http://www.lemonde.fr/afrique/article/2 ... L-32280515Au terme d’une étude très fouillée des sources de la Tradition musulmane, Hela Ouardi, professeur à l’Institut supérieur des sciences humaines de l’université Tunis El Manar, et membre associé du Laboratoire d’études sur les monothéismes du CNRS, apporte un éclairage inédit sur les derniers jours de Mahomet.
Vous venez de publier un ouvrage très documenté intitulé « Les derniers jours de Muhammad ». Quelles ont été vos sources ?
Mes sources sont le Coran et ses multiples exégèses ainsi que les livres les plus anciens de la Tradition musulmane (sunnite et chiite) : les recueils d’hadiths du Prophète, les différents récits biographiques écrits sur lui et ses compagnons ainsi que les chroniques historiques comme celle, majeure, de Tabarî (IXe - Xe siècle).
Soit des milliers de pages contenant des versions diverses, tantôt concordantes, tantôt contradictoires. Il m’a donc fallu me livrer à une minutieuse enquête, pour essayer, en historienne, de restituer les faits ou en tout cas de s’en approcher.
La Tradition musulmane a élaboré une représentation idéalisée de Mahomet alors que le Coran rappelle qu’il n’est qu’un homme semblable aux autres. Il aurait été en quelque sorte déshumanisé. Dans votre livre ne retrouve-t-il pas toute son humanité ?
« Mahomet a manifestement beaucoup souffert durant les derniers mois de sa vie. Il ne s’agissait pas seulement de la douleur physique due à la maladie qui lui a été fatale »
Je le souhaite en tout cas ! Mon objectif était en effet de rendre le Prophète de l’islam à son humanité, à laquelle renvoie explicitement le Coran dans les sourates 18 et 41. Pour ce faire, j’ai tenté de mettre en évidence l’aspect tragique qui caractérise la fin de son existence et qui donne au personnage une dimension esthétique sublime, comparable à celle des héros de la tragédie grecque.
Comme le dit le philosophe Arthur Schopenhauer « la tragédie est la forme suprême de la poésie ». Mahomet a manifestement beaucoup souffert durant les derniers mois de ...
voilà qui va surement donner lieu à des fatwas de morts...
les croyants n'aiment pas qu'on fouille et qu'on délie le vrai du faux dans leur fadaises....

