Le phare de DunkerqueArrivé de Grenoble mercredi 28 septembre à midi, les 81 CRS de la compagnie 47 ont découvert un hébergement aux conditions d’hygiène déplorables. Les hommes ont refusé de prendre leur cantonnement dans ces conditions
Après plus de 24 heures de route depuis Grenoble, les 81 CRS isérois s’attendaient à un hébergement décent avant de prendre leur service pour Calais. « On est parti mardi de Grenoble à 7h du matin. Après une étape à Saint-Quentin, on a repris la route mercredi matin et en arrivant ici, c’était juste impossible », raconte Éric Lecointre, délégué Unsa grenoblois. « On a découvert quelque chose de complètement insalubre. Des cantonnements mal tenus, on en a déjà vu, mais là c’est le summum. » Photos à l’appui, les représentants syndicaux listent ce qu’ils ont découvert : « Les égouts de la cuisine qui débordent, la literie tachée, des poils pubiens dans les chambres, des excréments dans les toilettes… »
14 heures de nettoyage
Pour les policiers, la coupe est pleine. Leur hiérarchie est prévenue et un bras de fer s’engage entre le personnel du motel et les CRS. À 21 h, le nettoyage n’est toujours pas satisfaisant. « On en est au quatrième au niveau des sanitaires et on continue de découvrir des saletés… », ajoute François Nedelec, délégué Alliance police-nationale. « Nos collègues vont revenir vers 2h du matin, après un service à Calais avec le contexte que l’on connaît. Ils veulent juste rentrer et se reposer. Là , ça ne sera pas possible. »
Les policiers menacent de dormir dans leurs véhicules de service. « On ne demande pas des couverts en argent, juste de la propreté, des draps sains et de l’hygiène dans les sanitaires. Là , aucune de ces trois conditions n’étaient réunies. Même si un bel effort est fait depuis que nous sommes arrivés, ce n’est pas suffisant. »
Après près de 14 heures de nettoyage, les CRS grenoblois ont finalement pu investir leurs bungalows en bordure de l’A25. « La nuit a été difficile, nos collègues qui sont rentrés à 2h du matin ont fait changer leurs matelas par exemple… Maintenant, on va voir comment ça se passe pour la suite. » La compagnie grenobloise prend ses quartiers pour 15 jours, avant de partir pour une autre affectation.
Pas la première fois
Ce n’est pas la première fois que le Motel 25 est l’objet du courroux des CRS cantonnés là . En octobre 2015, une compagnie refusait d'’occuper les bungalows. Bungalows qui sont d’ailleurs illégaux, puisqu’ils ne respectent pas le plan local d’urbanisme. Ils doivent être démontés (voir notre article du mois de juin).
Faute d’hébergements disponibles, les cantonnements dans cet hôtel continuent malgré tout.
Lucas Gellé
Comme la population l'état en a "rien a foutre".
