
Lancée en novembre 2011 à Carpentras (Vaucluse), la roue, une monnaie locale complémentaire (MLC), a le vent en poupe. Aujourd'hui Marseille, le pays salonnais, Aix-en-Provence et les Alpes-de-Haute-Provence sont déjà des territoires conquis. La ville d'Arles et les Hautes-Alpes seront bientôt intégrées au dispositif.
Le principe est simple: les personnes intéressées se rendent dans des comptoirs de change spécifiques et transforment leurs euros en roues à parité (1 roue = 1 euro). Mais la monnaie est «fondante», elle perd de sa valeur dans le temps, le but étant de ne pas la stocker. L'objectif est de dynamiser les échanges locaux, de consommer en circuit court. La roue ne peut donc ni être épargnée ni être investie. Si l'on paye son boucher avec, il devra à son tour s'en servir pour payer son pain.
La roue fonctionne à l'identique des quelque 40 autres monnaies locales complémentaires qui ont fleuri en France, si ce n'est qu'elle est la seule à rassembler plusieurs associations et donc à être en circulation dans différents départements. Initiées et gérées par le secteur associatif, les monnaies locales sont imprimées localement et mises en service par des associations. Elles sont reconnues comme partenaires de l'économie sociale et solidaire depuis la loi de juillet 2014 et sont soutenues par les conseils régionaux.
Bien que la masse monétaire en circulation dans toute la France et le nombre d'utilisateurs restent faibles, la mission d'étude sur les monnaies locales indique que ces chiffres évoluent très vite en raison de l'expansion forte de certains projets comme la roue, qui rassemble approximativement 1500 utilisateurs, l'eusko au Pays Basque, le stück en Alsace ou encore la gonette à Lyon. Paris pourrait même très bientôt voir la (...)

