Loi anti-casseurs et interdiction de manifester.

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Crapulax
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Loi anti-casseurs et interdiction de manifester.

Message par Crapulax »

Malgré les critiques de l'opposition, l'Assemblée nationale a donné mercredi soir son feu vert à la possibilité pour les préfets de prononcer des interdictions de manifester, disposition clé de la proposition de loi controversée.


Débats on ne peut plus houleux à l'Assemblée nationale, qui examine depuis mardi la proposition de loi anticasseurs. Après avoir voté un nouvel article 1 permettant la recherche «d'armes par destination» (marteaux, boules de pétanque, NDLR), les députés ont donné leur feu vert à la mesure phare de ce texte controversé: l'interdiction administrative de manifester. Il s'agit de donner aux préfets le pouvoir d'interdire à certaines personnes de participer à des manifestations. À l'heure actuelle, seuls les juges peuvent prendre ce genre de disposition en complément d'une condamnation. Une mesure qui ne concernerait toutefois que «quelques centaines de personnes», avait rappelé le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, lors de son audition la semaine dernière à la commission des lois. «Il ne faut pas caricaturer» cet article 2 et «en aucun cas il ne s'agit d'autre chose que de garantir le droit de manifester», a-t-il rappelé mercredi.

Une loi «améliorée»:

L'interdiction administrative de manifester était déjà inscrite dans la proposition de loi initiée par la droite sénatoriale. Mercredi, elle a toutefois été réécrite pour apporter «des améliorations juridiques et opérationnelles», a indiqué le secrétaire d'État Laurent Nuñez. Seuls les individus représentant «une menace d'une particulière gravité pour l'ordre public» pourront être interdits de manifestation. En cas d'infraction, ces personnes risqueront une peine de six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende. Comme pressenti, des «critères objectifs» ont été ajoutés: pour être visée par cette mesure, la personne devra avoir commis des «atteintes graves à l'intégrité physique des personnes ainsi que des dommages importants aux biens» ou encore «un acte violent» lors de manifestations précédentes.

Le préfet sera en droit d'imposer une convocation à la personne concernée, afin qu'elle ne se rende pas à la manifestation.

L'obligation de pointage, similaire à celle imposée aux «hooligans» et déjà supprimée en commission des lois, n'a pas été rétablie. En cas de risque de participation à d'autres rassemblements, le magistrat pourra en outre interdire aux individus concernés de prendre part à tout rassemblement sur l'ensemble du territoire national pour une durée jusqu'à un mois. Nouveauté, les personnes «interdites» pourront faire un recours en urgence devant la justice administrative, a précisé un amendement adopté de la rapporteure Alice Thourot (LaREM).

Dissensions:

Comme depuis le début des discussions, ces mesures ont été vivement critiquées par l'opposition. À gauche, le groupe socialiste a dénoncé des «lettres de cachet» alors que les communistes ont critiqué une «loi de circonstance» face aux «gilets jaunes». Cette nouvelle législation s'attaque «aux libertés fondamentales de tout un peuple», s'est indigné le groupe La France insoumise, estimant que cet article introduit dans le droit commun une mesure permise dans le cadre de l'état d'urgence.

Le Rassemblement national s'est également opposé à l'interdiction, évoquant un calque des interdictions de stade pour les hooligans alors que la «liberté de manifester» est d'un niveau supérieur. «On se croit revenu sous le régime de Vichy», s'est exclamé Charles de Courson (Libertés et territoires), suscitant de vives protestations dans l'Hémicycle. La semaine dernière, Marine Le Pen avait assuré qu'elle voterait pour ce texte. «C'est une loi qui va rajouter des possibilités contre les casseurs. On note qu'à chaque fois on a des textes supplémentaires qui ne sont en réalité jamais appliqués», avait-elle assuré.

Du côté de la majorité, des voix se sont élevées pour réclamer la suppression de l'article, dans la lignée des divisions affichées depuis une semaine entre l'aile gauche des «marcheurs» et la ligne gouvernementale. Cette mesure manque de «garde-fou», a estimé la députée des Alpes-de-Haute-Provence Delphine Bagarry (ex-PS). Aurélien Taché s'est aussi inquiété de ce que pourrait en faire un pouvoir autoritaire. Quant au groupe MoDem et apparentés, il a plaidé pour une condamnation pénale préalable de la personne. À l'inverse, Les Républicains, par la voix d'Éric Ciotti, ont défendu une mesure d'interdiction «opportune et pertinente» qui «va faire progresser la sécurité de nos concitoyens, des forces de l'ordre et des manifestations».
Source:Le Figaro.
http://www.lefigaro.fr/politique/2019/0 ... fester.php
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Re: Loi anti-casseurs et interdiction de manifester.

Message par evariste »

il s'agit tout simplement d interdire de manifester ! Comme ça Macron peut dormir tranquille en refusant tout dialogue social ! lors de ses derniers débats avec les français il n'a jamais évoqué les augmentations qu'allaient subir les français à partir de demain donc la baisse du pouvoir d'achat , il a quand même réussi à endormir les gens ,mais pas moi !
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Yann Begervil
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Re: Loi anti-casseurs et interdiction de manifester.

Message par Yann Begervil »

avoir commis des «atteintes graves à l'intégrité physique des personnes ainsi que des dommages importants aux biens» ou encore «un acte violent»

Si c'est ça le "dialogue social" cher a certain, alors effectivement, il faut l'interdire. :XD:
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crepenutella
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Re: Loi anti-casseurs et interdiction de manifester.

Message par crepenutella »

Si je puis me permettre, je suis pas sûr qu'en 1789 la loi autorisait à assiéger la Bastille et planter la tête du directeur sur une pique...
10:5 Dans quelque maison que vous entriez, dites d'abord: Que la paix soit sur cette maison!

10:6 Et s'il se trouve là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui; sinon, elle reviendra à vous.
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Yann Begervil
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Re: Loi anti-casseurs et interdiction de manifester.

Message par Yann Begervil »

crepenutella a écrit : Si je puis me permettre, je suis pas sûr qu'en 1789 la loi autorisait à assiéger la Bastille et planter la tête du directeur sur une pique...

Tu peux te permettre d'autant plus que tes écrits ne te conduiront plus ni a la bastille, ni au pilori, puisque qu'on est plus en 1789 mais en République Démocratique :XD:
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sofasurfer
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Re: Loi anti-casseurs et interdiction de manifester.

Message par sofasurfer »

Ce projet de loi est symptomatique d'une république a l'agonie, on se croirait en pleine Russie de Poutine.

Ainsi, le préfet peut de manière arbitraire écarter les leaders d'une manifestation uniquement sur des suppositions concernant ces personnes, c'est a dire qui tiennent d'un fichage politique et non issu de décisions judiciaires...
L’ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne

Pierre Desproges
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Yann Begervil
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Re: Loi anti-casseurs et interdiction de manifester.

Message par Yann Begervil »

sofasurfer a écrit : Ce projet de loi est symptomatique d'une république a l'agonie, on se croirait en pleine Russie de Poutine.

Ainsi, le préfet peut de manière arbitraire écarter les leaders d'une manifestation uniquement sur des suppositions concernant ces personnes, c'est a dire qui tiennent d'un fichage politique et non issu de décisions judiciaires...
«atteintes graves à l'intégrité physique des personnes,ainsi que des dommages importants aux biens», c'est politique ?
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Victor
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Re: Loi anti-casseurs et interdiction de manifester.

Message par Victor »

crepenutella a écrit : Si je puis me permettre, je suis pas sûr qu'en 1789 la loi autorisait à assiéger la Bastille et planter la tête du directeur sur une pique...
On ne peut pas dire que l'on peut être particulièrement fier de la révolution de 1789 !
Si l'on compare aux anglais qui ont su bien plus pacifiquement que nous basculer dans une démocratie qui nous donne encore des leçons de démocratie.
La révolution de 1789 est une preuve que les français ne savent pas dialoguer, s'organiser mais tombent dans la violence et l'anarchie populaire très (trop) régulièrement.
D'ailleurs cette révolution est tombé très rapidement dans la violence extrême (la terreur, les massacres de population civile à Nantes, en Vendée ...) puis dans la dictature. Bel exemple ! Belle référence !
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
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Re: Loi anti-casseurs et interdiction de manifester.

Message par sofasurfer »

Victor a écrit :
crepenutella a écrit : Si je puis me permettre, je suis pas sûr qu'en 1789 la loi autorisait à assiéger la Bastille et planter la tête du directeur sur une pique...
On ne peut pas dire que l'on peut être particulièrement fier de la révolution de 1789 !
Si l'on compare aux anglais qui ont su bien plus pacifiquement que nous basculer dans une démocratie qui nous donne encore des leçons de démocratie.
La révolution de 1789 est une preuve que les français ne savent pas dialoguer, s'organiser mais tombent dans la violence et l'anarchie populaire très (trop) régulièrement.
D'ailleurs cette révolution est tombé très rapidement dans la violence extrême (la terreur, les massacres de population civile à Nantes, en Vendée ...) puis dans la dictature. Bel exemple ! Belle référence !
En même temps, comparer les français de la fin 18eme siècle et ceux du début 21eme, ca n'a aucun sens.

On ne regle plus les problemes en mettant les tetes sur des piques.

Cependant, ce gouvernement pousse très clairement à la violence, car au lieu de régler les problèmes il use et abuse d’éléments coercitifs.

Cette loi anti casseurs joue l'escalade et le fantasme sécuritaire pour rendre stérile toute manifestation un peu gênante, la France est la honte de l'UE...
L’ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne

Pierre Desproges
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Crapulax
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Re: Loi anti-casseurs et interdiction de manifester.

Message par Crapulax »

.........Est-il vrai que la loi anti-casseurs avait au départ été déposée par LR sans rapport avec les gilets jaunes?.........



«La proposition de loi adoptée par le Sénat, visant à prévenir les violences lors des manifestations et à sanctionner leurs auteurs, a été adoptée au Sénat le 23 octobre 2018 et enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale le 26 octobre. Ce projet de loi existait donc avant le mouvement des gilets jaunes démarré le 17 novembre et n’est donc pas une réponse à la violence de ce mouvement. Est-ce que je me trompe et, si ce n’est pas le cas, cela a-t-il été évoqué dans la presse ?».


L’Assemblée nationale a adopté mardi 5 janvier la proposition de loi visant à renforcer et garantir le maintien de l’ordre public, lors des manifestations, à une large majorité malgré l’abstention de cinquante députés. «Texte "anti-casseurs" du gouvernement» (BFMTV), ou le «projet de loi "anticasseurs" d’Edouard Philippe» (Le Monde) : vous le remarquez, ce texte est souvent attribué dans les gros titres à Edouard Philippe et à son gouvernement, alors qu’il s’agit d’une proposition de loi déposée au Sénat le 14 juin 2018 par des sénateurs Les Républicains, et adoptée en première lecture le 23 octobre, avant la première manifestation de gilets jaunes.

Des manifs de mai aux gilets jaunes:

Les sénateurs avaient d’abord en tête les black blocs présents, lors des manifestations du mois de mai 2018 : «Un palier dans la violence a été franchi, les 5 et 22 mai derniers, par des groupes provocants et offensifs, qui forment une foule anonyme difficilement identifiable. […] Les auteurs de cette proposition de loi souhaitent lutter contre cette nouvelle forme de violence, exercée en groupe à visage masqué, en proposant des dispositifs à la fois préventifs et répressifs», peut-on lire dans l’exposé des motifs.

Les scènes de pillages et de violences survenues entre-temps avec le mouvement des gilets jaunes sont venues s’ajouter à l’argumentaire des Républicains qui ont largement voté pour le texte le 5 février à l’Assemblée (97 pour, 2 contre et 4 absentions sur 104 membres du groupe). «Depuis la guerre d’Algérie, aucune manifestation n’avait provoqué en métropole un bilan aussi lourd et tragique. […] Face à cette situation, le Gouvernement porte une lourde responsabilité. Monsieur le ministre, vous avez échoué à rétablir l’ordre républicain. […]

Dans ce contexte, la proposition de loi des sénateurs du groupe Les Républicains a constitué pour vous une bouée de sauvetage dans une forme de naufrage», estimait Eric Ciotti, député LR, dans l’hémicycle le jour du vote.

Un texte remodelé par le gouvernement:

Mais cela ne suffit pas à dire que le contenu du texte n’est pas imputable à la majorité. Le 7 janvier, le Premier ministre annonce une nouvelle loi en réponse aux violences qui émaillent les manifestations des gilets jaunes. Mais l’encadrement des manifestations est donc déjà abordé dans une proposition de loi déposée par des députés Les Républicains et adoptée en octobre par le Sénat.

Edouard Philippe y fait référence de fait. Interrogé sur le calendrier par Gilles Bouleau, il explique que «c’est une question que nous nous posons depuis quelques mois, elle a fait l’objet d’un groupe de travail entre le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Justice. Elle a d’ailleurs fait l’objet d’une proposition assez analogue qui a été discutée et adoptée par le Sénat avec un avis de sagesse du gouvernement, car nous considérions en effet que c’était une bonne proposition.

Et elle peut être déposée à l’Assemblée nationale et discutée à l’Assemblée nationale dès le début du mois de février». Depuis, la loi a en effet été discutée à l’Assemblée et remodelée via des amendements déposés par la majorité et le gouvernement à l’Assemblée Nationale, comme on peut le voir dans le texte provisoire avec liens vers les amendements.

Le texte voté par la droite sénatoriale prévoyait déjà le principe de casseur-payeur, le renforcement de l’interdiction de dissimuler son visage, l’interdiction administrative de manifester (avec création d’un fichier) voulus par le gouvernement. Le Sénat proposait aussi la possibilité de fouilles dans un périmètre de contrôle jusqu’à 6 heures avant une manifestation et la sanction du port d’arme et du jet de projectile.

L’«apport majeur» du gouvernement au texte a été de renforcer l’interdiction administrative de manifester. Elle peut être étendue à l’ensemble du territoire et non uniquement à une manifestation précise, comme l’indiquait la proposition adoptée par le Sénat. C’est l’une des principales modifications du texte avec la simplification de déclaration de manifestation et l’abandon de sanction du port d’arme et du jet de projectile lors d’une manifestation.

Par ailleurs, l’instauration des périmètres de contrôle qui avait été supprimée en commission a été rétablie en séance plénière. Enfin, les interdictions judiciaires de manifester seront inscrites au fichier des personnes recherchées, d’après le texte adopté par les députés. Le Sénat prévoyait la création d’un nouveau fichier regroupant les interdictions administratives et judiciaires.
Source:Libération.
https://www.liberation.fr/checknews/201 ... ts_1707680
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