Source:Le Figaro.
À quelques jours du lancement de sa campagne pour les européennes, Marine Le Pen est revenue ce jeudi, lors du 20 heures de France 2, sur la crise des «gilets jaunes» dont elle impute l'entière responsabilité au gouvernement: «Je vois la façon dont le gouvernement hystérise le débat et jette les Français les uns contre les autres. Notamment les policiers contre les «gilets jaunes» et les «gilets jaunes» contre les policiers. La seule issue possible et constitutionnelle d'une crise telle que nous la vivons, c'est le retour aux urnes, au peuple», a-t-elle soutenu une nouvelle fois. Depuis le début du mois de décembre, la présidente du Rassemblement national, qui soutient le mouvement de contestation «dès la première heure du premier jour», pousse un scénario de sortie de crise passant par une dissolution de l'Assemblée nationale, précédée d'un changement du mode de scrutin des législatives.
Il faut «revenir au peuple pour élire une nouvelle Assemblée plus représentative».
(Marine Le Pen)
«Je suggère un plan d'urgence, une sortie de crise en trois étapes», a-t-elle détaillé. «Faire voter la proportionnelle intégrale pour les législatives, le référendum d'initiative populaire et la baisse du nombre de parlementaires. Puis dans un deuxième temps, il faut dissoudre l'Assemblée nationale. Pour dans un troisième temps, revenir au peuple pour élire une nouvelle Assemblée plus représentative, qui soit relégitimée, et qui soit en mesure d'ouvrir les dossiers fondamentaux que sont la justice sociale, la justice fiscale et, peut être, le dossier de l'immigration que l'on cherche à mettre de côté.»
Le RN prêt en cas de législatives anticipées:
Un scénario auquel Marine Le Pen dit d'ores et déjà se préparer, et qui aurait l'avantage de largement favoriser son parti, si d'aventure de nouvelles élections auraient bel et bien lieu. Désavantagé par le scrutin majoritaire, régissant aujourd'hui les élections législatives, le parti de Marine Le Pen n'a fait élire que 7 députés en juin 2017, en obtenant 13,2% des voix au premier tour. En 1986, alors que François Mitterrand avait choisi d'organiser ce même scrutin à la proportionnelle intégrale, la liste portée par Jean-Marie Le Pen avait fait élire 35 députés avec 9,65% des voix.
À cinq mois des prochaines européennes, la députée du Pas-de-Calais a également loué le jeune Jordan Bardella, désigné dimanche dernier pour conduire la liste du Rassemblement national: «Il est un exemple de la méritocratie républicaine. Il est né dans une famille modeste de Seine-Saint-Denis, il s'est engagé politiquement ce qui montre son intérêt pour le bien commun. J'ai envie par cette candidature de montrer que l'Europe peut être un espoir. Quand l'Union européenne qu'on nous a imposée est un sujet de désespérance, de malheur, d'appauvrissement, de précarité.»
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