Une petite douzaine de sénateurs venus écouter le nouveau prix Nobel français d'économie : l'image transmise en direct sur le site du Sénat d'un Jean Tirole auditionné par moins d'un tiers des membres de la commission des affaires économiques de la Chambre haute est ravageuse. Certes, le travail de la commission n’est ouvert – en théorie – qu'à ses seuls 39 membres. Mais le Sénat aurait pu bousculer ses règles pour recevoir l'un des plus grand économistes au monde, spécialisé justement sur les questions de régulation.
Une idée, parmi d'autres, soumise par l'économiste aux sénateurs : «La France a choisi de défendre son modèle social et j'y suis favorable personnellement. Mais cela ne signifie pas qu'il faille une administration pléthorique, bien au contraire». Le président de la Toulouse School of Economics cite l'exemple de la Suède, de l'Allemagne, de l'Australie ou du Canada : «Leur point commun est d'avoir sauvé leur modèle social en faisant des réformes au moment justement où ils affrontaient les plus grandes difficultés économiques.» Autre point commun : «Toutes ces réformes ont été menées par des gouvernements socialistes et quand la droite est arrivée ensuite au pouvoir, avec l'alternance, elle les a maintenues». Dommage que seule une poignée de parlementaires ait entendu cet appel d'un Nobel à «un accord bipartisan minimal». Idem pour sa critique virulente de la politique de l'emploi. «La France crée littéralement du chômage, avec des CDD salariés poubelles que l'on ne forme plus et des CDI ultra protégés mais incroyablement anxieux par crainte de tomber au chômage».
Constatant le nombre de chaises vides, la twittosphère s'est enflammée au point que Gérard Larcher, le président du Sénat, a bousculé son agenda pour recevoir l'économiste à l'issue de l'audition. Une bonne entorse au règlement qui montre que Jean Tirole peut faire bouger les choses !
Mais virez-moi cette bande d'incapables, toutes couleurs confondues !!! Quand un Prix Nobel d'Economie vient parler au Sénat de son pays en proie à des difficultés économiques, la moindre des choses c'est que tout les intéressés soient là...

