La suite de l’enquete...:ENQUÊTE L'Italie a déjà connu par le passé des vagues de migration massives. Mais cette fois, le phénomène touche essentiellement les jeunes diplômés. Ces cinq dernières années, 156.000 d'entre eux sont allés s'installer à l'étranger.
« Qui t'a obligé à venir ? » C'est la question que pose tout jeune Italien à un étranger de son âge lorsqu'il apprend qu'il vit dans son pays. Un sourire ironique accompagne un regard où l'étonnement le dispute à l'envie. Celle de pouvoir partir à l'étranger, « où tout fonctionne mieux », « où tout est plus facile », « où tout est possible ». Les rapports de l'Institut national de statistique, l'Istat, et des instituts de recherche les plus variés sont d'une déprimante monotonie. Ils arrivent tous à la même conclusion : la jeunesse italienne est une jeunesse sacrifiée.
Le taux de chômage des jeunes s'établit à près de 33 %, le double de la moyenne européenne. Les membres de la génération Y, celle née entre les années 1980 et l'an 2000, bénéficient d'un revenu inférieur de plus de 15 % à la moyenne des habitants de la péninsule. « Ils n'ont pas besoin d'égrener l'interminable liste des chiffres confirmant les inégalités dont ils sont victimes, le peu de considération dont ils font l'objet dans une société vieillissante qui conforte sa gérontocratie et l'absence de perspective dans un pays qui n'investit plus depuis plusieurs décennies dans la formation et la recherche », explique Maddalena Tirabassi, directrice du centre Altreitalie sur les migrations italiennes. Prendre le chemin de l'étranger ouvre la possibilité d'exercer un emploi digne de leur niveau d'études, de leurs aspirations et correctement rémunéré.
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