GEORGES a écrit :
1-Nicolas Sarkozy a effectivement dit qu'il n'aurait pas recours au référendum. Mais il n'a pas dit que ça. Pour justifier cette annonce, il a aussi dit qu'il ferait ratifier un mini-traité simplifié, donc autre chose que le traité rejeté en 2005, et que c'est cette différence qui justifie le vote parlementaire à la place du référendum. Or, précisément, le traité de Lisbonne n'est ni mini, ni simplifié. C'est du copié/collé.
Je ne suis pas le seul à le dire, Giscard d'Estaing, qui n'est pas un anarchiste et qui n'est pas incompétent sur le sujet de la Constitution européenne, a écrit le 26 octobre dans Le Monde une tribune qui me prend les mots de la bouche, mais qui ont plus de force dans sa bouche à lui.
Il dit que le traité est illisible pour les citoyens, il dit que les propositions institutionnelles se retrouvent intégralement dans le traité de Lisbonne, mais dans un ordre différent. Il dit aussi que les outils sont exactement les mêmes, que la boîte a été redécorée en utilisant un modèle ancien qui comporte trois casiers dans lesquels il faut fouiller pour trouver ce que l'on cherche.
Il n'a jamais dit "mini" traité, mais simplement traité simplifié. Et par simplifié, ça peut tout sous-entendre. Il n'a jamais détaillé autrement la chose, lui laissant la liberté d'agir. Et la plupart des traités internationaux sont illisibles pour les citoyens, en raison de leur degré de complexité juridique. Les précédents traités européens ne font pas exception. Ce n'est pas parce que le traité est inintelligible pour le citoyen sans formation juridique que ça ne vaut rien.
Il dit qu'on est évidemment loin de la simplification, et il pose la question : quel est l'intérêt de cette subtile manœuvre ? D'abord, et avant tout, échapper à la contrainte du recours au référendum, grâce à la dispersion des articles et au renoncement au vocabulaire constitutionnel.
Vous pourriez faire l'effort de mettre entre guillemets la citation exacte du texte de VGE, ce serait moins malhonnête que de les reprendre comme si c'était vos propos...
Je trouve quand même, pour prendre du recul, un peu fort de café qu'on nous présente l'élection du président de la République comme une acceptation en bloc de tout son programme électoral, qui nous priverait ensuite de tout débat. Les gens qui disent ça ont-ils conscience de la trahison de l'idéal démocratique qu'ils cautionnent ?
C'était dans son projet présidentiel. Il n'y a que les idiots qui croient à une trahison alors que c'était son ambition connue. Débattre, d'accord, mais ça c'était à le faire durant la campagne avec les leçons à en tirer pour agir derrière. On reproche assez aux politiques de ne pas tenir leur parole, et lorsque c'est fait, on râle parce que c'était pas ce qu'on voulait... C'est schizophrène comme attitude.
La démocratie, ce n'est pas l'élection, c'est le débat. La démocratie, c'est le respect des opinions dissidentes. La démocratie, c'est le pouvoir du peuple, pas le pouvoir des élus.
Le respect de l'opinion "dissidente" (opposée, c'est plus objectif) ne signifie pas qu'elle a raison ou qu'elle doit être appliquée. Et la démocratie n'est pas plus le pouvoir du peuple que les autres régimes. Quant au débat, il eut lieu pendant plusieurs mois avant d'élire Sarko je crois. Cette définition pour militant benêt n'ayant jamais ouvert un bouquin de philo' politique comme ceux de Aron témoigne d'une douce naïveté touchante chez un adulte. La démocratie, c'est un cadre de compétition d'idées et d'hommes pour le pouvoir de façon pacifique. Tant que le citoyen naïf persistera à croire la définition lincolnienne "pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple", vous serez éternellement un déçu qui ne comprendra pas le régime dans lequel il vit.
Donc il y a bien eu tromperie sur la marchandise. Les faits sont têtus.
Rien ne prouve qu'il y a eu tromperie. Surtout quand ce texte fut promis, annoncé et passé devant l'Assemblée. :roll:
2-Sauf que à chaque fois qu'il y a la merde au Venezuela les USA sont derrière. Tu n'y peux rien mais c'est la réalité.
Il faut des preuves de ça. J'crois pas sur parole un inconnu en ligne. Le Venezuela est un pays qui est disposé sans l'aide des USA à sa propre instabilité en raison d'une histoire politique chaotique, d'un Etat trop peu fort, pas détenteur du monopole de la violence légitime, corrompu et dans un contexte économique insuffisamment stable. Même Chavez a dû utiliser des canaux non-étatiques pour appliquer des mesures sociales via des "missions" sociales qui firent grand bien, mais témoignaient d'un Etat insuffisamment développé, qui n'est pas un Etat moderne...
C'est facile d'accuser les USA (surtout venant d'un anti-américain notoire) sans preuve quand le pays concerné est disposé à faire ses propres folies.