Soupçonnés notamment de violences, d'incitation à la haine et d'apologie du terrorisme, quatre membres de la mouvance d'ultra droite ont été placés en garde à vue ce mardi à Lille, dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte après la diffusion d'un reportage d'Al Jazeera sur le bar privé «La Citadelle», a indiqué le parquet. Les gardes à vue, qui «ont été levées à l'issue des auditions», se sont déroulées sur le ressort de trois parquets différents: celui de Lyon pour deux d'entre-elles, ceux de Nîmes et de Montpellier pour les deux autres, a précisé mardi soir le procureur de la République de Gap, Raphaël Balland, dans un communiqué. Ces gardes à vue «font suite à de nombreuses investigations dont plusieurs autres auditions de membres de l'association Génération identitaire effectuées par les gendarmes en novembre 2018 dans le Var et en Haute-Garonne dans le cadre de la même enquête», a-t-il ajouté.
Source:Le Figaro.
Mi-décembre, une enquête avait été ouverte quelques jours après la diffusion de ce reportage en deux parties, intitulé «Generation Hate». Filmés en caméra cachée, des clients y tiennent des propos racistes, notamment dans les locaux de ce bar situé en plein cœur de Lille et dont le président affirme être le représentant régional du groupuscule d'ultra droite Génération Identitaire. Plusieurs personnes fréquentant cet établissement se vantent de ratonnades contre des personnes d'origine arabe et des images montrent même l'attaque d'une jeune femme qu'ils désignent comme maghrébine. On les voit aussi trinquer au «Troisième Reich» avant cette agression. L'enquête de la sûreté urbaine porte sur des «faits de violence, propos racistes, incitation à la haine et apologie du terrorisme», selon une source policière.
Le président de «La Citadelle», Aurélien Verhassel, ne fait pas partie des quatre personnes interpellées mardi matin à leur domicile, des hommes âgés de 18 à 30 ans et habitant dans la métropole lilloise. Lors d'une conférence de presse le 17 janvier, Aurélien Verhassel, 34 ans, avait condamné ces deux «pseudo-reportages» de la chaîne qatarie, faits de «montages trompeurs» et «fallacieux». Selon lui, il n'existe «aucun lien juridique ou structurel entre l'organisation Citadelle - c'est une association - et Génération identitaire». «Ce sont deux entités différentes», avait insisté Aurélien Verhassel, qui se dit également représentant de Génération identitaire en Flandres, Artois et Nord. Selon lui, les personnes tenant des propos racistes dans le reportage étaient «de passage» et «pas des militants actifs».
«Pseudo-reportages»:
Le local privé - qui n'a pas pignon sur rue, se trouvant dans une cour - a été ouvert en 2016 à l'initiative de membres de Génération identitaire et revendique 1200 adhérents. Cette «maison de l'identité» se veut également permanence juridique, salle de boxe ou encore ciné-club. Dénonçant les «propos insupportables» tenus dans le documentaire, la maire socialiste de Lille, Martine Aubry, avait réclamé la fermeture de «La Citadelle» et saisi le parquet avec le préfet du Nord, Michel Lalande. Quelque 300 personnes avaient également manifesté en décembre pour réclamer la fermeture du bar «qui participe à répandre des idées fascistes».
Dans le premier volet de ce documentaire choc d'Al Jazeera, on voit une jeune femme désignée comme maghrébine poussée par un homme au visage découvert puis frappée à coup de poings par un autre, de nuit, dans un autre quartier animé de Lille. «Il n'y a jamais eu de plainte ou de main courante de cette jeune fille», a déclaré une source policière. «On ne l'a pas retrouvée, mais peut-être qu'elle va se manifester.» Quant aux agresseurs, «peu importe leur appartenance à un groupe particulier, ils ont été interpellés parce que dans le reportage ils commettent des infractions, on les voit, on les a identifiés», poursuit cette source.
Selon Aurélien Verhassel, joint par Le Figaro, deux des membres qui tenaient des propos racistes dans le reportage ont été «exclus de la Citadelle» après sa diffusion, mais n'ont «jamais été membres de Génération identitaire.» «Je suis le seul représentant officiel qui apparaît dans ce reportage, et même après six mois de tournage en caméra cachée, je n'ai jamais été contacté par la police», affirme-t-il.
Par ailleurs, plusieurs membres de Génération identitaire ont également été placés en garde à vue mardi à Lyon, en lien avec leurs patrouilles anti-migrants menées dans les Alpes au printemps 2018.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... ortage.php


