LE FAIT DU JOUR. Matignon sonne la mobilisation générale avec un plan gouvernemental composé de 80 mesures qui devraient être annoncées ce lundi.
Pour le Premier ministre, Manuel Valls, il s'agit d'un « document stratégique de type livret blanc », censé résumer la politique du gouvernement en matière de lutte contre la radicalisation et le terrorisme. Entouré d'une ribambelle de ministres (Intérieur, Justice, Défense, Education nationale, Recherche, Santé, Culture, Jeunesse et Sports...), le chef du gouvernement présentera ce lundi matin la feuille de route du Comité interministériel pour la prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR). Un catalogue de 80 mesures plus ou moins inédites, qui vont de la mobilisation des armées sur le terrain à la meilleure prise en charge des victimes de terrorisme, qui révèle surtout le souci d'associer le plus grand nombre d'acteurs de la société, publics comme privés, laïcs mais aussi religieux, à cette problématique.
Une « mobilisation générale », dixit Manuel Valls, qui part d'un constat sans concession. « La radicalisation et le terrorisme sont liés, argumente le Premier ministre. On est face à un phénomène sournois qui a pénétré très largement la société et qui la menace, car il peut se massifier. La radicalisation d'une partie de notre jeunesse, séduite par un modèle de contre-société mortifère, est à mon sens le défi le plus grave auquel nous faisons face depuis la Seconde Guerre mondiale, car il abîme en profondeur le pacte républicain. »
Doubler les capacités de prise en charge des personnes radicalisées
Si le plan présenté ce lundi matin comporte toute une série de mesures purement sécuritaires, il met aussi l'accent sur la déradicalisation. Sans fixer de doctrine, mais avec un objectif général : doubler d'ici à deux ans les capacités de prise en charge des personnes radicalisées ou en voie de radicalisation, et de leurs familles.

