Mickey a écrit : Il y'a une différence entre exprimer sa méfiance à l'égard des homosexuels et les passer à tabac, ça c'est l'oeuvre de musulmans !
ILS PARTAIENT « à la chasse aux Arabes ». Ce soir du 13 septembre 2002, ils n'en ont pas trouvé.
Dépités, ils se sont dirigés vers le parc Léo-Lagrange de Reims, connu pour être un lieu de rencontres homosexuelles, en
quête d'une autre proie facile. Le corps martyrisé de François Chenu, 30 ans, a été découvert le surlendemain par un promeneur, gisant dans un étang du parc.
Franck Billette, Mickaël Régnier et Fabien Lavenus comparaissent à partir de ce matin devant la cour d'assises des mineurs de la Marne pour le meurtre de ce gérant du McDonald's de Sedan (Ardennes). Ils risquent jusqu'à trente ans de réclusion criminelle. Le procès, prévu jusqu'à vendredi, devrait se dérouler à huis clos, Franck Billette étant mineur au moment des faits.
Une violence inouïe
Les soupçons n'ont pas tardé à se porter sur la famille de ce jeune illettré de 16 ans à l'époque, connue pour ses idées d'extrême droite. Les enquêteurs ont découvert que c'est la mère de Franck Billettte qui utilisait le téléphone portable volé à la victime.
Elle et son mari ont reconnu avoir brûlé son portefeuille et ses papiers d'identité.
Le couple sera aussi assis dans le box des accusés.Franck Billette, son copain Mickaël Régnier, 20 ans, et le petit ami de sa soeur, Fabien Lavenus, 23 ans, étaient convenus avant le dîner de partir en expédition punitive à Reims.
Ils ont repéré François Chenu, Régnier l'a abordé, puis insulté, avant que le trio ne se mette à le tabasser à coups de rangers. Projetée dans l'étang, ressortie de l'eau par ses agresseurs, frappée à nouveau, la victime, à l'agonie, aurait subi un dernier assaut de Mickaël Régnier qui lui aurait sauté à pieds joints sur le visage.
Au terme de ce déchaînement de violence inouï, François Chenu a été jeté inconscient dans l'eau, promis à une mort certaine.
« Ce meurtre, c'est avant tout du racisme, la haine de l'autre, de celui qui est différent », insiste Jean-Paul Chenu, le père de la victime.«
Ils avaient monté un véritable guet-apens, avec un scénario bien rodé. Ils ont d'ailleurs reconnu avoir déjà mené plusieurs expéditions punitives de ce type », poursuit M e Agnès Chopplet, avocate des parties civiles.
Fabien Lavenus, Franck Billette et Mickaël Régnier étaient proches des milieux des skinheads. C'était devenu la seconde famille de Lavenus, à l'origine de précédentes équipées dans le parc Léo-Lagrange.
Dans sa chambre, une collection d'objets nazis, pro-hitlériens, antisémites et xénophobes a été découverte. La plupart des membres de la famille Billette, décrite comme « ayant un tempérament primaire », partageaient ces idées d'extrême droite.
Quant à Mickaël Régnier, il avait adhéré au mouvement skinhead dès sa rencontre avec Fabien Lavenus, à l'été 2001, planifiant avec lui l'agression d'homosexuels et d'étrangers.
La mère de François Chenu espère « tout simplement qu'avec ce procès soient rappelées les valeurs essentielles de la société,
le droit à la différence, quelle qu'elle soit ».
Le Parisien
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