Une femme de 56 ans est décédée devant l’hôpital de Lunéville (Meurthe-et-Moselle), trois jours après une intervention chirurgicale. Percluse de douleur, elle a appelé le 15, qui lui a conseillé de se faire conduire aux urgences plutôt que de lui envoyer un véhicule. Les proches de la victime s’interrogent. Le parquet de Nancy a ouvert une enquête.
Source:Ouest-France.Près de deux mois après le décès de Maryse Rabah-Otmani, ses proches attendent des réponses. Comment cette mère de famille, âgée de 56 ans, a-t-elle pu décéder sur le seuil des urgences d’un hôpital, celui de Lunéville (Meurthe-et-Moselle), à une trentaine de kilomètres de Nancy ?
Tout commence par une intervention chirurgicale, le 14 mars 2019, à la clinique Jeanne-d’Arc de Lunéville. Prise en charge en ambulatoire, pour une ablation de la vésicule biliaire, Maryse Rabah-Otmani quitte la clinique dans la journée. L’opération s’est bien passée mais la quinquagénaire se sent faible et a « du mal à marcher », selon ses proches, qui se sont confiés à L’Est Républicain.
Le lendemain de l’opération, la douleur est plus vive et la patiente contacte la clinique, qui lui prescrit un antidouleur plus puissant que le paracétamol.
Elle avait « mal partout »:
Le 17 mars 2019, trois jours après l’intervention, la douleur persiste et l’état de santé de la mère de famille s’est dégradé. « En cas d’extrême urgence, appeler le 15 », précisait la clinique dans un courrier remis à Maryse Rabah-Otmani après son opération.
C’est ce que font ses proches, qui appellent le Samu, car la quinquagénaire a « mal partout », selon le témoignage de ses proches.
Le centre de régulation du Samu 54 ne juge pas utile d’envoyer une ambulance au domicile de Maryse Rabah-Otmani et l’invite à se faire conduire aux urgences de l’hôpital de Lunéville.
Elle perd connaissance à quelques kilomètres des urgences:
Trente minutes séparent Barbas, où elle vit, des urgences lunévilloises. Transportée par une proche, la quinquagénaire est prise d’un violent malaise et perd connaissance dans la voiture, à quelques kilomètres de l’hôpital. Maryse Rabah-Otmani décède sur le seuil des urgences après quarante-cinq minutes de massage cardiaque.
Le parquet a ouvert une enquête:
Après la plainte contre X de ses proches, le parquet a ouvert une enquête « pour recherche des causes de la mort ». François Pérain, procureur de la République de Nancy, attend toujours les résultats de l’autopsie et des analyses toxicologiques.
« Ce n’est qu’une fois le rapport d’expertise médicale déposé que nous pourrons au regard des conclusions ouvrir éventuellement une procédure du chef d’homicide involontaire », explique le procureur, estimant que l’enquête « prendra du temps ».
La clinique Jeanne-d’Arc, où la quinquagénaire a été opérée, aimerait également que la lumière soit faite sur le décès.
« Pas de dysfonctionnement », selon le Samu:
Le Samu, encore marqué par l’affaire Naomi Musenga, une femme de 22 ans décédée en décembre 2017, à Strasbourg, quelques heures après un appel au 15, n’a pas relevé d’erreur, à ce stade. « L’analyse de la procédure suivie n’a pas révélé de dysfonctionnement », selon le Samu 54, interrogé par L’Est Républicain.
La famille de Maryse Rabah-Otmani, elle, se repasse le film des événements. « Peut-être n’en serait-on pas arrivé là si une ambulance était venue », estime l’un des enfants de la victime.
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