Sociologie électorale

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Kelenner
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Sociologie électorale

Message par Kelenner »

Sans grande surprise, mais significatif, des études sociologiques prouvent que les électeurs sont de plus en plus repliés vers des votes "de classe", allant naturellement vers le candidat qui leur semble défendre leurs intérêts immédiats :

https://www.challenges.fr/election-pres ... tes_459894

On y apprend notamment :

-Macron est le candidat des CSP +, cadres, dirigeants d'entreprise (36% dans ces catégories professionnelles) et des travailleurs indépendants. Il réalise aussi de bons scores chez les retraités, et attire pas mal de jeunes lassés par le manque de renouvellement des dirigeants politiques. Bref, un électorat clairement libéral, pro-européen, plutôt de gauche modérée sur les questions sociétales.

-Marine Le Pen capte à 45% le vote des catégories populaires, ouvriers et petits employés.

-Fillon est devenu quasi exclusivement le candidat des retraités, qui représentent pratiquement 50% de son électorat potentiel ! Il est laminé chez les travailleurs, où il recueille moins de 10% d'intentions de vote, et encore moins chez les jeunes et les précaires.

Bref, même si tout ceci n'est pas spécialement nouveau, un problème se posera en cas d'élection de Fillon ou de Macron, comme c'est désormais une quasi-certitude. On aurait donc soit un candidat soutenu uniquement par des vieux et rejeté unanimement par tous ceux qui font tourner la machine; soit celui des actifs aisés et globalement bénéficiaire du système européo-libéral actuel, favorables au statu quo. Les autres catégories sociales, votant peu ou pour une candidate qui n'a aucunement l'intention de se préoccuper de leur sort, sont exclus du débat public. Ne toucherait-on pas là aux limites de la "démocratie" telle qu'on la pratique depuis des décennies ? La question n'a sans doute jamais été aussi brûlante...
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Re: Sociologie électorale

Message par gare au gorille »

Kelenner a écrit : Sans grande surprise, mais significatif, des études sociologiques prouvent que les électeurs sont de plus en plus repliés vers des votes "de classe", allant naturellement vers le candidat qui leur semble défendre leurs intérêts immédiats :

https://www.challenges.fr/election-pres ... tes_459894

On y apprend notamment :

-Macron est le candidat des CSP +, cadres, dirigeants d'entreprise (36% dans ces catégories professionnelles) et des travailleurs indépendants. Il réalise aussi de bons scores chez les retraités,et attire pas mal de jeunes lassés par le manque de renouvellement des dirigeants politiques. Bref, un électorat clairement libéral, pro-européen, plutôt de gauche modérée sur les questions sociétales.

-Marine Le Pen capte à 45% le vote des catégories populaires, ouvriers et petits employés.

-Fillon est devenu quasi exclusivement le candidat des retraités, qui représentent pratiquement 50% de son électorat potentiel ! Il est laminé chez les travailleurs, où il recueille moins de 10% d'intentions de vote, et encore moins chez les jeunes et les précaires.

Bref, même si tout ceci n'est pas spécialement nouveau, un problème se posera en cas d'élection de Fillon ou de Macron, comme c'est désormais une quasi-certitude. On aurait donc soit un candidat soutenu uniquement par des vieux et rejeté unanimement par tous ceux qui font tourner la machine; soit celui des actifs aisés et globalement bénéficiaire du système européo-libéral actuel, favorables au statu quo. Les autres catégories sociales, votant peu ou pour une candidate qui n'a aucunement l'intention de se préoccuper de leur sort, sont exclus du débat public. Ne toucherait-on pas là aux limites de la "démocratie" telle qu'on la pratique depuis des décennies ? La question n'a sans doute jamais été aussi brûlante...
Mais ils sont cons ou quoi ces jeunes. Suivre Macron, je veux bien, mais pour le renouvellement de la classe politique, alors que Macron lui même est sortant de l'ancien gouvernement et qu'il entraine avec lui toutes les vieilles badernes de la politique. C'est ça le renouvellement, j'ai l'impression que Macron c'est mon grand père.
* il pleut doucement sur la ville *
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Re: Sociologie électorale

Message par Kelenner »

Je n'ai pas dit qu'ils avaient raison, il y a bien une grande partie des classes populaires qui va voter pour Marine Le Pen sans y avoir le moindre intérêt. Macron est jeune, et dans un système gérontocratique où le poids du vote des retraités est déterminant, il peut représenter une alternative séduisante pour toute une catégorie de la jeunesse (les diplômés qui espèrent faire carrière, mais aussi les chauffeurs Uber par exemple) dont les politiciens ne se préoccupent jamais. Ils ont sans doute tort, mais ils existent.
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Re: Sociologie électorale

Message par véra »

Kelenner a écrit : Je n'ai pas dit qu'ils avaient raison, il y a bien une grande partie des classes populaires qui va voter pour Marine Le Pen sans y avoir le moindre intérêt. Macron est jeune, et dans un système gérontocratique où le poids du vote des retraités est déterminant, il peut représenter une alternative séduisante pour toute une catégorie de la jeunesse (les diplômés qui espèrent faire carrière, mais aussi les chauffeurs Uber par exemple) dont les politiciens ne se préoccupent jamais. Ils ont sans doute tort, mais ils existent.

moi je suis retraitée, et je ne sais pas pour qui je vais voter, je n'aime pas quand on généralise comme ça ! :(
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Re: Sociologie électorale

Message par Yann Begervil »

gare au gorille a écrit : Mais ils sont cons ou quoi ces jeunes. Suivre Macron, je veux bien, mais pour le renouvellement de la classe politique, alors que Macron lui même est sortant de l'ancien gouvernement et qu'il entraine avec lui toutes les vieilles badernes de la politique. C'est ça le renouvellement, j'ai l'impression que Macron c'est mon grand père.
Ouais, alors ils n'ont qu'a voter Nabilla !
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Re: Sociologie électorale

Message par Victor »

Kelenner a écrit : Sans grande surprise, mais significatif, des études sociologiques prouvent que les électeurs sont de plus en plus repliés vers des votes "de classe", allant naturellement vers le candidat qui leur semble défendre leurs intérêts immédiats :

https://www.challenges.fr/election-pres ... tes_459894

On y apprend notamment :

-Macron est le candidat des CSP +, cadres, dirigeants d'entreprise (36% dans ces catégories professionnelles) et des travailleurs indépendants. Il réalise aussi de bons scores chez les retraités, et attire pas mal de jeunes lassés par le manque de renouvellement des dirigeants politiques. Bref, un électorat clairement libéral, pro-européen, plutôt de gauche modérée sur les questions sociétales.

-Marine Le Pen capte à 45% le vote des catégories populaires, ouvriers et petits employés.

-Fillon est devenu quasi exclusivement le candidat des retraités, qui représentent pratiquement 50% de son électorat potentiel ! Il est laminé chez les travailleurs, où il recueille moins de 10% d'intentions de vote, et encore moins chez les jeunes et les précaires.

Bref, même si tout ceci n'est pas spécialement nouveau, un problème se posera en cas d'élection de Fillon ou de Macron, comme c'est désormais une quasi-certitude. On aurait donc soit un candidat soutenu uniquement par des vieux et rejeté unanimement par tous ceux qui font tourner la machine; soit celui des actifs aisés et globalement bénéficiaire du système européo-libéral actuel, favorables au statu quo. Les autres catégories sociales, votant peu ou pour une candidate qui n'a aucunement l'intention de se préoccuper de leur sort, sont exclus du débat public. Ne toucherait-on pas là aux limites de la "démocratie" telle qu'on la pratique depuis des décennies ? La question n'a sans doute jamais été aussi brûlante...
Tout d'abord merci d'ouvrir un sujet une peu plus "sociologique" que purement politique.
Effectivement, tout ceci n'est pas nouveau. Mais je ne vois pas pourquoi l'élection de Fillon ou de Macron poserait plus de problèmes que l'élection d'autres candidats à cause de la sociologie de leur électorat.
Ce qui peut poser des problèmes voire des énormes problèmes, c'est la politique menée, pas le type d'électorat qui a voté pour tel ou tel candidat.
Qu'un programme ou les thèmes abordés par un candidat plaisent plus à telle ou telle catégorie d'électeurs n'est pas en soi une garantie de l'efficacité et de la justesse d'une politique.
Ce n'est pas, par exemple, parce qu'un candidat s'adresse principalement aux ouvriers que si ce candidat était élu et si il mettait en oeuvre son programme, cela serait favorable aux ouvriers.
Imaginons par exemple, que ce type de candidat soit élu et augmente fortement le SMIC, passe la durée hebdo à 30 heures, interdit les licenciements et augmentent les cotisations patronales et les impôts sur les sociétés. Quelles en seraient les conséquences ? Une perte de compétitivité dramatique de l'économie française et un accélération tout aussi dramatique des délocalisations industrielles => un chômage qui explose => quels gains pour l'ouvrier français ?
Il n'y a pas de liens automatiques entre l'électorat sociologique d'un candidat et la pertinence de la politique qu'il propose.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
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Re: Sociologie électorale

Message par hornby »

Il devrait ètre prudent Fillon avec son électorat : la grippe a provoqué cet hiver 25000 décès chez les plus de 65 ans ??? En liquidant l'assurance maladie comme il en a l'intention, Fillon risque de liquider son électorat ? :D
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Re: Sociologie électorale

Message par Victor »

hornby a écrit : Il devrait ètre prudent Fillon avec son électorat : la grippe a provoqué cet hiver 25000 décès chez les plus de 65 ans ??? En liquidant l'assurance maladie comme il en a l'intention, Fillon risque de liquider son électorat ? :D
Ben non. Parce que le nombre de retraités est en croissance !
Le ratio nombre de retraités / nombre d'actifs croit.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
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Re: Sociologie électorale

Message par Kelenner »

Victor a écrit : Tout d'abord merci d'ouvrir un sujet une peu plus "sociologique" que purement politique.
Effectivement, tout ceci n'est pas nouveau. Mais je ne vois pas pourquoi l'élection de Fillon ou de Macron poserait plus de problèmes que l'élection d'autres candidats à cause de la sociologie de leur électorat.
Ce qui peut poser des problèmes voire des énormes problèmes, c'est la politique menée, pas le type d'électorat qui a voté pour tel ou tel candidat.
Qu'un programme ou les thèmes abordés par un candidat plaisent plus à telle ou telle catégorie d'électeurs n'est pas en soi une garantie de l'efficacité et de la justesse d'une politique.
Ce n'est pas, par exemple, parce qu'un candidat s'adresse principalement aux ouvriers que si ce candidat était élu et si il mettait en oeuvre son programme, cela serait favorable aux ouvriers.
Imaginons par exemple, que ce type de candidat soit élu et augmente fortement le SMIC, passe la durée hebdo à 30 heures, interdit les licenciements et augmentent les cotisations patronales et les impôts sur les sociétés. Quelles en seraient les conséquences ? Une perte de compétitivité dramatique de l'économie française et un accélération tout aussi dramatique des délocalisations industrielles => un chômage qui explose => quels gains pour l'ouvrier français ?
Il n'y a pas de liens automatiques entre l'électorat sociologique d'un candidat et la pertinence de la politique qu'il propose.
Et bien moi, je trouve que quand un candidat comme Fillon possède un électorat aussi déséquilibré, ça pose un vrai souci de légitimité. Imaginons un instant qu'il soit élu président, en ayant fait 40% chez les retraités et moins de 10% chez les actifs au premier tour. Le constat est sans appel, il est rejeté par la totalité des travailleurs (chez les jeunes et les précaires, c'est encore plus massif) et plébiscité par tous ceux qui ne bossent plus et sont à la charge des premiers, pour des raisons évidentes que chacun comprendra et qu'il est inutile de détailler. Quand il voudra mettre en oeuvre ses réformes dont, je le rappelle, quasiment aucun travailleur ne veut, et qui ne concernent que très peu les retraités bien à l'abri, comment pourra-t-il les faire accepter ? Il y a là un vrai souci de démocratie, les vieux imposant aux autres ce dont ils ne veulent absolument pas, alors même qu'ils ne sont pas concernés. Même chose pour Macron qui, lui aussi, est le candidat d'une certaine classe sociale.
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Re: Sociologie électorale

Message par Victor »

Kelenner a écrit :
Victor a écrit : Tout d'abord merci d'ouvrir un sujet une peu plus "sociologique" que purement politique.
Effectivement, tout ceci n'est pas nouveau. Mais je ne vois pas pourquoi l'élection de Fillon ou de Macron poserait plus de problèmes que l'élection d'autres candidats à cause de la sociologie de leur électorat.
Ce qui peut poser des problèmes voire des énormes problèmes, c'est la politique menée, pas le type d'électorat qui a voté pour tel ou tel candidat.
Qu'un programme ou les thèmes abordés par un candidat plaisent plus à telle ou telle catégorie d'électeurs n'est pas en soi une garantie de l'efficacité et de la justesse d'une politique.
Ce n'est pas, par exemple, parce qu'un candidat s'adresse principalement aux ouvriers que si ce candidat était élu et si il mettait en oeuvre son programme, cela serait favorable aux ouvriers.
Imaginons par exemple, que ce type de candidat soit élu et augmente fortement le SMIC, passe la durée hebdo à 30 heures, interdit les licenciements et augmentent les cotisations patronales et les impôts sur les sociétés. Quelles en seraient les conséquences ? Une perte de compétitivité dramatique de l'économie française et un accélération tout aussi dramatique des délocalisations industrielles => un chômage qui explose => quels gains pour l'ouvrier français ?
Il n'y a pas de liens automatiques entre l'électorat sociologique d'un candidat et la pertinence de la politique qu'il propose.
Et bien moi, je trouve que quand un candidat comme Fillon possède un électorat aussi déséquilibré, ça pose un vrai souci de légitimité. Imaginons un instant qu'il soit élu président, en ayant fait 40% chez les retraités et moins de 10% chez les actifs au premier tour. Le constat est sans appel, il est rejeté par la totalité des travailleurs (chez les jeunes et les précaires, c'est encore plus massif) et plébiscité par tous ceux qui ne bossent plus et sont à la charge des premiers, pour des raisons évidentes que chacun comprendra et qu'il est inutile de détailler. Quand il voudra mettre en oeuvre ses réformes dont, je le rappelle, quasiment aucun travailleur ne veut, et qui ne concernent que très peu les retraités bien à l'abri, comment pourra-t-il les faire accepter ? Il y a là un vrai souci de démocratie, les vieux imposant aux autres ce dont ils ne veulent absolument pas, alors même qu'ils ne sont pas concernés. Même chose pour Macron qui, lui aussi, est le candidat d'une certaine classe sociale.
Mais dans un pays où les retraités sont de plus en plus nombreux, il est logique qu'ils aient un poids électoral plus important.
Tout comme, à l'inverse, les agriculteurs de moins en moins nombreux pèsent de moins en moins lourd.
Si on suit ta logique, moi qui considère que les fonctionnaires sont totalement "out" et hors du circuit économique ne devraient pas avoir le droit de vote.
On pourrait comme cela, retirer aussi le droit de vote à ceux qui vivent de l'assistanat , etc ..
Et on pourrait aussi revenir au suffrage censitaire !?
Ton jugement sur le programme de X ou de Y est subjectif. C'est ton jugement. Personne ne peut prouver absolument que ce propose untel ou untel est meilleur ou pire pour la France. Si l'on pouvait mathématiquement noté les programmes, tout le monde voterait pour celui qui aurait la meilleure note.
Ce n'est pas parce que telle catégorie de personnes pensent que le programme de Fillon est mauvais, qu'il est forcément mauvais.
Ces personnes pensent que le programme est mauvais parce qu'elles n'y trouvent pas ce qu'elles aimeraient y trouver.
Tout cela me semble évident.
Imagine qu'un candidat propose une très forte augmentation du point d'indice des fonctionnaires, une majorité de fonctionnaires y seraient évidemment favorables. Alors que c'est certainement une très mauvaise mesure dans un pays avec des déficits publics aussi important que la France.
Et que l'une des deux priorités les plus importants pour la France, c'est de rééquilibrer ses finances publiques.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
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Re: Sociologie électorale

Message par crepenutella »

C'est interessant. Il y a de plus en plus de retraités. Les gens peuvent aujourd'hui profiter un peu plus longtemps de leur retraite qu'avant. La conséquence c'est que les oisifs compte donc pour beaucoup dans l'électorat qui devient de plus en plus decon'ecté du monde du travail et de la réalité.
10:5 Dans quelque maison que vous entriez, dites d'abord: Que la paix soit sur cette maison!

10:6 Et s'il se trouve là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui; sinon, elle reviendra à vous.
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Re: Sociologie électorale

Message par Victor »

crepenutella a écrit : C'est interessant. Il y a de plus en plus de retraités. Les gens peuvent aujourd'hui profiter un peu plus longtemps de leur retraite qu'avant. La conséquence c'est que les oisifs compte donc pour beaucoup dans l'électorat qui devient de plus en plus decon'ecté du monde du travail et de la réalité.
Enfin, normalement, les retraités ont connu une longue expérience du monde du travail avant leur retraite.
Expérience bien plus importante que les jeunes qui sont en recherche d'un premier emploi ou qui débutent leur carrière professionnelle.
Cela me semble évident.
Non, ce qui change, c'est que le nombre de commerçants, d'artisans ou d'agriculteurs, donc d'électeurs qui gèrent leur propre affaire (ventes, charges, gestion du personnel) diminue et que le nombre de déconnectés, salariés, fonctionnaires qui ne voient que le net en bas de leur bulletin de paie augmentent.
C'est pour cela que les discours démagos passent plus facilement dans l'opinion publique.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
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Re: Sociologie électorale

Message par Kelenner »

Victor a écrit :
Enfin, normalement, les retraités ont connu une longue expérience du monde du travail avant leur retraite.
Expérience bien plus importante que les jeunes qui sont en recherche d'un premier emploi ou qui débutent leur carrière professionnelle.
Cela me semble évident.
Non, ce qui change, c'est que le nombre de commerçants, d'artisans ou d'agriculteurs, donc d'électeurs qui gèrent leur propre affaire (ventes, charges, gestion du personnel) diminue et que le nombre de déconnectés, salariés, fonctionnaires qui ne voient que le net en bas de leur bulletin de paie augmentent.
C'est pour cela que les discours démagos passent plus facilement dans l'opinion publique.
Je déconnecte le vote de la pertinence des programmes. Quant aux jugements sur la "démagogie" des uns et des autres, elle est également bien présente chez Fillon, simplement elle ne s'adresse logiquement pas au même coeur de cible : il caresse les retraités, qui votent pour lui, dans le sens du poil; en revanche il en met plein la gueule aux salariés qui de toute manière ne le choisiront jamais.

Aucun programme ne peut satisfaire tout le monde car la politique est affaire de choix. Mais un candidat qui recueille, grosso modo, le même nombre de voix dans chaque catégorie de la population -c'était, par exemple, le cas de Hollande- ne pourra pas a priori être suspecté de rouler uniquement pour telle ou telle classe sociale. Ca me semble quand même essentiel. On peut prendre un exemple encore plus frappant avec l'élection américaine : environ 40 Etats sur 50 sont joués d'avance, et les candidats n'y font parfois même pas campagne. Ils se rendent uniquement là où le vote est indécis, et pour convaincre les électeurs hésitants sont prêts à promettre absolument n'importe quoi -comme Trump l'a fait avec la réouverture des mines de charbon, qui n'aura sûrement jamais lieu et est un non-sens intégral, mais qui lui a peut-être permis de remporter un ou deux Etats-clés là où cette question avait de l'écho chez certaines personnes. Là, on atteint vraiment les limites de la démocratie, et la question mérite vraiment d'être posée.
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Re: Sociologie électorale

Message par Victor »

Kelenner a écrit :
Victor a écrit :
Enfin, normalement, les retraités ont connu une longue expérience du monde du travail avant leur retraite.
Expérience bien plus importante que les jeunes qui sont en recherche d'un premier emploi ou qui débutent leur carrière professionnelle.
Cela me semble évident.
Non, ce qui change, c'est que le nombre de commerçants, d'artisans ou d'agriculteurs, donc d'électeurs qui gèrent leur propre affaire (ventes, charges, gestion du personnel) diminue et que le nombre de déconnectés, salariés, fonctionnaires qui ne voient que le net en bas de leur bulletin de paie augmentent.
C'est pour cela que les discours démagos passent plus facilement dans l'opinion publique.
Je déconnecte le vote de la pertinence des programmes. Quant aux jugements sur la "démagogie" des uns et des autres, elle est également bien présente chez Fillon, simplement elle ne s'adresse logiquement pas au même coeur de cible : il caresse les retraités, qui votent pour lui, dans le sens du poil; en revanche il en met plein la gueule aux salariés qui de toute manière ne le choisiront jamais.

Aucun programme ne peut satisfaire tout le monde car la politique est affaire de choix. Mais un candidat qui recueille, grosso modo, le même nombre de voix dans chaque catégorie de la population -c'était, par exemple, le cas de Hollande- ne pourra pas a priori être suspecté de rouler uniquement pour telle ou telle classe sociale. Ca me semble quand même essentiel. On peut prendre un exemple encore plus frappant avec l'élection américaine : environ 40 Etats sur 50 sont joués d'avance, et les candidats n'y font parfois même pas campagne. Ils se rendent uniquement là où le vote est indécis, et pour convaincre les électeurs hésitants sont prêts à promettre absolument n'importe quoi -comme Trump l'a fait avec la réouverture des mines de charbon, qui n'aura sûrement jamais lieu et est un non-sens intégral, mais qui lui a peut-être permis de remporter un ou deux Etats-clés là où cette question avait de l'écho chez certaines personnes. Là, on atteint vraiment les limites de la démocratie, et la question mérite vraiment d'être posée.
Si on rentre dans ton raisonnement, on voit que les politiciens qui jouent une classe sociale contre le restant de la population, c'est la gauche qui ayant comme base électorale les fonctionnaires et particulièrement les enseignants les caresse toujours dans le sens du poil afin de conserver leurs faveurs électorales.
Et ceci au détriment de l'ensemble de la population qui doit payer des impôts toujours plus élevés pour payer tous ces fonctionnaires et leurs retraites (très longues et très coûteuses).
La droite, au contraire, recherche bien plus l'intérêt général en essayant d'optimiser le fonctionnement économique pour le bien de tous.
En démocratie, une voix, c'est une voix.
Ce n'est pas parce qu'un programme trouve un écho favorable dans tel segment de la population et pas dans un autre qu'il est bon ou mauvais pour l'intérêt général. Je dirais même que cela n'a rien à voir. Il n'y a pas un électorat qui détiendrait à priori plus la vérité qu'un autre.
C'est juste une question de sensibilité à certains thèmes ou une compréhension différente des priorités.
Relax nous a rabâché que l'électorat frontiste était peu qualifié. Est-ce à dire que la voix d'un électeur peu qualifié ne vaut pas la voix d'un électeur fortement qualifié ?
Le vrai débat politique, c'est la confrontation des idées, pas la confrontation de ses électorats.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
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Re: Sociologie électorale

Message par crepenutella »

Oue, enfin s'il n'y avait pas les fonctionnaires pour porter toute l'économie, le secteur privé aurait pietre allure. L'immobilier par exemple s'effondrerait sans la capacité de crédit des fonctionnaires. Et qui paye le plus d'impôt? Le fonctionnaire qui a sa petite maison, ou le salarié du privé qui vie dans un studio en collocation car il n'aura jamais la possiblité d'investir entre deux cdd d'un mois?
10:5 Dans quelque maison que vous entriez, dites d'abord: Que la paix soit sur cette maison!

10:6 Et s'il se trouve là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui; sinon, elle reviendra à vous.
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