Le plus pénible avec la nouvelle polémique Benzema, ce n'est pas tant le débat nauséeux qu'elle provoque que ce que cela annonce pour les semaines à venir. Un mois de football, partout, tout le temps, et des politiques à l'unisson. Personne n'échappera aux métaphores lourdes de sens sur «le rôle de l'entraîneur», «l'importance du jeu collectif», «l'esprit d'équipe» ou «les matchs qu'il faut jouer jusqu'au bout». A moins d'un an de l'élection présidentielle, l'Euro 2016 se pose là comme grille de lecture lourdingue de la campagne à venir.
Le spécialiste, c'est François Hollande. Grand amateur de football, le président de la République parle tout le temps de politique au travers du ballon rond. Comme la semaine dernière en évoquant la Panenka, cette manière particulière de tirer un penalty d'une simple pichenette: «Ça, c'était un ballon tout mou. Parfois les mous peuvent atteindre la perfection, la subtilité, l'élégance, la surprise». Sa victoire en 2017 en serait une, et de taille. Depuis2012, son camp a perdu toutes les élections intermédiaires. «Il ne faut pas gagner les matchs qui ne sont pas nécessaires, il faut gagner ceux qui sont importants», expliquait-il en 2015, après une défaite de la France en match amical.
François Hollande ayant prévu d'assister à tous les matchs de l'équipe de France, les spectateurs risquent de beaucoup l'entendre, à la mi-temps ou en fin de match. Pour l'heure, il ne parlera pas de la polémique Benzema. Sur le sujet, le chef de l'Etat a déjà son avis. Il remonte à la France «black-blanc-beur» de 1998. «Ça a été un mirage», confiait-il en décembre 2014. Mirage qui, à l'évidence, s'est bien dissipé depuis.
Ils profitent de toutes les aides sociales et c'est pas prêt de changer

