mort d’André Glucksmann, le philosophe en colère

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tisiphoné
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mort d’André Glucksmann, le philosophe en colère

Message par tisiphoné »

Le philosophe André Glucksmann, né à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) le 19 juin 1937, est mort à Paris, dans la nuit du 9 au 10 novembre. Il faisait le lien entre deux générations d’intellectuels, celle des Sartre, Aron et Foucault et les « nouveaux philosophes » ayant formé un groupe en rupture avec le marxisme dans les années 1970.

André Glucksmann a grandi dans un milieu juif d’Europe centrale et orientale. Ses parents venus de la Palestine mandataire passent à l’Internationale communiste en se réfugiant en France à partir de 1933. Sous l’Occupation, André Glucksmann subit le sort des enfants cachés. Tandis que son père meurt au début de la guerre, sa mère s’engage dans la Résistance.

Après la Libération André Glucksmann, qui vit dans un quartier populaire, suit des études « classiques » qui le mènent à l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud. Il obtient l’agrégation de philosophie en 1961. L’itinéraire de ce jeune homme qui évolue alors dans la galaxie communiste croise celui d’un des rares intellectuels de centre droit de l’époque, Raymond Aron, dont il devient l’assistant à la Sorbonne, alors qu’il participe aux événements de Mai 68. Avec lui, il se plonge dans les problèmes géopolitiques, nucléaires, notamment sur la philosophie de la dissuasion. D’où son premier livre, Le Discours de la guerre (L’Herne, 1967).

Classé parmi les « maos », figures de la Cause du peuple faisant l’intermédiaire entre les intellectuels de renom et la base militante, il va se faire l’un des thuriféraires de la Révolution culturelle chinoise, avant de rompre spectaculairement avec le marxisme en publiant La Cuisinière et le Mangeur d’homme (Seuil, 1975), qui se vendra à des dizaines de milliers d’exemplaires.

Son itinéraire est désormais marqué par l’aventure des « nouveaux philosophes », qui sont parmi les premiers à envahir les plateaux de télévision, dont celui d’« Apostrophe » en 1977, et à diffuser largement leur pensée en rupture avec les idéaux communistes, auprès du grand public. La fin de cette période consiste en une initiative prise par cet homme de terrain autant que penseur consistant à emmener aussi bien Sartre qu’Aron à l’Elysée pour demander au président Valéry Giscard d’Estaing d’intervenir en faveur des réfugiés vietnamiens, les « boat people », quittant le Vietnam communiste.

Prompt à diffuser ses indignations, il sera l’une des voix qui, lors des guerres yougoslaves des années 1990, se font entendre pour soutenir l’intervention contre la Serbie en 1999. Quoique se revendiquant toujours de gauche, il se convertit de plus ouvertement à l’atlantisme et à des positions proaméricaine, fustigeant le « pacifisme ». Il est un des avocats constants de l’interventionnisme au nom des droits de l’homme que ce soit en Libye ou plus récemment en Libye. Vieil adversaire du président Vladimir Poutine, il prend également la parole en faveur des indépendantistes tchétchènes.

Par une tribune au Monde du 29 janvier 2007 il annoncera son soutien à Nicolas Sarkozy dont il s’éloignera du fait du rapprochement de ce dernier avec M. Poutine. Dans Une rage d’enfant (Plon, 2006), il avait, en racontant ses souvenirs, expliqué les ressorts de son style et de son action, toujours marqués de colère, face aux misères du monde.

Nicolas Weill
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hulneb
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Re: mort d’André Glucksmann, le philosophe en colère

Message par hulneb »

Voir topic en cours : "ces intellectuels de gauche qui..."
Un de moins.
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Re: mort d’André Glucksmann, le philosophe en colère

Message par Fonck1 »

un marxiste...fichtre.
ben ptêt qu'il va le croiser,il pourra lui dire le bordel que ça a créé.
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Stounk
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Re: mort d’André Glucksmann, le philosophe en colère

Message par Stounk »

hulneb a écrit : Voir topic en cours : "ces intellectuels de gauche qui..."
Un de moins.
Ces commentaires sans intérêt franchement haineux. Un de plus, merci à toi. :super: ::d
hulneb
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Re: mort d’André Glucksmann, le philosophe en colère

Message par hulneb »

Stounk a écrit :
hulneb a écrit : Voir topic en cours : "ces intellectuels de gauche qui..."
Un de moins.
Ces commentaires sans intérêt franchement haineux. Un de plus, merci à toi. :super: ::d
Oui, j'avoue, j'avais la haine, comme parfois (souvent :pendu:) sur ce forum, qui me sert de défouloir la moitié du temps, ne pouvant lutter efficacement contre ce que perçois comme des injustices, de mauvaises actions, un moyen de dire "attention", ou "au secours", au quotidien.

Le 'un de moins' est à la limite d'exprimer 'bien fait' mais sans l'être. Je vais donc le retirer.
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Re: mort d’André Glucksmann, le philosophe en colère

Message par Fonck1 »

hulneb a écrit :
Stounk a écrit :
Ces commentaires sans intérêt franchement haineux. Un de plus, merci à toi. :super: ::d
Oui, j'avoue, j'avais la haine, comme parfois (souvent :pendu:) sur ce forum, qui me sert de défouloir la moitié du temps,ne pouvant lutter efficacement contre ce que perçois comme des injustices, de mauvaises actions, un moyen de dire "attention", ou "au secours", au quotidien.

Le 'un de moins' est à la limite d'exprimer 'bien fait' mais sans l'être. Je vais donc le retirer.
quand on en arrive à ne plus communiquer avec les autres,c'est qu'on a plus rien à partager ni à donner.
il n'est donc pas forcément étonnant que celui d'en face,en fasse de même....un regard suffit.
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Re: mort d’André Glucksmann, le philosophe en colère

Message par Kelenner »

Enfin c'était surtout un guignol, de droite assez extrême depuis 40 ans, mais bon on est plus à une approximation près.
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tisiphoné
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Glucksmann: "La gauche se croit moralement infaillible"

Message par tisiphoné »


Le philosophe André Glucksmann est mort dans la nuit de lundi à mardi à 78 ans. Paris Match l'avait rencontré pour un long entretien que voici en intégralité, alors qu'il venait d'annoncer son soutien à Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle de 2007, dans une tribune parue dans «Le Monde».


Paris Match. Avez-vous été blessé par l'ampleur et l'agressivité de certains commentaires de la presse après votre tribune dans "Le Monde"?
André Glucksmann. Il y eut aussi des milliers de réactions sur Internet, certaines compréhensives, d'autres extrêmement agressives, parfois racistes. Je suis toujours un peu blessé par les insultes. Mais j'ai perdu très peu d'amis. Et les gens dans la rue m'accostent civilement, qu'ils soient d'accord ou non avec mon choix. Dans l'ensemble, on m'a été plutôt reconnaissant de lancer un pavé dans la mare et d'ouvrir la discussion.

Si vous aviez pris position pour quelqu'un d'autre que Nicolas Sarkozy, les réactions auraient-elles été moins violentes ?
Oui. Justement, c'est à cause de la diabolisation "Sarko, facho" que j'ai jugé nécessaire de prendre position nettement et publiquement. La plupart des gens de gauche avouent finalement ne pas tenir Sarkozy pour "fasciste". Reste, du P.s. à l'extrême gauche, une tendance à "excommunier" que je ne supporte plus.


L'intolérance de certains intellectuels vous a-t-elle surpris ?

Non. Je l'avais prévue. Pour une partie d'entre eux, l'appartenance à la gauche relève de la religion. S'éloigner du dogme officiel, c'est blasphémer ou abjurer. J'ai déjà subi ce type d'excommunication dans les années 70 quand je défendais Sakharov et Soljenitsyne contre le goulag. La condamnation des camps de concentration nazis allait de soi pour la gauche, mais pas celle des camps communistes. Transgressant les credo dominants du socialisme, j'étais un hérétique, un traître. La gauche trop souvent se croit moralement infaillible. Moi, je me veux, comme Stendhal, "athée en politique". L'électeur souvent aussi.

D'où vient ce divorce entre les intellectuels et la gauche ?

C'est un divorce entre l'esprit critique et le dogmatisme. En 1974, j'avais écrit un article dans "Le Nouvel Observateur" titré "Le marxisme rend sourd et aveugle". Sourd et aveugle à la grande colère des faits. Dans un premier temps, je fus vilipendé. Puis on nomma "nouvelle philosophie" cette critique du marxisme articulée autour des témoignages de dissidents soviétiques et de l'analyse polémique de Marx ou Lénine. Progressivement, les droits de l'homme et la lutte pour la liberté reprirent leur primauté contre les clivages dogmatiques. Sartre et Aron allèrent ensemble à l'Elysée plaider la cause des boat people vietnamiens devant Valéry Giscard d'Estaing. Le mur est tombé dans les têtes à Paris quinze ans avant d'être démoli à Berlin.

Trente ans de responsabilités, communes à la droite et à la gauche


Aujourd'hui, on dirait que votre soutien à Sarkozy repose d'abord sur des questions de géopolitique.
En grande partie, oui. Depuis trente ans, la France officielle patine et piétine. Rappelez-vous que François Mitterrand n'a pas vu venir la fin de l'Empire soviétique ni la réunification allemande. Plus récemment, Jacques Chirac a déconstruit l'Union européenne en méprisant les nouveaux adhérents de l'Est. Ils n'ont qu'un droit, celui de se taire. Ministres de gauche ou de droite se sont succédé, pourtant les pesanteurs du Quai d'Orsay demeurent et l'incohérence aussi. Si notre diplomatie n'a pas soutenu la révolution orange, en Ukraine pour ne pas déplaire au Kremlin, Sarkozy, lui, partit à Kiev saluer ce mouvement pour l'indépendance et la liberté. Alors qu'un Tchétchène sur cinq a été exterminé par l'armée russe, notre président accroche sur la poitrine de Poutine la grand-croix de la Légion d'honneur! Sarkozy préconise une rupture avec cette "realpolitik" qui ne nous rapporte rien et qui nous a trop souvent conduits à favoriser des régimes peu respectueux de leurs citoyens. Cela me rapproche de lui, à moins que cela ne le rapproche de moi.

Mais la rupture est d'abord un refus du fameux "modèle social" français tellement vanté et humainement si désastreux.
Bilan désastreux, en effet. Il porte non pas sur les cinq dernières années de la droite au pouvoir, comme le disent les socialistes, mais sur trente ans de responsabilités, communes à la droite et à la gauche. Le culte de François Mitterrand égare le PS. Dès 1984, Edmond Maire, un homme de gauche, alors secrétaire général de la C.f.d.t., constatait que les inégalités sociales s'aggravaient depuis 1981. La plus grande inégalité sociale, expliquait-il, résulte du chômage. Depuis trente ans, son taux tourne autour de 10%, plus de 20% chez les jeunes et 40% dans les quartiers "difficiles". Il faut une transformation du "modèle français", une rupture avec les pratiques d'une génération entière d'hommes politiques. C'est là que le projet de Sarkozy prend tout son sens. J'adhère, par exemple, à l'idée de "discrimination positive" qui donnerait leur chance à des jeunes bloqués pour leur origine, leur patronyme, leur domicile ou leur sexe. Ils sont désespérés, voire révoltés, de voir leurs pères et leurs grands frères sombrer dans l'exclusion faute de travail. Seule une minorité de voyous brûlent gymnases, écoles et autobus avec les passagers. La grande majorité mérite qu'on force les portes de l'avenir. Le chômage demeure le point d'orgue de la crise de civilisation en France. La nécessité d'une rupture, c'est Nicolas Sarkozy qui l'incarne le mieux. Tout en incarnant un désir de changement, Ségolène Royal se contente de dresser un réquisitoire contre les "sortants" et revendique l'héritage mitterrandien. Cela revient à annoncer qu'elle fera la même soupe dans de vieux pots. La rupture? La Suède, le Danemark et dernièrement l'Allemagne l'ont opérée. Ils se portent mieux que nous.

Pensez-vous que le modèle français d'intégration soit à bout de souffle?
Non. Ce n'est pas l'intégration à la française, extracommunautaire et laïque, qui est en cause, mais le manque de travail. Les émeutes n'ont pas été raciales ou religieuses, mais sociales. Le problème, c'est la machine à exclure. Au lieu de se battre pour introduire chacun dans le circuit productif, on défend les avantages acquis de ceux qui ont déjà un emploi. Les jeunes n'ont pas besoin d'une seconde maman et d'assistance, mais d'un vrai travail, condition de leur indépendance. Il faut de la croissance et pour ça il faut débloquer la société au lieu de surenchérir sur le cocooning. Cinquante militants P.s. issus de l'immigration écrivent à Mme Royal: "Le pacte présidentiel ne fait aucune proposition sur la question de la lutte contre les discriminations et la promotion de l'égalité réelle... "C'est pourtant la question des questions.

Vous reconnaissez-vous dans les positions plus atlantistes de Sarkozy?

Comme les autres candidats, il était contre l'intervention en Irak. Moi, j'étais favorable à la chute, de gré ou de force, de Saddam Hussein, comme Bernard Kouchner, par exemple, même si nous déplorons que la libération de l'Irak ait été gâchée par la méthode Bush. En revanche, j'approuve Sarkozy quand il dit que le massacre des Tchétchènes n'est pas un détail. Depuis Varsovie en 1944, Grozny et ses 450000 habitants est la seule ville d'Europe a avoir été rasée. J'ai du mal, dès lors, à considérer que serrer la main de George Bush soit plus compromettant que serrer celle de Vladimir Poutine... Pas d'antiaméricanisme ravageur qui nous place du côté des islamistes et des dictatures ! Mettons fin aux hypocrisies de la politique étrangère.

Lesquelles?
Aider l'Afrique n'est pas entretenir des liens privilégiés avec les despotes de ce continent. Pourquoi avoir choisi le camp des génocidaires Hutus contre les Tutsis? Bill Clinton a reconnu son erreur au Rwanda, pas nous. Pourquoi avoir passé la main dans le dos de Bachar El-Assad? Pour aujourd'hui décréter que la Syrie est notre pire ennemi puisqu'elle a commandité l'assassinat de Rafic Hariri, le Premier ministre libanais ami de notre président. Un dernier exemple: fustiger les pays de l'Est, leur préférer la Russie de Poutine mène logiquement au "non" au référendum et conduit à la paralysie. La France n'a plus de politique africaine, ni de politique arabe, ni de politique européenne, elle se retrouve isolée et impuissante au milieu de ses fiascos.

Pensez-vous que les électeurs soient aussi sensibles que vous aux problèmes de politique extérieure?
Peut-être que non, mais ce serait dommage dans ce monde chaotique. La France, depuis des siècles, est porteuse d'une parole universelle. Les droits de l'homme, la liberté demeurent une référence pour tous. Notre flamme s'est-elle vraiment éteinte? Depuis dix ans, je m'égosille pour la Tchétchénie; le silence général m'est intolérable. Sarkozy s'est exprimé haut et fort. Et Ségolène Royal a suivi pour la première fois à Villepinte, sans doute grâce à Jack Lang ou Bernard-Henri Lévy. Depuis trente-cinq ans, on doit à des intellectuels et aux "french doctors" des engagements en faveur des dissidents et de Solidarnosc, contre la famine politique en Ethiopie, le terrorisme islamiste en Algérie, les purifications ethniques et les massacres en Yougoslavie, en Tchétchénie, au Darfour. Je ne pense pas que nous ayions de l'"influence", nous servons de "pense-bêtes", comme le disait Simone Signoret, et levons quelques tabous quant à l'état de la planète. L'intellectuel peut faire voir ce qu'on ne veut pas voir, des inhumanités et des menaces qui nous pendent au nez (le malheur des autres peut devenir notre malheur). Encore faut-il critiquer ses propres certitudes et oser penser contre soi-même.

Êtes-vous un déçu de la gauche?
Je suis né à gauche et j'ai commis certaines de ses erreurs, ainsi mon année d'anarcho-maoïsme. Aussi ai-je toujours essayé de remettre en cause mes convictions face aux terrifiants pépins de la réalité. Oui, la gauche m'a déçu. Oui, Sarkozy m'a plu quand, à Nîmes ou à la porte de Versailles, il élève son auditoire de droite et lui fait applaudir les mauvais Français que sont ces républicains espagnols, ces réfugiés juifs et arméniens, ou ces jeunes communistes, tous résistants qui moururent pour que vive la France.
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Re: mort d’André Glucksmann, le philosophe en colère

Message par LOFOTEN »

Kelenner a écrit : Enfin c'était surtout un guignol, de droite assez extrême depuis 40 ans, mais bon on est plus à une approximation près.
Donc tous ceux qui n'ont pas de pensée d’extrême gauche sont "des guignol" !

C'est ne pas connaitre le parcours de ce philosophe et surtout le virage qu'il a pris vers les années 75 environ .

A l'époque tu étais , peut être, encore en maternelle :content79
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Re: mort d’André Glucksmann, le philosophe en colère

Message par Kelenner »

En 75 j'étais loin d'être né mon pauvre ami... :lol:

Je pense que son parcours est assez parlant : maoïste, "nouveau philosophe" de mes deux, atlantiste hystérique, sarkozyste, bref toutes les pires conneries du 20ème siècle dans un festival de n'importe quoi contradictoire, c'est le grand chelem ! Il lui manquait que le nazisme... :content85
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Re: mort d’André Glucksmann, le philosophe en colère

Message par Fonck1 »

maoiste et sarkozyste,quel mélange explosif :content85
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Re: mort d’André Glucksmann, le philosophe en colère

Message par LOFOTEN »

Bref pour moi son coté obscure était son écriture . Impossible de lire un chapitre sans un bon cachet d'aspirine ......je ne crois pas être aller une seule fois au bout d'un de ces bouquins . Heureusement emprunté a la bibliothèque de Villeurbanne :D
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Re: mort d’André Glucksmann, le philosophe en colère

Message par Fonck1 »

LOFOTEN a écrit : Bref pour moi son coté obscure était son écriture . Impossible de lire un chapitre sans un bon cachet d'aspirine ......je ne crois pas être aller une seule fois au bout d'un de ces bouquins . Heureusement emprunté a la bibliothèque de Villeurbanne :D
comment veux tu donc que nos immigrés de Villeurbanne apprennent le français :content85
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Re: mort d’André Glucksmann, le philosophe en colère

Message par hulneb »

Fonck1 a écrit : comment veux tu donc que nos immigrés de Villeurbanne apprennent le français :content85
Pas en lisant Glucksmann :content85
Nos sociaux commencent par traduire des choses beaucoup plus pragmatiques :

Vêtements
Etes ici chez vous
Aide et Argent
Droits (pas de devoirs)
Obtenir (papiers)
(traduction réservée aux portu.gais, depuis les lois sur le mariage :content79 )

Mosquée
Une p'tit' pièce sioupli
Soupe
Logement (gratuit)
Islam
Musulman
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«On ne se brouille pas avec André Glucksmann, on discute»

Message par tisiphoné »

La classe politique et intellectuelle française rend hommage à l'intellectuel décédé cette nuit

Cohn-Bendit: «On ne se brouille pas avec André Glucksmann, on discute»

Réactions à la mort d’André Glucksmann, survenue dans la nuit de lundi à mardi.



Daniel Cohn-Bendit : «On s’est rencontrés en Mai 68 et on ne s’est plus quittés»

«Avec André, on s’est rencontrés en 1968 et on ne s’est plus quitté. Nous avons toujours eu une relation d’amitié très profonde. Aujourd’hui, il faudrait en parler au passé, mais j’ai du mal. Nos liens ont été constants, sans jamais de rupture. Quand j’étais interdit de séjour en France, il venait me voir en Allemagne. Un jour, le président Valéry Giscard d’Estaing a invité à l’Élysée les «nouveaux philosophes» dont il était. Dans une lettre ouverte publiée dans le Monde, André à dit "non, je ne viendrais pas déjeuner avec vous tant que vous n’aurez pas levé l’interdiction de séjour de Dany". BHL, lui, y est allé pour plaider ma cause. Giscard est intervenu pour lever l’interdiction.

«Avec André, on n’a pas toujours été d’accord. Mais on s’est toujours retrouvé sur l’anti totalitarisme, on a défendu ensemble les boat people. Sur la Bosnie aussi, on était exactement sur les mêmes positions.

«Ce qui est fascinant chez André, même s’il est péremptoire, c’est que la radicalité de sa pensée lui permet de surmonter, voir de modifier ses positions. Quand il a rompu avec le maoïsme, et s’est inscrit dans le courant des "nouveaux philosophes", moi qui étais libertaire, je lui ai dit bienvenue au club. En 2007, il soutient Sarkozy. Mais quand ce dernier dit des bêtises sur Mai 1968, André écrit un livre pour dénoncer ces bêtises. Quand Sarkozy dit des insanités sur les Roms, André publie un texte pour les défendre. Quand Sarkozy vend des frégates à Poutine, il le condamne publiquement.

«Il y a dans notre société médiatique quelque chose de profondément regrettable. En septembre 2014, André a publié un livre intitulé Voltaire contre-attaque, un livre prémonitoire six mois avant les attentats de Charlie. Ça n’a intéressé personne : il était déjà très malade, et il ne pouvait plus débattre sur les plateaux télé…

«André est un être gentil et doux. On ne se brouille pas avec lui. On discute. Sa mort, je m’y attendais, il était très faible, il en avait marre, c’était dur. Mais quand je l’ai apprise hier soir, cela m’a fait un choc. J’ai dit à ma femme : "Voilà on ne pourra plus discuter. Il manque un maillon dans la chaîne du débat." Ce maillon, il ne sera plus jamais là. Et ça me rend profondément triste.

«André est mort le 9 novembre. Vous savez ce que c’est que le 9 novembre ? C’est 77 ans après la nuit de Cristal en Allemagne et les premiers pogroms contre les juifs, c’est 26 ans après la chute du mur de Berlin. Il est mort un jour symbolique qui recadre sa vie et sa pensée.»

Propos recueillis par Nathalie Raulin

Romain Goupil : «Un intellectuel capable de penser contre lui-même»


«André Glucksmann était un érudit, un philosophe, un intellectuel… Mais surtout un penseur capable de penser contre lui-même, acceptant de prendre des risques, de se tromper, de ne pas toujours avoir raison et de le dire.

«Dans les années 70, lui comme nous étions beaucoup à croire en des jours meilleurs. C’était l’époque où il ne fallait pas désespérer Billancourt, où il fallait se taire pour atteindre un but ultime. Mais lui a tout remis en cause en dénonçant une immense supercherie que l’on payait en drames humains. Il faut se souvenir que cela a provoqué une fracture incroyable.

«Il n’a cessé de lutter contre l’Etat totalitaire et de porter ce devoir d’humanité, avec les boat people, Sarajevo… Il était capable de mobiliser beaucoup de monde pour les combats qu’il estimait devoir mener. Nous étions parfois seuls, comme sur l’Irak. Et il était tout seul à soutenir Sarko. Mais là encore, il a été capable d’écouter et revenir sur ce soutien pour défendre les Roms.

«Aujourd’hui, au moment où sont présentés comme intellectuels des représentants d’une France rance et repliée sur elle-même, au moment où nous nous battons contre l’indignité que représente la "jungle" de Calais, cette voix universaliste, qui était celle d’André, nous manque.»

Sarkozy voit se tourner «une page de la pensée française»

L’ancien chef de l’État Nicolas Sarkozy a rendu un hommage superlatif à André Glucksmann, celui dont l’amitié l'«honorait». Du «philosophe» soixante-huitard, il évoque «l’engagement maoïste au début des années 60», puis «la dénonciation du marxisme comme théorie totalitaire». Selon lui, il aurait ainsi démontré «que l’idéologie ne pouvait pas toujours museler la pensée et que la philosophie ne pouvait pas servir de garantie a des systèmes politiques inhumains». Sarkozy célèbre la «lucidité intellectuelle» d’un intellectuel qui n’aurait «jamais cessé de dénoncer ces maîtres à penser prêts à cautionner le pire».

Cette «amitié» entre Sarkozy et Glucksmann remonte à février 2007, quand l’auteur des Maîtres penseurs choisi de soutenir le président de l’UMP contre la socialiste Ségolène Royal à l’élection présidentielle. André Glucksmann fondait alors sa décision sur les questions internationales, notamment la Tchétchénie. Avec ses déclarations anti-Poutine, Sarkozy opérait à ses yeux une «rupture» salutaire avec Jacques Chirac, qui disait son amitié pour son homologue russe. L’ex-«nouveau philosophe» a dû déchanter dès 2009, quand l’ancien chef de l’Etat a mangé son chapeau zen allant signer, à Moscou, le contrat de vente des navires de guerre français de type Mistral. Il avait expliqué sa déception à Libération en 2012.

Alain Auffray

Hollande : «Il ne se résignait pas à la fatalité des guerres et des massacres»


Dans un communiqué, l’Élysée a estimé qu’André Glucksmann «portait en lui tous les drames du XXe siècle».

«Fils de réfugiés dans les années 30, il avait connu le sort des enfants juifs cachés pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ancien assistant de Raymond Aron à la Sorbonne, André Glucksmann a toute sa vie durant mis sa formation intellectuelle au service d’un engagement public pour la liberté.

«Il devint dans les années 70 l’une des grandes figures du combat antitotalitaire, capable de réunir Jean-Paul Sartre et Raymond Aron à l’Élysée pour défendre la responsabilité de la France terre d’asile face au drame des boat people d’Extrême-Orient.

«Pénétré par le tragique de l’histoire autant que par son devoir d’intellectuel, il ne se résignait pas à la fatalité des guerres et des massacres. Il était toujours en éveil et à l’écoute des souffrances des peuples. La liberté de l’Ukraine fut l’un de ses derniers combats.»

Nathalie Raulin
nankurunaisa
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