France urbaine, une association regroupant les représentants de 2000 communes, estime à quelque 25 millions d'euros l'impact des manifestations des «gilets jaunes» sur leurs collectivités. Ses membres réclament une «réunion d'urgence» avec l'exécutif.
Source:Le Figaro.
Les élus locaux sont à bout. Après 13 semaines de mobilisation des «gilets jaunes», les représentants territoriaux réunis au sein de l'association France urbaine demandent via un communiqué «une réunion d'urgence sur les préjudices subis par les habitants et les commerçants des grandes villes et agglomérations.»
Selon eux, ces derniers «sont pris en otage par des casseurs en marge des manifestations» et c'est pourquoi l'association «demande au Premier ministre une rencontre avec le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, et la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, Jacqueline Gourault, afin de définir les modalités d'indemnisation et d'accompagnement au nom de la solidarité nationale.»
France urbaine estime en effet que l'impact sur les contribuables et sur les commerces se chiffre en millions d'euros dans de nombreuses villes. «Le total atteint en gros 20 à 25 millions», révèle à PublicSenat.fr Olivier Landel, délégué général de France urbaine. Et il semblerait que ce chiffre ne soit qu'un résultat incomplet seulement calculé sur les 20 premières villes françaises.
Une charge trop lourde pour les collectivités territoriales:
Si jusqu'à maintenant les collectivités territoriales ont pris à leur charge la réparation des dégâts et certaines aides attribuées à des commerçants en difficulté, la facture semble aujourd'hui trop lourde à supporter pour elles. Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de France urbaine, dévoile à BFMTV que dans sa ville la facture des déteriorations sur le mobilier urbain et privé s'élève à 5,65 millions d'euros. Ce n'est pas la seule municipalité à avoir mis la main à la poche.
L'ancien ministre François Rebsamen, désormais à la tête de la ville de Dijon, a annoncé plusieurs décisions représentant un coût de 120.000 euros pour la mairie. À Saint-Étienne, Gaël Perdriau a rendu le réseau de tramway et de bus gratuit les mercredis, samedis et dimanches afin d'inciter «les clients à venir dans le centre-ville». L'ensemble des mesures prises coûte 300.000 euros à la municipalité.
À Paris, Anne Hidalgo a annoncé une aide d'un million d'euros sous la forme «d'exonérations de taxes» pour les professionnels. Le maire de Nantes, Johanna Rolland a également annoncé un plan de 500.000 euros pour les commerçants.
Les élus demandent aujourd'hui une réponse de l'État, notamment sur la lutte contre les casseurs, principaux responsables de l'addition qui pèsent sur les collectivités.
Au micro de BFMTV, Jean-Luc Moudenc a également réclamé une aide financière nationale pour les commerçants, évoquant notamment «des exonérations de paiement pour les impôts et pour les charges». En guise de réponse, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, a rappelé lundi matin que depuis novembre le gouvernement s'était engagé à accompagner les commerçants, en finançant le chômage partiel et en décalant des échéances fiscales et sociales.
De son côté, le Premier ministre a annoncé début février lors d'une visite à Bordeaux que les villes les plus touchées par le mouvement contestataire pourraient toucher une enveloppe de trois millions d'euros. Ces aides n'ont toutefois pas encore toutes été distribuées.
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2019 ... jaunes.php

