Objectif: Financer les mesures post-Gilets Jaunes.
Source:Le Parisien.
Les vacances risquent d'être studieuses pour les ministres en charge des questions budgétaires. Ce vendredi après-midi, Édouard Philippe leur avait donné rendez-vous à Matignon - juste avant leur départ en congés d'été - pour une réunion consacrée aux 3 milliards d'économies que cherche le Premier ministre afin de boucler le budget 2020. L'exercice est un casse-tête , car il s'agit du premier projet de loi de finances post-mesures Gilets jaunes.
Et il faut entre autres financer la promesse de baisse d'impôt sur le revenu qui va coûter 5 milliards d'euros aux caisses publiques. Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics, Bruno le Maire, son homologue de l'Économie et des Finances, ainsi qu'Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, ont participé à la rencontre.
Ordre du jour : où trouver l'argent ? Emmanuel Macron espérait que les Français travaillent plus longtemps, en allongeant la durée de cotisation retraite. Mais l'Elysée a fait machine arrière pour ne pas interférer dans la réforme en cours, menée par Jean-Paul Delevoye . Il n'y a pas non plus d'économies à attendre sur le front de l'emploi public. Bercy vient d'abandonner son objectif de suppression de 50 000 postes de fonctionnaires d'Etat sur la durée du quinquennat. Désormais, Gérald Darmanin a placé la barre « autour de 15 000 », dont « moins de 2 000 » en 2020.
D'autres pistes… dont les entreprises pourraient faire les frais:
Reste alors… la sphère sociale ! « Dans le contexte actuel, c'est là qu'on trouve les pistes d'économie les plus importantes », confirme une source à Bercy. « Dans la majorité, quelques-uns ont plaidé pour un coup de rabot sur le congé parental, ou un nouveau grignotage des allocations familiales des plus riches », confie une députée LREM de la commission des Finances qui « n'envisage pas cette option ».
D'autant qu'il y a d'autres pistes… dont les entreprises pourraient faire les frais. Ainsi, la perspective de revenir sur les allègements de charges au-dessus de 1,6 smic fait son chemin… Une autre hypothèse réapparaît également : celle de la suppression de l'avantage fiscal sur le gazole non routier (GNR). La Fédération française du bâtiment (FFB), inquiète, avait d'ores et déjà fait savoir qu'il en coûterait 750 millions d'euros par an au secteur.
Ramener le déficit à 2,1% du PIB:
Une chose est sûre, tout n'était pas tranché à 19 heures, à la sortie de la réunion, à l'issue de laquelle aucune annonce n'a été effectuée. « C'était une réunion parmi d'autres, insiste une source à Bercy, il y en aura encore et c'est normal, tous les arbitrages définitifs sont loin d'être rendus ».
Reste que pour le gouvernement et les ministres concernés, ces économies sont indispensables si la France veut respecter les traités européens, et ramener son déficit à 2,1 % du PIB l'année prochaine. Après presque dix ans passés sous le coup d'une procédure de déficit excessif à Bruxelles, cela ferait très mauvais genre de sortir à nouveau des clous.
http://www.leparisien.fr/economie/le-go ... 124477.php

