Source:Le Figaro.
Warcq, Bize-Minervois, Wittelsheim, Ayron... Du Nord au Sud, d’Est en Ouest, 129 mairies de l’Hexagone ont été victimes, depuis le 21 février, d’opérations de décrochage de portraits du président de la République. «Dès juillet, nous avions atteint et même dépassé notre objectif de 125 portraits pour le G7 de Biarritz fin août. Et mardi, des éco-féministes ont décroché le portrait de la mairie du Xe arrondissement de Paris. C’est extraordinaire!», se félicite Marion Esnault, porte-parole du mouvement Action non-violente COP21 (ANC-COP21), à l’origine de la campagne «Sortons Macron» - aujourd’hui renommée
«Décrochons Macron».
L’objectif? «Mettre en lumière l’urgence climatique et alerter l’opinion publique sur le fait qu’en matière de transition écologique, le président a de beaux discours, mais que les actes ne suivent pas. Nous décrochons Macron parce que nous décrochons des accords de Paris», clame la militante écologiste, qui défend le choix d’une opération «symbolique» mais aussi pénalement répréhensible. «Nous entrons consciemment dans l’illégalité, mais en considérant que nos actions sont légitimes», déclare Marion Esnault, qui comparaît elle-même devant la justice ce 11 septembre pour avoir subtilisé des portraits de mairies parisiennes en février.
Les autorités prennent cette affaire au sérieux, comme le prouve la saisie du Bureau de la lutte antiterroriste (BLAT) de la gendarmerie. «Il ne s’agit pas que de vols mais aussi d’atteintes répétées à l’autorité de l’État», justifie la gendarmerie, qui assure toutefois ne pas déployer de «moyens exceptionnels». En témoignent aussi les 94 gardes à vue et les 74 perquisitions liées à ces décrochages, ainsi que la série de 17 procès entamée en mai. «Cette répression disproportionnée, c’est la preuve qu’on a visé juste», souligne la porte-parole de l’ANV-COP21.
«En tournée dans tout l’Hexagone»:
La «tournée» des procès - l’expression est du collectif - a commencé à Bourg-en-Bresse le 28 mai avec la comparution de six militants pour «vol en réunion et par ruse» d’une affiche présidentielle à Jassans-Riottier (Ain). Le jugement - qui fait l’objet d’un appel du parquet - a été annoncé le 12 juin: une amende ferme de 250 euros pour l’un des militants, des amendes de 500 euros avec sursis pour les cinq autres, et une relaxe pour les cinq prévenus poursuivis pour refus de prélèvement ADN.
Le deuxième procès, qui se tenait à Strasbourg le 26 juin, s’est quant à lui soldé par une relaxe des trois prévenus sur le «vol en réunion». Un des militants a été reconnu coupable d’avoir refusé de donner son ADN, mais dispensé de peine. Un jugement «historique», s’est réjouie l’ANV-COP21. L’issue du troisième procès, qui s’est tenu à Lyon le 2 septembre, ne sera connue que le 16 septembre. Le ministère public a requis 500 euros d’amende à l’encontre des deux prévenus.
Après le procès parisien de ce 11 septembre, place à des audiences le 13 septembre à Orléans, le 9 octobre à Mulhouse et à Nancy, le 17 octobre à Bonneville, le 18 octobre à Bordeaux, le 4 novembre puis le 2 décembre à Grenoble, le 20 novembre à Toulouse, le 17 décembre à Saint-Étienne, le 20 décembre à Nevers, le 12 février 2020 à Lyon et le 3 septembre 2020 à Nantes. De nouveaux procès pourraient bien être ajoutés au calendrier, tant les militants semblent déterminer à persévérer, et même à aller plus loin: «Nous allons bientôt entrer dans une deuxième phase de notre action, toujours autour des portraits», glisse Marion Esnault.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... e-20190626


