Yann Begervil a écrit :
Encore une fois une fausse accusation...
je n'ai pas parlé de complicité d'antisémitisme, mais de morale élastique et de manque de valeur......
et j'ai adoré "le voyage", mais je n'irai pas applaudir l'homme.
Ouais ! M'accuser de "souplesse" d'esprit ou encore de manque de valeur, une façon détournée bien polie de bien sous-entendre que j'suis dépourvu d'éthique parce que j'oserais reconnaître le talent d'un artiste, fusse-t-il antisémite, qu'il ait commis un homicide ou qu'il est un obsédé sexuel.
Contrairement au peigne-cul lambda qui aime crier au loup avec la foule, j'suis pas du genre à me précipiter pour participer à ce genre d'exercice. Force est de constater qu'on peut raisonnablement reconnaître qualités et défauts et même des horreurs chez tout individu qui existe ou a existé. Les qualités n'effacent pas les défauts, tout comme l'inverse se vaut. Je peux parfaitement applaudir une oeuvre, totalement ou partiellement selon sa qualité, et le talent d'une personne tout en voyant en lui un enfoiré de première catégorie dans d'autres registres.
Si certains préfèrent se réfugier dans une conformité morale qui consiste à répugner la personne et son oeuvre pour éviter un jugement négatif d'autrui ou parce que c'est plus simple intellectuellement que de bien juger l'oeuvre et bien juger la personne séparément, je le comprends bien. Mais ça n'en demeure pas moins lâche ou insuffisant intellectuellement.
Par le passé et même encore aujourd'hui dans le même genre de raisonnement, on a décidé de détruire publiquement ou non des œuvres de juifs, de musulmans, de chrétiens, d'hommes de gauche ou de droite, innocents ou coupables de délits et de crimes, d'homosexuels, etc. parce que les auteurs avaient des croyances, des comportements ou des idées contraires à la norme morale du moment. On s'en foutait complètement du contenu des œuvres, de leur pertinence et du talent qu'ils pouvaient avoir, vu qu'ils étaient coupables (à tort ou à raison) de quelque chose et que ça suffisait à détruire leur travail ou leur interdire d'en produire davantage.
Si je fais cette distinction, c'est parce que toute forme d'inquisition morale sur la création artistique et l'expression intellectuelle est juste une pure connerie. Je suis plus proche d'une conception humaniste que l'actuel moralisme malsain qui règne dans cette affaire. Personne n'est obligé de l'aimer ou aimer sa création, mais personne n'est contraint en retour de devoir supporter un jugement moraliste moyenâgeux parce qu'on aime même un peu l'oeuvre et le talent du personnage et qu'on aimerait le voir sur scène faire sa performance.
Justice a été rendu. Peut-être de façon imparfaite (sûrement même), mais on n'a plus autorisation d'une quelconque façon d'empêcher Cantat de refaire un travail artistique, de se représenter et d'en vivre. Que ceux qui l'aiment pas l'ignorent et passe leur chemin, et la chose sera résolue.