Source:Le Parisien.
Après l’attaque de Christophe Castaner contre le Sénat, les centristes de François Bayrou fulminent : assez d’être négligés par leur allié LREM ! Ils exigent un rééquilibrage de la majorité.
C’est monté crescendo. Toute cette semaine, le MoDem s’est rappelé au bon souvenir d’Emmanuel Macron. Jusqu’à ce que François Bayrou fasse lui-même passer des messages, tant sur le fond de la politique conduite que sur la manière, ce vendredi dans « Le Figaro ». En prenant certes garde de ne jamais se montrer « déloyal », mais sur le mode « voilà pourquoi j’ai signé, si on s’en éloigne, je serai toujours là pour le rappeler », dixit un proche, façon « vigie de la promesse présidentielle ». Car, ajoute un ami, « il aimerait qu’on l’écoute un peu plus, qu’on le respecte plus ».
François Bayrou désapprouve notamment les « attaques » contre le Sénat, alors que les ténors de la Macronie multiplient les coups de griffe contre la commission d’enquête sur l’affaire Benalla. Ce vendredi, Christophe Castaner a été jusqu’à lancer un avertissement à ceux qui « pensent qu’ils peuvent s’arroger un pouvoir de destitution du président » ! Une sortie fort hasardeuse, qui intervient après un coup de fil d’Emmanuel Macron à Gérard Larcher révélé par le site de « L’Obs ».
Bayrou enjoint également Macron à « retrouver avec les Français l’élan du printemps 2017 ». « Ce n’était pas une fausse promesse ! C’était le fond de sa nature, telle que je la perçois : libre face à l’univers technocratique et aux lobbys », relève le maire de Pau, qui prépare justement un livre pour dénoncer le poids de la technostructure. Son analyse ne se fonde pas uniquement sur l’actuel quinquennat, mais la publication de l’ouvrage, prévue pour cet automne, est un message de plus au président.
« Ils ne peuvent pas se permettre de nous perdre »
« Donner des conseils, faire des rappels à l’ordre, c’est consubstantiel à Bayrou. C’est dans sa nature, il n’existe que par ce genre de sorties. Il voulait des places de députés, maintenant il veut des places aux Européennes », soupire un Marcheur, qui pointe sa petite phrase sur la constitution d’une liste unique pour les Européennes : « Cela impose un vrai travail en commun. »
Le moment choisi pour administrer cette piqûre de rappel ne doit rien au hasard. Affaibli par sa rentrée ratée, Macron ne peut essuyer une crise avec son principal allié. D’autant que le MoDem reprend des couleurs au Palais Bourbon, où la candidature de Marc Fesneau a rassemblé au-delà de son groupe, récoltant des voix de Marcheurs. « Ils nous ont méprisés, mais aujourd’hui, ils ne peuvent pas se permettre de nous perdre », lâche un permanent du MoDem.
Castaner s’est d’ailleurs livré ce vendredi à une séance de « câlinothérapie », lors de sa conférence de presse de rentrée. Evoquant la « maison commune », le délégué général de LREM a concédé un mea culpa : « On a eu une forme d’arrogance à ne pas suffisamment travailler avec notre allié du MoDem. Il faut que l’on soit attentif au soutien et à l’exigence de François Bayrou », a-t-il concédé, se disant favorable à ce que députés LREM et MoDem puissent cosigner des amendements. Commentaire d’un centriste : « Il ne faut jamais oublier son allié, quand on a le vent de face. »
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