Après quinze jours de recherches, un septuagénaire, disparu de l'hôpital de la Conception à Marseille, a été retrouvé mort dans une unité désaffectée. Photo Michel Gangne.
Source:Libération.L’enquête ouverte après la découverte du corps décomposé d’un septuagénaire dans une unité désaffectée de l’hôpital marseillais, où il avait disparu quinze jours auparavant, est conduite sous le chef d’homicide involontaire, a déclaré jeudi à l’AFP le procureur de Marseille.
«Suite à l’analyse des éléments disponibles, et notamment après l’autopsie du corps qui n’établit pas l’intervention d’un tiers [dans le décès de Jean Ligonnet, 73 ans], il a été décidé de poursuivre l’enquête ouverte pour déterminer les circonstances exactes de cette mort, et ce sous le chef d’homicide involontaire», a précisé Xavier Tarabeux, le procureur de la République de Marseille.
Jean Ligonnet, père de six enfants, atteint de la maladie d’Alzheimer, «était rentré à l’hôpital de la Conception le 19 août à 11 heures, pour une piqûre de chimiothérapie», a relaté à l’AFP son fils Jean Hospice, confirmant une information de la Provence. Trois heures plus tard, il avait disparu. De nombreuses recherches ont été entreprises, mais c’est finalement mardi que la direction de l’hôpital puis la police ont appelé Hospice pour le prévenir que le cadavre de son père «en état de décomposition avancée», avait été retrouvé «dans une aile désaffectée» de l’établissement.
Hospice s’est dit «choqué» et a porté plainte, avant la découverte du corps, contre l’hôpital et son service d’oncologie pour «délaissement» d’une personne vulnérable. Selon lui, tout n’a pas été mis en œuvre pour retrouver son père à temps : «La directrice de l’établissement m’a dit qu’elle avait fouillé partout. Moi, je suis passé d’étage en étage. Je demandais au service des infirmières s’ils avaient retrouvé mon père et les femmes des services me disaient qu’elles n’étaient pas au courant, qu’elles ne savaient pas que quelqu’un avait disparu.»
«Je suis dégoûté, écœuré, parce que mon père ne méritait pas de mourir dans des circonstances comme ça. […] Ils l’ont fait mourir comme un chien, et ils l’ont oublié. Que des personnes laissent mourir une personne comme ça, je n’arrive même pas à y croire», a ajouté le fils de la victime, qui avait placardé, avec des proches, de nombreux avis de recherche aux alentours de l’hôpital.
L’AP-HM, de son côté, a lancé une enquête interne.
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