La filière de la viande française serait une nouvelle fois en proie à une fraude de grande ampleur, d'après des informations de la radio RTL.
Source:Le Figaro.La secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances a annoncé sur RTL des poursuites judiciaires, après la livraison de 780 tonnes de faux steaks hachés à des associations.
Dans le cadre du Fonds européen d'aide au plus démunis (FEAD), La Croix Rouge, Les Restos du Cœur, le Secours Populaire Français et la Fédération française des banques alimentaires avaient commandé cette année pas moins de 780 tonnes de steaks hachés, pour un montant total de 5,2 millions d'euros. Mais au mois de février dernier, les associations ont émis des doutes sur la qualité de la viande qui leur avait été livrée : le goût, la couleur et la texture des steaks hachés ne leur paraissaient pas habituels. Face à ce constat, la distribution a été suspendue et des analyses ont été menées par les enquêteurs de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
Verdict : Les échantillons prélevés présentaient des «non-conformités aux règles encadrant la qualité de ces produits» : les steaks livrés ne contenaient pas de la viande mais du gras, pas du muscle mais de la peau. Le tout était mixé avec du soja et de l'amidon, des produits non-autorisés dans des steaks hachés. La présence de «viande transformée» a également été détectée.
Ces matières premières, de très mauvaise qualité, ne présentent heureusement aucun danger pour la santé. Le fournisseur français a malgré tout écoulé près de 7 millions de steaks hachés. Selon les informations de l'enquête, celui-ci s'approvisionnait auprès d'un industriel polonais, et une autre entreprise française semblait avoir servi d'intermédiaire, peut-on lire dans le communiqué de la DGCCRF. Le nom de la société française responsable de la vente n'a pas été dévoilé mais elle encourt jusqu'à 2 ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende pour «tromperie et fraude en bande organisée».
Dans un communiqué commun, les associations caritatives saluent «la vigilance et la réactivité des associations et de leurs bénévoles» qui «ont permis de déceler les anomalies dès qu’elles ont été constatées». Elles indiquent également avoir «demandé (aux pouvoirs publics) une compensation financière pour faire face aux frais de stockage engendrés par cette situation».
«Il est hors de question que ce type d'attitude se reproduise»:
Invitée sur RTL ce matin, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances,a annoncé que l'État allait saisir la justice. «Il est hors de question que ce type d'attitude se reproduise». Cette volonté de transparence, «c'est un message envoyé aux entreprises : c'est du pénal, on va jusqu'à deux ans de prison, plus d'un million d'euros d'amende.
On va transmettre au procureur», a-t-elle assuré.
La secrétaire d'État, a aussi dénoncé «le flou entretenu par les intermédiaires, qui sans mentir laissent penser que c'est (la viande, ndlr) français, c'est correct. C'est très choquant comme approche», poursuit Agnès Pannier-Runacher, qui souhaite que le fournisseur polonais de cette viande soit désormais contrôlé par les autorités de son pays, «pour prolonger l'enquête». Les autorités françaises ont annoncé hier avoir saisi les autorités polonaises via le réseau «Food fraud» pour prolonger l’enquête en Pologne.
L'industrie de la viande est régulièrement concernée par des scandales alimentaires. De l'affaire Spanghero à la viande polonaise frauduleuse, la confiance des consommateurs s'est progressivement détériorée.
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/de-fau ... s-20190607


