en effet, il faut aller plus loin que constater et se réjouir de la progression des investissements étrangers, il faut se demander pourquoi la France devient "attractive" ... elle le devient parce la réforme du code du travail et le plafonnement des indemnités prud'homales facilitent le licenciement et le travail précaire, parce que celle de la flat-tax permet de limiter l'imposition des plus-values, parce que de nombreuses entreprises sont en difficulté, parce que d'autres entreprises sont stratégiques en matière de savoir-faire ...CrazyMan a écrit :Intéressant, cependant j'aimerais mettre en lumière la phrase "Ces projets devraient permettre la création OU le maintien de 33.489 emplois". Pourquoi il n'y a pas plus de précision? Parce que plus de 90% des investissements n'est qu'achat d'actions déjà émises pour pouvoir revendre et se faire une marge. Dans une écrasante majorité des cas, l'investisseur n'est qu'un intermédiaire de plus, c'est de l'économie inutile. Je note également que ton article traite des investissements étrangers et non des riches investisseurs français qui sont la vrai cible de l'ISF....Fonck1 a écrit :
En 2017, toutes les semaines, une moyenne de 25 décisions d'investissement étranger ont été enregistré. Au total, sur l'année, 1298 projets d'investissement étranger ont été recensés, contre 1117 en 2016, soit une hausse de 16% en un an. Ces projets devraient permettre la création ou le maintien de 33.489 emplois sur le territoire français. C'est la «meilleure année depuis 10 ans», relève Business France. La France, juste après l'Allemagne, est ainsi le deuxième pays européen le plus attractif.
http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan ... france.php
en bref tout un contexte qui permet aux investisseurs étrangers de reprendre des entreprises françaises en difficulté et "y remettre de l'ordre" (licenciements ...) pour ensuite les revendre avec plus-value à la clé, prendre des participations dans des entreprises stratégiques en matière de savoir-faire pour se les approprier ...
de plus, dans le cas de prises de participation provenant de multinationales payant leurs impôts dans des paradis fiscaux, on ne peut même pas se réjouir d'un impact positif sur les recettes fiscales.
en un mot, avoir créé l'environnement favorable pour les investisseurs étrangers équivaut peut-être à s'être tiré une balle dans le pied pour ce qui est de l'emploi, de la croissance et de la protection de nos savoir-faire ... l'avenir nous le dira, mais le passé en dit déjà beaucoup ... ci-dessous un article très intéressant sur le sujet
http://manifestepourlindustrie.org/les- ... quel-prix/
Les exemples de fusions et d’acquisitions d’entreprises françaises sont nombreux dans les domaines des hautes technologies, de l’énergie, des infrastructures, des transports ou de la chimie et les entreprises ciblées sont souvent celles en difficulté économique :
Un cas très emblématique du démantèlement progressif de certains champions français est le déclin de l’ancien fleuron industriel Alcatel-Alsthom, successeur de la CGE (Compagnie générale d’électricité créée en 1898), et séparé en deux entités à part en 1998. En 2006, Alcatel fusionne avec l’américain Lucent avant d’être absorbé par le finlandais Nokia en 2015 alors que la branche Energie d’Alstom est reprise par General Electric en 2015 et les activités ferroviaires d’Alstom et Siemens fusionnent d’ici fin 2018. Par ailleurs, toutes les deux sociétés ont considérablement été affaiblies par des poursuites en justice du DOJ (Department of Justice) des Etats-Unis pour des affaires de corruption en Indonésie (Alstom 772 millions de dollars d’amende) et en Amérique centrale (Alcatel 137 millions de dollars) avant d’être obligées à fusionner avec les sociétés américaines (18).
Du côté des investisseurs chinois, eux aussi s’offrent des entreprises de haute technologie française en pleine tourmente économique. CIC (China Investment Corporation) acquiert 30% de GDF-Suez (devenu Engie) afin d’accéder aux technologies de traitement du gaz liquéfié ; Manor Industries et CTI, spécialistes de la transformation des métaux et de la chaudronnerie pour le nucléaire, ont été repris par Yantai Tahai ; Dongfeng prend 14% du capital de Peugeot ; les fabricants français de tunneliers (Neyrpic Framatome Mécanique NFM) et de moteurs marins (Baudoin) passent sous le contrôle respective de Northern Heavy Industries (NHI) et Weichai… (19)
Pour Jean-Michel Quatrepoint, « si la France reste encore cinquième puissance mondiale, c’est aussi parce qu’elle occupe de fortes positions dans quelques grands secteurs industriel majeurs : de l’aéronautique à la défense en passant par l’énergie, le nucléaire et le matériel électronique. » Ceder des entreprises leaders dans ces domaines à des groupes étrangers « c’est non seulement se fermer à des contrats d’exportations mais condamner d’autres industriels français à devoir quémander des autorisations d’achat à un groupe étranger qui n’aura pas les mêmes intérêts » que la France (20).
De surcroît, les acquisitions d’entreprises françaises par des groupes étrangers entrainent non seulement un transfert de contrôle sur des technologies clés mais influencent aussi de manière significative la gestion et les décisions stratégiques de l’entreprise au niveau national. Quels que soient les termes de fusion ou d’achat (en termes d’emplois ou d’investissement) à respecter strictu sensu par l’acquéreur, si le pouvoir change, les logiques de gestion changent. « Qui paye l’orchestre mène la danse » (21) : Le nouvel actionnaire majoritaire aura le pouvoir de décision, s’octroiera des « management fees », changera les relations avec les sous-traitants (nationaux) et contrôlera la trésorerie ainsi que le versement de dividendes. Dans le cas de la privatisation de l’aéroport de Toulouse pour 309M€ en 2015, l’actionnaire (quasiment) majoritaire Casil Europe (22)a non seulement fait verser la totalité des bénéfices de 2015 (4,9M€) et 2016 (5,8M€), mais a également puisé dans les réserves de l’aéroport, qui s’élevaient alors à 67M€, en décidant d’octroyer aux actionnaires 15M€ de dividendes exceptionnels en 2015 et 1,5M€ en 2016, mettant en péril une gestion saine d’un aéroport commercial et industriel qui sert notamment à l’industrie aéronautique nationale. Pour Carole Delga, présidente de la région Occitanie, « c’est une question de souveraineté nationale ».
