Tu ne fais qu'effleurer l'histoire sous le rapport d'un déterminisme strict d'un Cournot qui l'évoquait déjà et qui depuis a été discuté. Cette vision déterministe permet d'écrire en effet: "la France a fait cela dans un contexte, et tout l'y a amené, économie, stratégie, social, vision de l'époque". Et encore une fois, une énième, tu fais fi de la contingence, que certes j'explore par un "autrement" un peu vague mais qui est également possible POUR l'avenir, mais qui AURAIT PU pour le passé.Victor a écrit :Je trouve ton approche beaucoup trop moralisatrice et pas assez historique.Sov Strochnis a écrit :
Dans ce cas mettre en parallèle la colonisation et les bienfaits de celle-ci n'est pas astucieux. D'une part parce que ces bienfaits sont contingents (étendre la langue française aurait pu se faire "autrement"). Et d'autre part parce que le terme "colonisation" est beaucoup trop connoté pour espérer faire admettre des points positifs à la masse (par ailleurs purement contingents).
Qu'espère t-on d'un tel sujet ? Sinon mettre en évidence la fameuse rhétorique ringarde des gauchistes qui remplacent la colonisation par l'immigration de masse ? Au même titre que certains croyants ont remplacé Dieu par un dogme de la science, toujours dans la croyance et non la réflexion.
Si parler des bienfaits de la francophonie a un sens, elle en aurait bien davantage sans l'associer au terme "colonisation" dont on sait qu'on récoltera des critiques (comme c'est le cas dès le début de ce sujet, ou alors dès le départ on explique et définit) et qu'on sait pertinemment que TOUS ne nuancent pas leurs propos et qu'ils chercheront à instrumentaliser ces nuances.
C'est comme si vous espériez de la part d'une majorité la compréhension des nuances sans clairement les formuler et sans même prévoir sa réaction. C'est vraiment très pratique de jouter face à des membres dont on sait qu'ils vont pester contre votre approche.
Que serait-il passé si la France ne s'était pas approprié des colonies en Afrique ?
Et bien la réponse est évidente, il me semble.
Les anglais, les allemands et les belges auraient tout pris ! Et quasiment toute l'Afrique aurait parlé anglais.
C'est du concret historique. Ce n'est pas une réponse vaporeuse, du style, ces peuples auraient pu se développer autrement.
Tu ne tiens pas compte du contexte historique !
A cette époque, il y avait une compétition féroce entre les puissances européennes.
A cette époque le caoutchouc synthétique n'existait pas. Il faut comprendre cela. Et l'industrie naissante avait un besoin de plus en plus important de caoutchouc pour les joints, les premiers pneus, etc ...
C'est un exemple de ressources qu'il fallait contrôler et maîtriser pour être une grande puissance industrielle.
Dire oh là là , la colonisation c'est pas morale, c'est pas gentil, comment nos aïeux ont pu faire cela, franchement c'est un niveau d'analyse historique qui n'est même pas du niveau de ...
Ce n'est rien comprendre à l'histoire.
A cette époque, la France était dans l'obligation d'avoir des colonies, sinon elle aurait été écrasée économiquement par l'Angleterre et l'Allemagne.
Il faut bien comprendre qu'à cette époque la France était une très grande puissance. On dirait aujourd'hui une superpuissance.
La France n'avait pas encore été saignée par la première guerre mondiale, et elle n'avait pas subi l'infamante défaite de 1939 qui l'a relégué à un rôle mineur.
Si la décolonisation s'est faite dans les années 60, c'est aussi parce qu'à cette époque les deux principales puissances colonisatrices la France et l'Angleterre avait perdu leur rang et que les états-unis et l'URSS étaient devenu les 2 hyperpuissances.
Evidemment que cette colonisation s'est faite très souvent par les armes, que toutes les populations ne se sont pas laissées faire.
Et c'est vrai aussi qu'il y a eu du travail forcé, des constructions de voies ferrées qui ont coûté à des dizaines de milliers de travailleurs africains.
Mais il y a eu aussi des dispensaires, des écoles où on apprenait le français et aussi des constructions d'infrastructures.
Je suis d'accord avec Kelenner pour que la France s'excuse quand il y a eu du travail forcé ou des exactions.
Mais la France ne peut pas s'excuser pour la colonisation en général.
L'avantage de prôner le déterminisme quand on parle du passé, c'est qu'étant inscrits pour toujours les faits historiques laissent entendre qu'effectivement, par la complexité d'une situation donnée, tout devait mener inéluctablement à la colonisation; et que juger cela avec les yeux du XXIe siècle n'a effectivement aucun sens...
Par ailleurs si tu m'accuses de faire la morale en mettant des jugements de valeur sur la colonisation de l'époque (note plus bas à ce propos)...qu'en est-il des jugements de valeurs des retombées actuelles de la colonisation. Nous ne sommes plus dans le passé, et alors Victor tu peux te permettre un petit coup de "y'a des bienfaits, quand même, admettez-le"...du point de vue de la sociologie, n'est-ce pas un peu simpliste et moralisateur aussi que de juger de telles retombées ?
Concernant la morale tout ça, je ne crois pas avoir écrit quoique ce soit, en terme de valeurs, sur la colonisation à l'époque. Je dis simplement que le passé est le passé, d'une part, et qu'à l'avenir, la colonisation ce n'est pas éthique...mais aussi que mettre en parallèle "colonisation" et "bienfaits" dans un débat où l'on sait ce qu'on va récolter comme réponses...ce n'est pas intelligemment orienter le débat.
Et comme d'après Victor l'Histoire est régie pas le déterminisme, toute la teneur de nos propos sont inéluctables, je n'aurais jamais pu écrire autre chose que ce que j'écris là actuellement (c'est assez terrible, en fait, de le réaliser en même temps qu'on l'écrit en fait, que dirait Laborit à ce sujet, flippant)
A priori le prochain message de Victor ne peut donc pas être une surprise contingente, nos arguments ne sont pas assez bons et inéluctablement il voudra renchérir sur sa position
Du coup quitte être enfermé dans une spirale infernale, je me range du côté de Kelenner, qui ajoute des exemples et souligne assez bien ce que je voulais dire aussi.




