Les représentants des 28 États membres de l'UE se sont enfin mis d'accord ce lundi 27 novembre. Ils ont voté le renouvellement pour cinq ans de la licence du glyphosate, l'herbicide très controversé de l'entreprise Monsanto. Il était temps: la licence actuelle du glyphosate expirait le 15 décembre. Contre toute attente, dix-huit pays ont voté en faveur de la proposition de l'exécutif européen, 9 s'y sont opposés et un pays s'est abstenu, permettant d'atteindre la majorité qualifiée requise (16 États membres qui représentent 65% de la population).
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Le 10 novembre dernier, quatorze pays seulement avaient soutenu la proposition de la Commission. Neuf pays avaient déjà voté contre, dont la France et l'Italie, deux poids lourds démographiques. Cinq États s'étaient abstenus, dont l'Allemagne, qui était en pleine négociation de coalition gouvernementale. Mais notre voisin a finalement voté en faveur de la proposition, après avoir demandé des modifications au texte en lien avec des restrictions sur l'usage privé du glyphosate et le respect de la biodiversité, selon une source proche du dossier. La possibilité de former une coalition sans les écologistes pour le parti d'Angela Merkel pourrait avoir contribué au déblocage de la situation...
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La France, elle, n'a pas changé de position. Le gouvernement restait en faveur du retrait du glyphosate «dans un délai proche», avait affirmé vendredi 24 novembre la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Pour l'instant, tant que le niveau de risque (cancérogène probable) établi par le CIRC (Centre de recherche sur le cancer, qui dépend de l'OMS) «n'est pas rétrogradé, nous restons dans la même ligne» expliquait-elle. La France votera contre le renouvellement du glyphosate pour une durée de cinq ans, a confirmé dimanche 26 novembre dans les colonnes du Journal du Dimanche, Brune Poirson, la secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot. La France milite pour un renouvellement de l'autorisation limitée à trois ans.
L'inquiétude que provoque le glyphosate a conduit à l'ouverture d'enquêtes aux États-Unis. La publication la semaine dernière d'une étude américaine ne montrant pas de lien entre cet herbicide et certains cancers ne suffira probablement pas à calmer les craintes du grand public.
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Si les états membres n'avaient pas réussi à s'accorder, c'est à la Commission et à elle seule que serait revenu la décision. Une option que le commissaire à la Santé Vytenis Andriukaitis avait longtemps refusé, expliquant en substance, qu'il ne voulait pas que l'exécutif européen assume seul la décision sur l'herbicide phare de Monsanto, le plus vendu au monde.
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