The Rat Pack a écrit : quo vadis a écrit :
Il faut se mettre du côté des pieds noirs d'une manière inconditionnelle ou bien l'on est voué aux gémonies.
Vous êtes avec nous ou contre nous en somme.
Mais mon pôv'gars, vous ne faites que ça...!
Il suffit de dire que non, tout n'était pas blanc ou noir, mais avait toutes les nuances de gris, que non, tous les pieds-noirs n'étaient pas d'immondes exploiteurs, que les Algériens (pas tous, évidemment) n'ont pas les cuisses très propres, pour que vous nous considériez comme des suppôts de la colonisation, des fachos de la droite extrême, des tortionnaires, et que sais-je encore! En fait, vous nous reprochez ce que vous faites allègrement, pensant sans doute avoir le bon droit, le droit moral pour vous...!
Donc, avant de critiquer, questionnez-vous, et balayez devant votre porte!
Tu lis seulement ce que tu veux....il faut à un moment ou à un autre accepter les crimes de cette colonisation de 130 ans
hors normes.
Maintenant si tu me dis que parmi les occupants allemands, il pouvait y avoir un bon père de famille tranquille,
obligé de faire son service et qui n'a pas de sang français sur les mains...c'est peut-être possible.
Ce qui a été pire que l'occupation allemande, c'est que les colons pieds noirs aussi participaient à la violence, pas seulement les
militaires.
La liste serait interminable à faire sur des décennies de crimes...les ouvrages des historiens français en regorgent.
Toujours la même arrogance et sauvagerie envers l'Indigène considéré comme inférieur...à la différence
de l'Allemand envers le Français occupé...c'est un autre standard qui est appliqué du Cameroun à l'Indochine;
Les paroles de Aimé Césaire n'ont pas pris une ride sur ce sujet.
Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et «interrogés», de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s’étonne, on s’indigne. On dit : «Comme c’est curieux ! Mais, bah ! C’est le nazisme, ça passera !» Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.
Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’un Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.
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