Quelques-uns, au sein de la communauté éducative, s’offusquent de ce qu’ils perçoivent comme un « rétropédalage politique ». Mais beaucoup, du côté des parents d’élèves notamment, s’en félicitent : une partie des sections bilangues devraient être maintenues à la rentrée 2016 – jusqu’à 70 %, avancent les syndicats d’enseignants, tout en pointant de « très fortes disparités d’un rectorat à l’autre » –, et ce quoi qu’ait pu déclarer, au printemps 2015, Najat Vallaud-Belkacem en divulguant son projet de « collège 2016 ».
A l’époque, le ministère de l’éducation avait créé la polémique en annonçant que ces dispositifs permettant d’apprendre deux langues dès la classe de 6e, soupçonnés d’élitisme parce qu’ouverts à une minorité d’élèves (16 %), seraient « rendus obsolètes » par l’apprentissage « par tous » d’une seconde langue vivante dès la 5e – un an plus tôt qu’aujourd’hui. Autrement dit, que les bilangues perdraient leur raison d’être avec la réforme du collège, promise pour septembre 2016.
L’annonce avait résonné défavorablement bien au-delà des cercles d’enseignants : de Jean-Marc Ayrault à Chantal Jouanno, politiques mais aussi intellectuels et économistes s’étaient émus, y compris outre-Rhin, de la suppression d’un « dispositif qui marche ». Najat Vallaud-Belkacem en avait pris bonne note : très vite, la rhétorique ministérielle s’était recentrée sur le maintien des « bilangues de continuité » proposées en 6e là où une autre langue que l’anglais est enseignée au primaire. Soit « quasiment nulle part », ironisaient ses détracteurs.
Dix mois sont passés, et les associations d’enseignants de langues, à commencer par les germanistes pour qui l’enjeu est de taille – les trois quarts des bilangues couplent dès la 6e allemand et anglais – reconnaissent que la rentrée 2016 s’annonce « moins pire qu’escompté ». C’est aussi la démonstration qu’entend faire Mme Vallaud-Belkacem en présentant, vendredi 22 janvier, une « carte des langues » pour l’année 2016-2017 censée renforcer l’offre linguistique du CP à la 3e… notamment en zone d’éducation prioritaire (ZEP). La preuve que ces sections ne sont pas (ou pas seulement) ce privilège pour quelques-uns pointé du doigt il y a quelques mois.
Académie de Paris préservée
Reste que la promesse d’un « renforcement » des langues fait rire jaune, sur le terrain. Selon le décompte – encore partiel – réalisé par l’ADEAF, association de professeurs d’allemand, Paris est la seule académie à tirer son épingle du jeu : elle ne renoncera, en septembre, à aucune bilangue. Le rectorat confirme : dans la capitale, seront bien maintenues les 84 sections « allemand-anglais » mais aussi 24 « espagnol-anglais », 9 « chinois-anglais », 7 « italien-anglais », 5 « portugais-anglais », 4 « russe-anglais » et 3 « arabe-anglais ».
« Partout ailleurs, le recul est net », regrette Thérèse Clerc, présidente de l’ADEAF. Avec des académies qui s’en sortent mieux que d’autres, comme Montpellier, Nice-Toulon ou encore Clermont, qui n’enregistreraient « que » de 10 % à 15 % de pertes. Mais Poitiers, Grenoble, Rouen ou Lyon en perdraient de 70 % à 75 %. Lille près de 60 %, Limoges plus de 40 %… Dans l’académie de Caen, il faudra pratiquement faire sans.
« Ici on va supprimer des bilangues, là les maintenir, mais cela se fait sans vision pérenne »
Le SNES-FSU, syndicat majoritaire, a lui aussi sorti sa calculatrice : il a d’ores et déjà comptabilisé 65 % de sections supprimées à Lyon… contre 10 % pour Marseille. « Est-ce ainsi que la gauche entend donner les mêmes chances à tous ? », interroge Mme Clerc. « Les inégalités sont criantes d’une académie à l’autre, mais elles se dessinent aussi entre les départements, voire d’un collège à l’autre, renchérit Jean-Marc Delagneau, président de l’Association des professeurs de langues vivantes (APLV). Ici on va supprimer des bilangues, là les maintenir, mais cela se fait sans vision pérenne… et sans toujours respecter à la lettre les textes réglementaires », regrette cet universitaire.
Une « souplesse » dont les professeurs osent à peine se plaindre… mais qu’ils ont du mal à s’expliquer. « De nombreux collègues nous annoncent le “décès” de leur bilangue, quelques-uns son sauvetage en tant que “bilangue de continuité”, comme c’est d’ailleurs mon cas, témoigne Isabelle Demariaux, qui enseigne l’allemand près de Saint-Etienne. Mais récemment une collègue a signalé que sa bilangue était maintenue alors qu’aucune école de son secteur ne propose l’allemand : elle n’en revient toujours pas ! »
Procès d’élitisme nuancé
Parmi les conséquences de ce « bricolage » laissé au bon vouloir des recteurs d’académie, une crainte revient dans toutes les bouches : celle de voir des professeurs se retrouver en « sous-service », et pas seulement ceux d’allemand si, comme le redoute M. Delagneau, de l’APLV, « toutes les langues, de l’italien au russe, paient un lourd tribut à la réforme ». Pour éviter des suppressions de postes – un bien mauvais signal, à seize mois de la présidentielle, pour un gouvernement qui s’est engagé à en créer 60 000 –, des professeurs de collège pourraient assurer des heures au primaire. « C’est déjà le cas », confirme-t-on rue de Grenelle.
Progrès pédagogique ? Recul politique ? Selon que l’on se situe dans le camp des « pro » ou des « anti » réforme, la réponse varie. « Au nom de l’égalité, on a voulu très vite – trop vite ? – trouver des coupables aux dysfonctionnements d’un système inégalitaire, analyse Frédérique Rolet, du SNES-FSU. Mais le calcul politique était mauvais : ces sections n’ont pas toujours, en matière de ségrégation, le mauvais rôle qu’on veut leur faire jouer. En ZEP, les supprimer peut être contre-productif et faire fuir les bons élèves vers le privé. » En mai 2015, un rapport de l’Ecole d’économie de Paris, a poussé, de fait, à nuancer le procès en élitisme fait aux bilangues : celles-ci s’adressent davantage aux bons élèves qu’aux élèves bien nés.
« Entre l’idéal d’un collège plus équitable et la nécessité de maintenir des conditions d’emploi correctes, il a bien fallu trouver un compromis, reconnaît Claire Krepper, du syndicat réformiste SE-UNSA. Le principe de réalité l’a emporté. » Le paradoxe, confient la plupart des syndicalistes, c’est que, dans bien des endroits, les bilangues pourraient devoir leur survie à cette part d’autonomie – 20 % – contre laquelle les opposants à la réforme du Collège demeurent mobilisés. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue ce 26 janvier.
L’allemand enseigné dans 1 000 écoles de plus à la rentrée 2016
Si l’on ignore le détail de la « carte des langues » attendue vendredi 22 janvier, une annonce se dessine : Mme Vallaud-Belkacem devrait faire savoir qu’un millier d’écoles supplémentaires enseigneront l’allemand à compter de la rentrée 2016 – ce qui porte leur nombre à 3 800 sur tout le territoire, contre 2 800 actuellement. Quelque 200 autres écoles proposeront une autre langue que l’anglais ou l’allemand. Les enseignants d’allemand sont les premiers concernés par la raréfaction des sections bilangues en collège : le dispositif a permis, en dix ans, d’enrayer la chute des effectifs dans leur discipline. Initiées en 2004, ces sections proposent d’étudier dès la 6e, en plus de l’anglais, une autre langue à raison généralement de 3 heures hebdomadaires chacune. Avec la réforme du collège, une seconde langue est promise à tous les élèves dès la 5e, à raison de 2 h 30 par semaine.
résurrection des classes bilangues, imbroglio
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Re: résurrection des classes bilangues, imbroglio
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Re: résurrection des classes bilangues, imbroglio
Absolument, et vu ce que t'apprends en LVE au collège, tu parles d'une section "d'élite"... Vraiment de la branlette pour parents qui se la pètent, ou qui ne veulent pas que leur petit chéri cotoie des noirs et des arabes.sihanouk a écrit : Il faudrait d'abord qu'ils apprennent le français.
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Labrecche
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Re: résurrection des classes bilangues, imbroglio
Les langues c'est bien, mais pas seulement, il faut aussi un fond, parce qu'à quoi sert plusieurs langues quand ont à rien à dire mais tous les débatteurs se foutent de ce problème, par la suite il ne faut pas s'étonnait que des jeunes se laissent manipuler par des religieux quand un adolescent ne peut pas donner la valeur réelle à leurs arguments tel que: est-ce que tu peux croire que l'Homme est venu sur Terre à cheval sur une comète?
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Re: résurrection des classes bilangues, imbroglio
Dans le même ordre d'idée d'incohérence éducative, lu dans rue89starsbourg:
Mais là c'est pire: comment une région frontalière et qui a longtemps été bilingue pour ne pas dire trilingue en est arrivé à cette situation alors que dans d'autres pays ça ne pose pas de problème.Deux semaines après la rentrée, plusieurs classes bilingues d’écoles primaires de Strasbourg sont toujours sans professeur en langue allemande. Ce problème génère quelques situations ubuesques dans les écoles et remet le dispositif en question.
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hornby
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Re: résurrection des classes bilangues, imbroglio
Il y a quand mème des noirs et des arabes qui peuvent suivre en classe bilangue ?
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Re: résurrection des classes bilangues, imbroglio
les enfants d'origine arabe / berbère - s'ils voulaient bien bosser !-
ne seraient pas mauvais en langue .
Leur langue leur permet d'entendre et de reproduire bcp plus de sons que le Français.
mais voilà c'est comme pour tout : faut travailler , apprendre , refaire.. et là ..
ne seraient pas mauvais en langue .
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"Les prophètes font parler Dieu, comme un ventriloque fait parler sa marionnette" P. Gripari.
"Ce n'est pas parce que l'on n'est pas d'accord avec l'autre qu'on a raison "
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Re: résurrection des classes bilangues, imbroglio
Labrecche a écrit : Les langues c'est bien, mais pas seulement, il faut aussi un fond, parce qu'à quoi sert plusieurs langues quand ont à rien à dire
on ne peut exprimer en argumentant que ce que l'on pense ; après avoir observé , analysé , déduit ...
et là c'est le vide .
Plus on parle de langues , plus on a de vocabulaire dans sa langue maternelle,
plus l'apprentissage d'une autre LV est facilité.
Les classes bilingues / bi- langues oui mais à condition de mettre le paquet sur l'enseignement du français avant et pendant !
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