Tout d'abord, merci d'avoir ouvert ce sujet. C'est une discussion ouverte, intéressante où différents points de vue peuvent s'exprimer sans que cela tourne au pugilat.crepenutella a écrit :Alors là je te comprends tout à fait.Scribe a écrit : Cela ne sert à rien de bosser dans une filière qu'on n'aime pas, juste parce qu'elle serait porteuse. On finit tôt ou tard par l'abandonner. C'est ce que j'ai fait : j'ai abandonné ma licence pour m'inscrire dans une voie plus commerciale. À peine ai-je obtenu mon diplôme (bac +2) que j'étais déjà démoralisé par cette filière, ça ne me plaisait déjà plus du tout d'y bosser. Pendant trois ans, j'ai cumulé des petits boulots. Actuellement, je suis une formation continue en transport-logistique. J'ai répété mon erreur : j'ai voulu m'insérer dans une voie qui me convenait que moyennement mais qui était porteuse. Cette formation ne me plaît pas plus que ça et je me vois déjà mal y bosser.
J'ai éprouvé plus de plaisir à vendre des sandwiches, à faire des inventaires et même à être opérateur de saisie qu'à faire mon stage d'études.
Le problème est qu'à partir d'un certain âge, on ne peut plus se permettre "d'étudier ce que l'on aime", il y a un impératif financier qui vous oblige à vous caser. Et quand on a des gosses, c'est encore pire. Ça me déprime rien que rien d'y penser.Franchement, qui ne rêverait pas de revenir à ses 17-18 ans ?
Je croyais que mes études me mettrait à l'abris du besoin et me permettrait de faire un travail qui me plairait...je n'ai eu ni l'un ni l'autre. Deux licences pour être auxiliaire de vie lol (bon après j'ai laissé m'a santé à la fac, et je n'ai pu finir mon master alors que je savais que sans un bac+5 j'aurais pas de taf, c'est les aléas de la vie auxquels on ne pense pas quand on est jeune). . Enfin, elles m'ont au moins permis de postuler pour être prof contractuel.
En revanche il ne faut pas oublier l'importance des études en ce qui concerne sa vie sociale. Ma compagne est assez brillante et bardée de diplome (plus que moi), c'est elle qui ramêne le plus d'argent...et je dois dire que si je l'ai séduite, c'est pas grâce à mon taf d'auxiliaire de vie...parceque ça fait pas rêver. C'est surtout par ma capacité à lui faire des visites guidé de Rome, du Louvre, de Paris, Bordeaux, Versailles, Londres ect, lui conseiller des pièces de théatre à voir ou des operettes sympas et fun. C'est ma capacité à converser avec ces amis ingénieurs et à m'entendre avec eux, comme mon aisance dans les receptions et autres gala auxquels elle participe. En gros mes connaissances en économie, droit, art ,histoire, sociaux, ne me servent pas au boulot mais me servent en société...ce n'est pas négligeable. Ce n'est pas moi qui hissera ma famille dans la classe supérieure, je le sais maintenant...mais peut-être mes gosses. Ca me console.
Mon sentiment, c'est que tu confonds un peu rapidement études et culture.
Certes, c'est plutôt rare mais j'ai connu plusieurs personnes n'ayant fait aucune études supérieures mais qui étaient très cultivées.
Par la lecture d'essais historiques, littéraires, artistiques, ou en sciences humaines, il est possible au plus grand nombre d'acquérir un bon niveau culturel sans pour autant passer par la case études supérieures.
Personnellement j'essaie de lire régulièrement des essais parmi ceux qui sortent régulièrement.
Néanmoins, il ne faut pas oublier que certains ouvrages nécessitent des pré-requis.
Peut-on comprendre et même simplement lire la "critique de la raison pure" de Kant sans avoir un très très bon niveau en philosophie ? Non, c'est impossible.
Le fait d'avoir suivi des études en économie, en droit, en sociologie ou en psychologie ne sera d'aucune utilité.
Et c'est évidemment encore pire pour comprendre des démonstrations mathématiques de haut niveau ou des calculs de sciences physiques.
En résumé, je dirais attention à ne pas confondre culture et études. J'ai connu des X-mines sans grande culture générale.
Les études, c'est soit une passion, une vocation, soit un choix pragmatique, soit un mix des deux.
Mais effectivement, comme dit plus haut, avec l'âge, les responsabilités, l'aspect financier et pratique peut finir par l'emporter sur le choix "affectif".
Par contre, faire des études pour se "cultiver", ce n'est vraiment pas le bon plan.
