Ils sont considérés comme des figures centrales de la guerre de la drogue qui ensanglante Marseille. Les frères Bengler, François et Nicolas, ont écopé ce jeudi de 20 ans de prison pour un violent enlèvement, mais échappé à une condamnation pour assassinat.
A l'énoncé du verdict, François Bengler, 35 ans, décrit comme le « boss » du clan dit des « Gitans », a poussé un profond soupir de soulagement et fait un clin d'oeil à ses proches.
Deux lieutenants condamnés:
La cour d'assises d'Aix-en-Provence venait de l'acquitter pour le règlement de comptes sanglant du Clos la Rose, le 19 novembre 2010. Cette fusillade avait provoqué une « onde de choc nationale » à cause de l'âge de ses victimes, un adolescent de 16 ans tué et un enfant de 11 ans blessé à la kalachnikov. Six ans après, elle reste impunie, comme une majorité des règlements de comptes qui endeuillent la cité phocéenne.
Les frères Bengler ont par contre été reconnus coupables d'un violent enlèvement suivi d'une séquestration, moins d'un mois après l'homicide du Clos la Rose. Deux de leurs lieutenants, Anis Rezigue et Nordine Ouertani, écopent de 15 et 10 ans de prison. Un troisième co-accusé, qui ne s'est pas présenté et avait un rôle périphérique, a été condamné à 5 ans. Un mandat d'arrêt le vise, rapporte La Provence.
La plupart des témoins ont fait défection:
Ces faits ont donné un aperçu de la violence dans laquelle évoluent les frères Bengler, un « univers impitoyable » où tout est permis « par cupidité », selon l'avocat général Pierre Cortès. Prétextant d'un différend sur une transaction de drogue, ils avaient enlevé le frère d'un buraliste des quartiers nord, l'avaient frappé, violenté et menacé de mort. Pour sa libération, ils réclamaient un million d'euros. La police les a finalement arrêtés dans la villa isolée où, lourdement armés, ils détenaient leur victime depuis six jours.
Au procès, les avocats de la défense ont souligné l'absence de preuve matérielle, ADN ou empreintes par exemple, dans le dossier du Clos la Rose. Emmanuel Marsigny, l'avocat de François Bengler, a notamment critiqué les témoignages « sous X » ou anonymes sur lesquels reposait une bonne partie de l'instruction, entravée par l'omerta. A l'audience, la plupart des témoins ont fait défection.
Prendre en compte « l'ensemble de leur oeuvre criminelle »
« On a pris quelques libertés coupables avec la notion de procès équitable », a plaidé le conseil de Nicolas Bengler, Frédéric Monneret, pour qui « l'enquête avait une orientation unique » : les Bengler. Appelant les jurés à prendre en compte « l'ensemble de leur oeuvre criminelle », l'avocat général Pierre Cortès avait requis 30 ans de réclusion criminelle contre les deux frères.
Il avait dressé la chronique de la vendetta meurtrière qui oppose le clan des Bengler, dit des « Gitans », aux rivaux des « Blacks », organisés autour d'une famille d'origine comorienne, depuis une dizaine d'années. A coups d'exécutions sommaires à la kalachnikov, cette lutte aurait fait plusieurs dizaines de morts. Mais la plupart de ces épisodes sanglants n'ont pas été élucidés formellement ou se sont soldés par des non-lieux.
16 morts sur les 10 derniers mois :
Loin de s'éteindre, le conflit aurait fait 16 morts sur les seuls 10 derniers mois, de source policière. Les enquêteurs sont persuadés que les frères Bengler continuent de tirer les ficelles depuis leur cellule. Nicolas Bengler a d'ailleurs été mis en examen récemment pour sa participation, depuis la cellule, à un trafic de cocaïne de synthèse. Preuve à ses yeux que les frères sont loin de penser à raccrocher, l'avocat général a cité une écoute téléphonique. Nicolas Bengler y donne, au téléphone depuis la prison, des conseils à son fils.
La conversation surréaliste de Nicolas Bengler avec son fils:
« Il faut bien travailler à l'école, ensuite tu pourras apprendre à conduire les bateaux », lui explique-t-il. « Dès que tu sais conduire un bateau, tu peux gagner tout ce que tu veux, fils... Avec le bateau, tu vas jusqu'au Brésil, au Venezuela, en Colombie... Tu sais qui c'est Pablo Escobar ?
- «Qui?», demande son fils.
- «C'est un voyou, fils. Il ramenait la drogue, il la vendait. C'est là -bas qu'ils fabriquent la drogue. Faut aller là -bas en bateau à voile et tu ramènes de la drogue... Tu fais ça trois fois et t'as plus besoin de travailler dans la vie, fils...»
Réplique du fils : « J'ai que 10 ans p'pa... »
Source:Le Parisien.
Deux caïds de la drogue à Marseille lourdement condamnés.
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Deux caïds de la drogue à Marseille lourdement condamnés.
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Re: Deux caïds de la drogue à Marseille lourdement condamnés.
Marseille. Sa crasse, ses grandes gueules, ses assassinats. Et on nous sort "Plus belle la Vie"(série vulgaire, violente etc...)
La Sagesse n'est pas de ce monde.
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Re: Deux caïds de la drogue à Marseille lourdement condamnés.
on dirait le scénario d"une série de canalCrapulax a écrit : Preuve à ses yeux que les frères sont loin de penser à raccrocher, l'avocat général a cité une écoute téléphonique. Nicolas Bengler y donne, au téléphone depuis la prison, des conseils à son fils.
La conversation surréaliste de Nicolas Bengler avec son fils:
« Il faut bien travailler à l'école, ensuite tu pourras apprendre à conduire les bateaux », lui explique-t-il. « Dès que tu sais conduire un bateau, tu peux gagner tout ce que tu veux, fils... Avec le bateau, tu vas jusqu'au Brésil, au Venezuela, en Colombie... Tu sais qui c'est Pablo Escobar ?
- «Qui?», demande son fils.
- «C'est un voyou, fils. Il ramenait la drogue, il la vendait. C'est là -bas qu'ils fabriquent la drogue. Faut aller là -bas en bateau à voile et tu ramènes de la drogue... Tu fais ça trois fois et t'as plus besoin de travailler dans la vie, fils...»
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Source:Le Parisien.
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Re: Deux caïds de la drogue à Marseille lourdement condamnés.
sihanouk a écrit : Marseille. Sa crasse, ses grandes gueules, ses assassinats.
Et on nous sort "Plus belle la Vie" (série vulgaire, violente etc...)
Marseille ..l'appartement témoin de la future France si on laisse faire ..
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"Les prophètes font parler Dieu, comme un ventriloque fait parler sa marionnette" P. Gripari.
"Ce n'est pas parce que l'on n'est pas d'accord avec l'autre qu'on a raison "
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