Emmanuel Macron vit sa deuxième semaine en tant que président de la République officiellement investi. Il a choisi Édouard Philippe pour le seconder, un Premier ministre issu des rangs de la droite.
Quel regard portent les Français sur ce duo d'un nouveau genre à la tête de l'État ? Le baromètre BVA pour Orange et La Tribune déchiffre les bonnes et mauvaises opinions des Français à l'égard du nouveau gouvernement, mais aussi à l'égard des principales personnalités qui composent le paysage politique.
Sujet ouvert avec un "pas mal" non partisan pour contrebalancer le "très bas" un chouia partisan
► La popularité d'Emmanuel Macron en début de quinquennat (62%) est similaire à celle de ses prédécesseurs
Deux semaines après son élection, Emmanuel Macron bénéficie d'une popularité relativement élevée :
62% des Français déclarent avoir une bonne opinion de lui, contre 35% qui sont de l'avis contraire. Ce score est très proche de celui mesuré pour François Hollande à son arrivée à l'Elysée (61% en mai 2012).
Sur le plan politique, Emmanuel Macron réussit pour le moment son pari de dépasser les clivages partisans traditionnels :
il séduit ainsi aussi bien les sympathisants PS (88%) que LR (69%) ou UDI (76%).
En revanche, une majorité de sympathisants FN a une mauvaise opinion de lui (61%) tout comme les trois quarts des sympathisants de la France insoumise (75%) :
les nouvelles lignes de fracture apparues lors de la présidentielle semblent donc désormais davantage structurer l'opinion que l'ancien clivage gauche-droite.
► Edouard Philippe bénéficie d'un a priori positif : près de six Français sur dix (59%) ont une bonne opinion de lui
La popularité d'Edouard Philippe se situe juste en dessous de celle d'Emmanuel Macron, à 59%, signe que sa nomination suscite un a priori plutôt positif. Ce score est inférieur à celui de Jean-Marc Ayrault en mai 2012 (65%), mais il est proche de celui obtenu par François Fillon en 2007 (57%).
Sa nomination, loin de l'avoir éloigné des siens, semble par ailleurs plutôt validée par les sympathisants LR qui sont 69% à lui témoigner de la sympathie.
► Nicolas Hulot, le nouveau visage que les Français veulent voir s'imposer
L'ancien animateur se hisse d'emblée en tête de notre classement, avec une cote d'influence bien supérieure à celle de toutes les autres personnalités testées : 58% des Français souhaitent ainsi qu'il ait un rôle important à l'avenir. Les sympathisants de gauche sont particulièrement nombreux à le souhaiter (71%), tout comme les sympathisants En Marche (82%).
► Jean-Luc Mélenchon conserve son leadership à gauche
Si le leader de la France insoumise ne domine plus notre classement comme c'était le cas juste avant le premier tour de l'élection présidentielle (sa cote d'influence auprès de l'ensemble des Français passe de 44% à 32%), il conserve une réelle assise à gauche puisqu'il demeure la personnalité que les sympathisants de la gauche non socialiste souhaitent le plus avoir de l'influence à l'avenir (82%).
► A droite, François Baroin toujours en tête
François Baroin, qui dirige la campagne des législatives pour le parti LR et espère imposer à Emmanuel Macron une cohabitation, s'impose comme la figure clé de la droite : 67% des sympathisants de droite souhaitent ainsi qu'il ait de l'influence à l'avenir, loin devant ses challengers que sont Xavier Bertrand (53%) et Laurent Wauquiez (53%).
*Enquête BVA-Salesforce pour La Tribune et Orange réalisée auprès d'un échantillon de Français recrutés par téléphone puis interrogés par Internet du 22 au 23 mai 2017. Échantillon de 1011 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus dont 85 sympathisants du Parti socialiste et 185 sympathisants d'autres partis de la gauche, 207 sympathisants de la droite (dont 149 sympathisants Les Républicains), 209 sympathisants La République en Marche et 148 sympathisants du Front national. La représentativité de l'échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille et profession de l'interviewé après stratification par région et catégorie d'agglomération.

