Mais Allora, Cuba est bien devenue, malgré la férocité des USA, un modèle pour de nombreux pays d'Amérique latine.
Le plus célèbre est le Nicaragua de 1979 qui chassa un autre Battista: Somoza.
Il y a eu des mouvements de guérilla au Salvador (FMLN) au Guatemala (UNRG).
Plus tard, il y a eu le Vénézuela de Chavez (qui avait bien des points communs avec Castro), la Bolivie de Morales, l'Equateur de Correa.
Tous ont fait ressurgir la crainte de l'effondrement de l'Empire des gringos, initié par Cuba.
9 Cubains sur 10 ont voulu quitter Cuba?
On se demande alors pourquoi ils ne l'ont pas fait, alors que le régime castriste a ouvert deux fois EN GRAND les portes et laissé partir ceux qui le souhaitaient vers la Floride.
A peine quelques dizaines de milliers, alors que Cuba compte 11 millions d'habitants!
Toute la machine à propagande est lancée...
Sujets sur Cuba, diffusion de documentaires (Fidel Castro, l'enfance d'un chef et un autre, moins grossier, sur Arte dont j'ai raté le début et ignore donc le titre).
Une Cubaine écrivain "réfugiée" dans un beau salon parisien lui reprochait d'avoir fait disparaître la culture cubaine au profit de la culture soviétique! Hallucinant de sottise.
Compay Segundo chantait le casatchok?
Qu'est-ce qui est certain?
Castro, dans les premières semaines a fait ou laissé fusiller après jugement, des criminels et des indics au service de Battista.
Moi ça me rappelle furieusement l'épuration en France en 1944-45.
Le mouvement populaire était au départ assez faible et s'en est remis à son autorité de chef militaire pour laquelle il avait un goût certain et a concouru au culte de sa personnalité.
Il a donc éliminé certains concurrents et même d'anciens camarades non communistes quand il fallait payer le prix du seul soutien possible: celui de l'URSS.
Mais la dernière exécution a eu lieu en 2003, alors qu'il y en a des dizaines chaque année aux USA, sans parler des crimes racistes de la police de certains états.
Moi, je reste... fidèle aux paroles de l'Internationale, principes fondateurs du mouvement ouvrier.
"Il n'est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni tribun"
Mais globalement il a défendu de façon conséquente des réformes radicales dans des conditions difficiles à un point dont il est difficile de se faire une idée...sauf si on se rappelle l'Histoire de la Révolution Française, qui a commis aussi quelques abus pour se défendre.
Mais qui compare Robespierre à Hitler ou Staline?
A part un royaliste, bien sûr.
Avec des troupes et une base militaire (Guantanamo, où on torture) américaines sur son sol, à environ 800 km de la Floride.
Avec des ressources économiques très limitées (culture de la canne à sucre, qu'Allora considère comme une torture à Cuba...mais pas au reste des Antilles).
Avec très tôt un blocus total.
Avec comme seul allié l'URSS, perdu en 1989 avec des conséquences effroyables, dont les menaces de Reagan.
Son régime autocratique mais soutenu par la majorité du peuple a tenu après la chute de l'URSS dont il dépendait entièrement sans exercer de terreur de masse (comme en Corée du Nord).
Il a réussi, malgré sa dépendance économique avec l'URSS, à en rester indépendant politiquement (Castro est resté longtemps à la tête des pays non alignés) jusqu'à l'intervention militaire soviétique en Afghanistan.
L'Intervention (malgré l'URSS) internationaliste en Angola contre l'Unita soutenue par Israël et l'Afrique du Sud période apatheid, fallait quand même le faire: ce n'était pas la politique d'un dictateur stalinien.
Ca n'entraîne pas mon adhésion mais pas non plus mon rejet.
Restent les réformes, les acquis de la "révolution"...
Colonisation: tête de pont de la barbarie dans une civilisation d'où, à n'importe quel moment, peut déboucher la négation pure et simple de la civilisation. Aimé Césaire "Discours sur le colonialisme"