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Prendre sa température, toucher sa glaire cervicale, compter les jours de son cycle et, à la fin, espérer ne pas tomber enceinte. Des méthodes d'un autre âge de plus en plus plébiscitées par les femmes. Depuis les scandales sur la pilule de troisième génération, les hormones ont perdu du terrain face à des solutions de contraception dites « naturelles ».
La Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale (FNCGM) alerte aujourd'hui sur ce rejet. Dans un communiqué de presse, sa présidente, Pia de Reilhac, dénonce la fiabilité plus que relative de ces méthodes, à l'origine de nombreux avortements.
Évolution de la contraception entre 1968 et 2013
Infogram
Premier scandale
En janvier 2018, l'hôpital suédois Södersjukhuset a lancé une alerte auprès de l'agence nationale du médicament (MPA). Sur 668 avortements, l'établissement a constaté que 37 avaient été réalisés sur des femmes utilisant l'application Natural Cycles. Lancée il y a un an, elle promet à ses 700 000 utilisatrices une contraception « naturelle » qui se dit fiable à 93 %. En moyenne, cela signifie 7 grossesses pour 100 femmes. Ces statistiques correspondent aux chiffres de l'hôpital, les créateurs de l'application n'ont donc pas exprimé d'inquiétude ou de surprise.
Certifiée par l'Union européenne, l'application Natural Cycles n'est pas la seule à promouvoir ce genre de contraception. En France, plusieurs associations comme Billings, Fertility Care ou encore Cler Amour et Famille (Centre de liaison des équipes de recherche Amour et Famille, dont la plupart sont catholiques, proposent ce type de services.
Les différentes méthodes naturelles : symptothermie (observation quotidienne de la température de la femme puisque, au moment de l'ovulation, celle-ci augmente), Ogino-Knaus (compter les jours à partir des règles pour déterminer le moment de l'ovulation en fonction de la durée du cycle de la femme) et Billings (symptothermie et observation de la glaire cervicale puisque, au moment de l'ovulation, celle-ci devient épaisse).
« Amen aux cycles féminins »
« On appelle cela la parentalité responsable », explique d'emblée Armelle Nollet, la secrétaire générale de Cler Amour et Famille, une association reconnue d'utilité publique qui propose des formations à la contraception « naturelle » à travers un réseau de deux cents bénévoles. En 2017, Cler recensait 700 utilisatrices de sa méthode.
En partenariat avec la Conférence des évêques de France, l'association a développé sa propre terminologie. Véronique Verkimpe explique éviter l'usage du mot « contraception » : « On n'aime pas l'idée d'être contre quelque chose, encore moins contre la conception. » La fertilité « n'est pas une maladie », ajoute-t-elle, reprenant une partie de l'argumentaire défendu par la très médiatique sexologue Thérèse Hargot, qui remet en question l'héritage du féminisme d'après Mai 1968.
L'association vient d'ailleurs de déposer le nouveau nom de sa méthode à l'Inpi (Institut national de la propriété industrielle) : « Cyclamen », comprendre « amen aux cycles féminins », précise Véronique Verkimpe, qui se défend pourtant de proposer une méthode sur la base de valeurs religieuses.
L'épreuve des faits
Dans les faits, l'efficacité de la contraception « naturelle » est relative. Notamment parce que la période d'ovulation chez la femme peut varier en fonction de plusieurs facteurs : fatigue, stress ou encore choc émotionnel. Il n'est donc pas rare que la durée d'un cycle change d'un mois sur l'autre.
Sur le site du gouvernement Choisirsacontraception.fr, on peut ainsi lire que les méthodes naturelles connaissent jusqu'à 25 % d'échecs, ce qui signifie qu'une femme sur quatre qui choisit cette technique tombera enceinte lors de sa première année d'utilisation. À titre de comparaison, le préservatif masculin est efficace à 85 %, la pilule 91 % et le stérilet 99 %.
Un grand merci aux ultra-cathos pour leur pugnacité à créer des drames et spéciale dédicace aux journaleux qui ont inutilement foutu la trouille à beaucoup de femmes avec le soi-disant scandale des pilules de 4ème génération.


