lui confierait dès leur naissance. A partir de là, et puisque c'est un argument central du discours des "pro-genre", j'ai du mal à adhérer à cette pensée de comportements "genrés".
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Re: théorie du genre, le nouveau puritanisme
Non, parce que là je fais bien mention de la façon dont réagit l'enfant. Si je me plaçais suivant les critères "genrés", on pourrait dire qu'il me voit plutôt comme sa mère.tisiphoné a écrit : tu fais juste référence à l'instinct paternel que chaque homme vit différemment.
Mon instinct paternel (si tant est qu'il y en ait un) ne s'exprime pas différemment avec lui qu'avec les autres (en tout cas j'essaie de faire en sorte qu'il n'y ait pas de différence). Et au-delà de "l'instinct", j'ai tendance à penser qu'il y a des parents qui vivent différemment leurs rôles, tout comme chacun a une vision différente du travail ou de la façon de construire une cabane en bois... De ce que je vois autour de moi, je ne crois pas qu'il y ait une prédisposition sexuelle pour s'occuper des enfants ou faire du placo
Il n'y absolument aucun mérite à exciter les gens. Le vrai héros c'est celui qui apaise.
La laïcité n'est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l'ordre public.
La laïcité n'est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l'ordre public.
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haluck-horth
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Re: théorie du genre, le nouveau puritanisme
Le problème de toutes ces démonstrations, qui vont dans un sens ou dans l'autre, c'est qu'elles sont toujours appuyée par des anecdotes, qui ne prouvent rien en soit.
Par exemple, illustrer le comportement d'un bébé pour justifier de l'absence de l'instinct maternel ne justifie rien.
Tout comme illustrer l'homosexualité dans le monde animal par l'histoire des 2 pingouins mâles ayant couvé un oeuf, ou par les relations sexuelles entre mâles, dans le cadre des conflits de dominance, chez les canidés ou les primates.
Les petits garçons ne doivent pas forcément jouer à l'épée et les filles à la poupée, mais ces derniers, naturellement, s'identifient au parent de même sexe et l'imite, ou s'identifient aux personnages de même sexe dans le cadre de fictions.
Puisque vous aimez les exemples, mon beau-frère est venu il y a quelques semaines avec ses 4 enfants. 2 garçons et 2 filles. On part se balader en foret et nous discutons pendant que les enfants vagabondent en totale autonomie. Nous nous arrêtons un moment pour les observer, sans les déranger, et nous voyons :
- Les 2 gars, courant partout, chacun avec un bâton, jouant aux aventuriers et à la guerre.
- Les 2 filles, posées dans l'herbe, en train de cueillir des fleurs.
Ils ne font pas ce qu'on leur a appris mais bien ce qui leur fait plaisir, et pourtant leur comportement est assez bien corrélé à ce que nous évoquent respectivement le masculin et le féminin.
Comme je dis toujours, à esprit simple raisonnement simple, et à ce titre je ne pense pas que, à notre époque, faire la vaisselle ou garder les enfants soit des actions réservées aux femmes. En revanche, la manière de faire les choses est souvent sensiblement différente d'un homme à une femme, sans pour autant que le monde soit noir ou blanc, car en chacun de nous se mélangent des parts de masculin et de féminin.
Par exemple, illustrer le comportement d'un bébé pour justifier de l'absence de l'instinct maternel ne justifie rien.
Tout comme illustrer l'homosexualité dans le monde animal par l'histoire des 2 pingouins mâles ayant couvé un oeuf, ou par les relations sexuelles entre mâles, dans le cadre des conflits de dominance, chez les canidés ou les primates.
Les petits garçons ne doivent pas forcément jouer à l'épée et les filles à la poupée, mais ces derniers, naturellement, s'identifient au parent de même sexe et l'imite, ou s'identifient aux personnages de même sexe dans le cadre de fictions.
Puisque vous aimez les exemples, mon beau-frère est venu il y a quelques semaines avec ses 4 enfants. 2 garçons et 2 filles. On part se balader en foret et nous discutons pendant que les enfants vagabondent en totale autonomie. Nous nous arrêtons un moment pour les observer, sans les déranger, et nous voyons :
- Les 2 gars, courant partout, chacun avec un bâton, jouant aux aventuriers et à la guerre.
- Les 2 filles, posées dans l'herbe, en train de cueillir des fleurs.
Ils ne font pas ce qu'on leur a appris mais bien ce qui leur fait plaisir, et pourtant leur comportement est assez bien corrélé à ce que nous évoquent respectivement le masculin et le féminin.
Comme je dis toujours, à esprit simple raisonnement simple, et à ce titre je ne pense pas que, à notre époque, faire la vaisselle ou garder les enfants soit des actions réservées aux femmes. En revanche, la manière de faire les choses est souvent sensiblement différente d'un homme à une femme, sans pour autant que le monde soit noir ou blanc, car en chacun de nous se mélangent des parts de masculin et de féminin.
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- sacamalix
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Re: théorie du genre, le nouveau puritanisme
Oui, on est d'accord, il faut laisser aux enfants le choix de ce qu'ils veulent faire (quitte à ce que ce choix soit guidé par la reproduction de ce qu'ils voient) sans chercher à les formater, dans la mesure où ça n'entraîne pas une emprise sur l'autre du seul fait de son sexe (ou d'un handicap, d'une caractéristique physique...)haluck-horth a écrit : Le problème de toutes ces démonstrations, qui vont dans un sens ou dans l'autre, c'est qu'elles sont toujours appuyée par des anecdotes, qui ne prouvent rien en soit.
Par exemple, illustrer le comportement d'un bébé pour justifier de l'absence de l'instinct maternel ne justifie rien.
Tout comme illustrer l'homosexualité dans le monde animal par l'histoire des 2 pingouins mâles ayant couvé un oeuf, ou par les relations sexuelles entre mâles, dans le cadre des conflits de dominance, chez les canidés ou les primates.
Les petits garçons ne doivent pas forcément jouer à l'épée et les filles à la poupée, mais ces derniers, naturellement, s'identifient au parent de même sexe et l'imite, ou s'identifient aux personnages de même sexe dans le cadre de fictions.
Puisque vous aimez les exemples, mon beau-frère est venu il y a quelques semaines avec ses 4 enfants. 2 garçons et 2 filles. On part se balader en foret et nous discutons pendant que les enfants vagabondent en totale autonomie. Nous nous arrêtons un moment pour les observer, sans les déranger, et nous voyons :
- Les 2 gars, courant partout, chacun avec un bâton, jouant aux aventuriers et à la guerre.
- Les 2 filles, posées dans l'herbe, en train de cueillir des fleurs.
Ils ne font pas ce qu'on leur a appris mais bien ce qui leur fait plaisir, et pourtant leur comportement est assez bien corrélé à ce que nous évoquent respectivement le masculin et le féminin.
Comme je dis toujours, à esprit simple raisonnement simple, et à ce titre je ne pense pas que, à notre époque, faire la vaisselle ou garder les enfants soit des actions réservées aux femmes. En revanche, la manière de faire les choses est souvent sensiblement différente d'un homme à une femme, sans pour autant que le monde soit noir ou blanc, car en chacun de nous se mélangent des parts de masculin et de féminin.
Il n'y absolument aucun mérite à exciter les gens. Le vrai héros c'est celui qui apaise.
La laïcité n'est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l'ordre public.
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Re: théorie du genre, le nouveau puritanisme
Est-ce que c'est vraiment le rôle premier de l'école de prendre parti dans ce genre de débat ? Indirectement cela me rappelle la suppression du service national. Les opposants à sa suppression avait pour argument que les jeunes sortis du système scolaire en étant illettré avait une seconde chance lors de leur service. Comme si la société avait acté que l'éducation nationale avait une autre mission que d'abord apprendre à lire, à compter et à enseigner un minimum de notre histoire. On a vraiment l'impression que l'EN est un état dans l'état qui fixe ses règles, ses buts et que le restant de la société doit s'adapter, quitte à consolider ou reprendre auprès des jeunes les acquis qu'elle devrait leur apporter. le vrai débat n'est pas un débat sur la théorie du genre mais plutôt comment remettre l'éducation nationale sur de bon rails pour que nos jeunes (garçons et filles) ne sortent plus du système scolaire sans aucun savoir de base ni aucune qualification (et obtenir ce simple objectif sans exploser le budget de la nation).
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
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Re: théorie du genre, le nouveau puritanisme
Tout ça est absolument formidable pour occuper les lettrés inutiles pendant que les classes laborieuses essaient de faire surnager le pays.
"disons que la chine est un pays particulier,c'est sur,tout le monde a du travail,et ceux qui ne savent rien faire au lieu d'attendre que ça passe balayent les autoroutes.
on ne sait pas trop à quoi ca sert,mais au moins,ils travaillent."
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