https://www.lepoint.fr/education/mathem ... 0_3584.phpLe niveau en maths des élèves français poursuit sur sa mauvaise lancée. Si la méthode d'apprentissage est en cause, beaucoup pointent la formation des enseignants.
Depuis 1987, les petits Français sont de moins en moins bons en mathématiques. Comme le révèle une étude de la Depp, l'agence des statistiques du ministère de l'Éducation, parue fin mars, le niveau des élèves de CM2 en la matière a baissé entre 2007 et 2017, comme c'était le cas entre 1999 et 2007 et, surtout, entre le début de l'étude, en 1987, et 1999. Additions, soustractions, multiplications et surtout divisions : à leur entrée au collège, les écoliers français savent de moins en moins s'en sortir avec les opérations de calcul.
Auprès de Franceinfo, Charles Torossian, inspecteur général pour les mathématiques à l'Éducation nationale, remonte le problème à la source. Pour lui, cette chute est due au manque de formation des professeurs des écoles. « La génération d'avant 1987 avait quatre cents heures de formation en mathématiques dans son cursus. Aujourd'hui, il y en a certains qui sont à soixante heures. C'est sûr que ça fait une différence. »
L'exemple de l'enseignement des maths à Singapour
Toujours sur Franceinfo, l'éminent mathématicien Cédric Villani abonde : « Nos professeurs des écoles sont à 75 ou 80 % des littéraires de formation. Ils ont eux-mêmes souvent suivi, ou subi, des cours de mathématiques dans un contexte douloureux, ils n'ont pas reçu suffisamment d'entraînement sur les bons réflexes pour enseigner la discipline, bref, ils sont livrés à eux-mêmes. Enseigner les mathématiques, ça s'apprend ! » Comme c'est le cas depuis plusieurs années en mathématiques, l'exemple à suivre est celui de Singapour. Cédric Villani explique : « Il y a cinq fois plus d'heures de formation à Singapour qu'en France. Vous avez aussi, à Singapour, une organisation dans laquelle chaque équipe pédagogique comporte en ses rangs un enseignant, ou une enseignante, qui a reçu une formation spécifique en sciences. »
Comme l'expliquait au Point Jean Nemo, fondateur de la Librairie des écoles, Singapour s'est trouvée, à son indépendance, dans la nécessité de former très rapidement des « matheux » pour se construire. De cette nécessité sont nées une méthode d'enseignement ainsi qu'une organisation des mathématiques au sein du corps enseignant qui ont propulsé Singapour en tête des classements dans lesquels la France ne cesse de dégringoler. La méthode « repose sur l'idée que le but des mathématiques est de passer du concret à l'abstrait via toute une panoplie de représentations des nombres qui va les aider à s'en faire une image mentale », nous signalait Jean Nemo. Cela passe par la manipulation et la représentation d'objets pour résoudre un problème.
des années de politiques néfastes à remettre à niveau, c'est pas gagné....
