Source:Le Figaro.
Le repreneur du site Whirlpool Amiens n’aura pas tenu un an. Nicolas Decayeux, entrepreneur picard qui avait accepté de reprendre l’usine désertée par le fabricant d’électroménager, a placé mardi son entreprise, rebaptisée WN, sous la protection du tribunal de commerce. Il a demandé l’ouverture d’une procédure de sauvegarde.
Cet industriel, ex-patron d’un groupe familial de 650 salariés spécialisé dans la fabrication d’articles métalliques et patron du Medef de la Somme, avait repris officiellement le site et 236 salariés le 31 mai 2018, après que Whirlpool a délocalisé sa production en Pologne.
Il espérait utiliser l’usine pour produire notamment des casiers réfrigérés connectés, des chargeurs de batteries pour les vélos et les voitures. Il voulait aussi créer une usine collaborative, pour produire «à la demande» de petites séries. Mais les commandes espérées ne sont jamais venues, et l’usine tournait depuis des mois au ralenti. Les salariés erraient sur le site.
«Nous sommes au début du lancement de nouveaux business, il faut un peu de temps», expliquait encore il y a quelques jours Nicolas Decayeux. «L’activité est au ralenti, c’était prévu», même si «je pensais que ça démarrerait un peu plus vite».
Après l’annonce, en janvier 2017, de la fermeture de l’usine par Whirlpool, la lutte des salariés était devenue le symbole des délocalisations industrielles. Elle s’était même invitée dans la campagne présidentielle de 2017 avec une passe d’armes sur place entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen lors de l’entre-deux-tours.
À l’époque, Whirlpool avait versé à WN «45.000 euros par salarié repris», selon les syndicats. Les regards se tournent donc de nouveau vers le fabricant. L’avocat des salariés, Fiodor Rilov, évoque des craintes de «défaisance sociale» : «Le financement de la reprise d’une usine par la multinationale qui veut s’en débarrasser est un fonctionnement connu», rappelle-t-il. Frédéric Chantrelle, délégué CFDT, est prêt à chercher un nouveau repreneur. «Whirlpool pensait donner un coup de crayon sur Amiens le 31 mai et qu’on n’en parlerait plus, mais on se battra jusqu’au bout», prévient-il.
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