La petite boule de bois prisée des joueurs de pétanque est menacée par la pyrale du buis, une chenille dévastatrice. Une PME du Jura, leader mondial, tire la sonnette d’alarme.
Source:Le Parisien.
« Le cochonnet, c’est le premier à entrer dans une partie de pétanque. Il est essentiel. Le lancer, la façon dont il réagit quand il est touché par une boule… Il ne peut pas rebondir n’importe comment, il faut qu’il se tienne ! »
Jean-Yves Monneret, sait tout sur le cochonnet. Logique, son entreprise, la tournerie Monneret, qui emploie cinq personnes à Jeurre dans le Haut Jura, est le leader mondial du cochonnet, fournisseur officiel des compétitions et des plus grandes marques de boule. « Je sais, c’est une niche, mais une niche qui se développe toujours mieux chaque année, cela représente 35 % de ma production. »
Le chiffre d’affaires de cette tournerie sur bois créé par son père dans les années 1950 approche le million d’euros et le nombre de petites boules de 15 g pour 30 mm de diamètre produites dépasse le million d’unités par an.
Bientôt plus aucun buis en France ?
Tout irait pour le mieux si la matière première du cochonnet n’était en grand danger. C’est en buis, ce bois dur et résistant, que l’on fabrique les petites boules. Le problème est que la pyrale du buis, une chenille dévastatrice venue de Chine accidentellement il y a une dizaine d’années et qui n’a pas de prédateur connu, dévore à grande vitesse tous les buis des régions françaises.
« Avant, je me fournissais dans un rayon de 50 km maximum. Maintenant, je suis obligé d’acheter le buis dans toute la France, explique le maître du cochonnet. On coupe beaucoup actuellement, avant l’invasion de la pyrale. Je n’ai jamais eu autant de stock, près de mille tonnes. J’en ai pour dix ans, ça me force à surinvestir ». Et à un prix élevé.
En raison de la raréfaction annoncée de la matière première, le prix du buis a augmenté de 10 %. Mais il n’a pas le choix. Car d’ici quatre ans, à la vitesse où la chenille prolifère, il risque de ne plus y avoir le moindre buis en France. « Après, je ne sais pas… », confie Jean-Yves Monneret, inquiet pour l’avenir de sa petite affaire. « À une époque, on faisait beaucoup de chapelets, et la demande s’est complètement arrêtée. On s’est adapté, on continuera à le faire. »
Des cochonnets vendus jusqu’au Japon:
En attendant, il continue de diversifier sa production de cochonnets. « Je viens d’en faire pour un club de pétanque japonais. Il y a de plus en plus de petites séries, personnalisées, pour les clubs de football comme l’Olympique Lyonnais ou même pour des mariages. C’est un peu comme les pin’s ! » Sans oublier, les versions fluo pour jouer la nuit, patriotique en bleu blanc rouge, aimanté ou version Roland-Garros. Les éditions les plus sophistiquées se vendent jusqu’à 1 euro pièce, le basique, simplement verni, est à 25 centimes.
http://www.leparisien.fr/economie/jura- ... 056926.php

