Hdelapampa a écrit : Victor a écrit :
Imaginons un président élu sur un programme et que les manifestations (la rue) bloquent l'application de son programme.
Doit-on forcément le condamner comme un politique menteur n'appliquant pas son programme ?
ou comme un politique tenant compte des réalités sociales et d'un rapport de forces en sa défaveur ?
Gouverner, ce n'est pas dérouler son programme mécaniquement.
Un programme, ce n'est pas une partition musicale que les ministres doivent suivre scrupuleusement.
Mais la rue, les manifestations ne sont pas légitimes, c'est juste une contrainte que les gouvernements doivent prendre en compte comme le prix du pétrole ou les tensions internationales.
Comme vous dites, cela relève de l'imagination.
Nous ne serons jamais d'accord.
1) Les droits de grève et de manifestation sont LEGAUX.
2) Au lieu d'imaginer, réfléchissons.
L'enjeu de cette élection est d'abord d'arriver au 2 ème tour AFIN DE FAIRE MAIN BASSE sur les votes d'une partie de ceux qui N'ont PAS voté "pour" le programme au premier, mais pour un AUTRE.
Le vainqueur aura fait AU PREMIER TOUR bien moins que 50 % des votes exprimés.
Quelle est donc la légitimité de son programme auquel moins de 30% des votants auront souscrit?
Si l'on doit avoir plus de 50% au premier tour pour être élu ... On peut des faire des centaines d'élections sans élire jamais un président et une assemblée.
"Les droits de grève et de manifestation sont LEGAUX." Légaux ne veut pas dire légitime.
La grève de pilotes de ligne déjà très bien rémunérés et réclamant d'autres hausses de salaire, sachant que leur grève bloque totalement la compagnie aérienne est-elle légitime ?
C'est juste un rapport de forces. Ils peuvent bloquer la compagnie car ils sont indispensables, ils vont donc obtenir des salaires encore plus élevés, ce qui se fera au détriment d'autres catégories de personnels bien moins rémunérés mais dont la grève éventuelle ne bloque pas immédiatement la compagnie aérienne.
On doit certainement trouver le même type de chantage à la SNCF entre les personnels roulants et les non-roulants.
Les progrès sociaux dans le monde globalisé du 21ième siècle ne peuvent pas se mettre en oeuvre de la même manière que ceux du 19ième ou même du 20ième siècle.
Les populations occidentales sont devenues essentiellement des populations petites-bourgeoises ( autrement appelées classe moyenne) en mode défense de leur statut de petit-bourgeois. Les discours marxistes ou révolutionnaires du type LO ou NPA n'accrochent plus sur ces populations.
Les véritables luttes sociales ne devraient plus avoir comme "champ de bataille" les pays développés occidentaux mais tous les nouveaux pays industriels où la condition ouvrière reste le plus souvent difficile.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
Alexis de Tocqueville