Le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a annoncé, dans un entretien publié dimanche par Le Parisien, qu’il restait au gouvernement, alors que circulait depuis plusieurs jours l’hypothèse de son départ, notamment après le décès de son successeur à la mairie de Tourcoing, Didier Droart.
Source:Sud-Ouest.
"Servir la France c’est un honneur, une chance. Alors, tant que le président de la République et le Premier ministre me feront confiance, je continuerai ma tâche au gouvernement".
(G.Darmanin)
"Mon fil conducteur, c’est la loyauté. Vis-à-vis du président de la République et du Premier ministre, et aussi à l’égard de l’équipe municipale que j’ai menée à la victoire en 2014. J’ai discuté avec eux. Nous avons donc trouvé une solution qui me permet de remplir mes responsabilités au sein du gouvernement, et d’être dans une équipe municipale soudée, très proche, dont je continuerai à être le premier adjoint", a indiqué le ministre.
"J’aime Tourcoing, c’est là où je retournerai quand mon expérience gouvernementale se terminera. Et je serai bien sûr candidat aux élections municipales en 2020, car je n’imagine pas la vie politique sans passer par le suffrage universel, sans avoir un ancrage local", a poursuivi Darmanin, qui a "tout de suite écarté" l’hypothèse d’un cumul de fonctions de maire et de ministre. L’Elysée avait rejeté cette hypothèse vendredi, "conformément à la doctrine établie depuis le début du quinquennat".
Le non cumul d’une fonction de ministre avec celle de maire ou de président d’un exécutif local n’est pas une obligation légale. "Rien n’empêche aujourd’hui un ministre d’être maire dans la loi", avait ainsi rappelé jeudi le ministre des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau. François Hollande avait par exemple fait une exception pour Jean-Yves Le Drian, qui avait cumulé de 2015 à 2017 les fonctions de ministre de la Défense et de président de la région Bretagne.
Ministre, il a conservé depuis 2017 d’importantes fonctions municipales à Tourcoing, ville ravie à la gauche en 2014. Un nouveau maire doit être élu jeudi. Les obsèques du gaulliste Didier Droart, décédé le 24 janvier à 71 ans des suites d’un cancer, ont eu lieu samedi en présence notamment de Darmanin et Philippe.
Contre le rétablissement de l’ISF:
Gérald Darmanin préconise par ailleurs d’encadrer les "niches fiscales", en diminuant leur plafond global ou en les mettant sous conditions de ressources, dans un entretien au Parisien publié dimanche soir.
En revanche le ministre s’oppose au rétablissement de l’impôt solidaire sur la fortune (ISF), qui fait débat. "Vouloir taxer encore plus le capital, juste par idéologie fiscale, ça ne (marcherait) pas: ça ne donne même que de la pauvreté et du chômage", dit-il.
"D’autres sujets" existent, souligne t-il, citant les niches fiscales: "c’est 14 milliards d’euros, soit quatre fois plus que l’ISF !". "Et plus de la moitié de ces 14 milliards profite aux 9% des Français les plus riches", souligne-t-il. Darmanin propose que l’on "revienne dessus en diminuant le plafond global des niches, ou alors qu’on les mette sous conditions de ressources pour qu’elles profitent aux classes moyennes et populaires plutôt qu’aux plus aisés".
La réduction des niches fiscales est l’une des suggestions les plus populaires sur le site du "grand débat", lancé par Emmanuel Macron à la suite du mouvement des "gilets jaunes", où certains appellent à une "remise à plat" des dispositifs en vigueur, afin de ne conserver que "celles qui sont une incitation forte au soutien économique".
Selon la Cour des comptes, près de 450 niches fiscales existent actuellement en France, dont le crédit impôt recherche, l’aide à l’emploi à domicile ou l’abattement fiscal pour les journalistes. En 2018, le coût total de ces dispositifs s’est élevé à 100 milliards d’euros, selon Bercy.
Quant à l’impôt sur le revenu, Gérald Darmanin explique être "défavorable" à une éventuelle réforme.
"Je rappelle que seuls 45% des Français sont imposables, et que les 10% les plus aisés payent déjà 70% du total de l’impôt sur le revenu!",
(Gérald Darmanin)
Il propose "qu’on envoie chaque année à tous les Français le coût réel des services publics qu’ils ont utilisés, sous la forme d’une simulation personnalisée", pour que chacun prenne "conscience de la façon dont leurs impôts sont employés", explique-t-il, avant de préciser qu’il allait en parler à Emmanuel Macron.
https://www.sudouest.fr/2019/02/03/darm ... 05-710.php

