Crapulax a écrit : Il ne faut pas mélanger tradition et Religion et justement mélanger la Religion à des "principes ancestraux" ou encore à quelconque évolution humaine...
Les us et coutumes sont issues de la tradition qui elle même n'est pas basée sur la Religion...Bien sûr tu pourras y retrouver des "connotations" pour certaines(comme faire la Croix sur le pain avant de le trancher pour les Catholiques) mais une tradition n'est pas un précepte et encore moins dans le cadre ou ce dernier reste figée dans les écritures et non pas dans l'évolution humaine à travers le temps.
La Religion est à elle seule un unique domaine...Son "influence" reste visible sur ce que l'on appellera les traditions religieuses qui ne sont pas des traditions diront nous ancestrales ou pour simplifier coutumières...
Pour l'édiction des Principes moraux et comportementaux c'est encore autre chose,puisque ces derniers furent tellement "modifiés" à travers le temps avec ce que l'on appellera les Moeurs ou encore l'évolution des Civilisations que chacun en a fait sa petite popote.
Maintenant tout le monde joue avec ses propres principes moraux ou comportementaux pour éduquer...Et la Religion n'a pas à vocation de vouloir diriger le comportementalisme ou la Pensée,nullement même...
Là il ne s'agit toujours pas de Religion mais d'éducation et surtout de Morale.La Morale étant elle aussi indépendante de la religion....
Je ne fais le jeu de personne.
Votre vision de la spécialisation des activités sociales pense la religion comme un "domaine" séparé. Ce n'est pas le cas d'un religion, qui pense ses traditions culturelles et sa religion dans un même mouvement, d'où la certitude pour beaucoup de croyants que les traditions font partie des textes (lorsqu'ils ne les maîtrisent pas bien), ou qu'on peut trouver dans les textes des analogies, des invitations, des allusions, etc. qui justifient leurs pratiques culturelles. Toutes les religions fonctionnent ainsi. Je vous renvoie à Mircea Eliade dans "le sacré et le profane" (le plus utile et simple, même si beaucoup d'autres anthropologues ou sociologues pourraient également vous éclairer sur ce sujet).
La religion ne se pose pas la question d'avoir vocation ou pas. Elle EST une vision totale du monde. Et chaque courant défendra donc coûte que coûte sa vision, car il y a enjeu de valeurs, de repères identitaires, donc de définition de soi.
Les affirmations fortes des créationnistes, leurs efforts désespérés pour faire entrer leur histoire biblique carrée dans le rond de la réalité historique scientifique est un exemple de ce stress mental que subissent les religieux, très souvent lorsqu'ils réfléchissent à leurs dogmes. Certes en occident les chrétiens et les juifs ne sont plus souvent obnubilés par ces dogmes mais le même processus socio-culturel ne s'est pas produit dans l'islam qui, défait dans ses désirs (qu'ont toutes cultures) de domination et d'expansion, a nourri, à travers le salafisme un esprit de revanche contre les gagnants et de retour aux sources expiatoires (traditionnel chez les peuples vaincus, à l'exemple de l'interrogation des juifs sur ce qu'ils avaient fait de mal auprès de Yahvé pour se retrouver en exil à Babylon, par exemple).
La morale n'est indépendante de la religion que pour un laïc ne croyez pas que tout le monde pense comme vous !!!